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Catégorie : Economie (Page 2 sur 2)

Fonction de Production CES : Constant Elasticity of Substitution

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La fonction de production CES est une fonction générale qui comporte plusieurs cas particuliers dont les fonctions de type Cobb Douglas et les fonctions de type Leontieff, elle est présentée pour la première fois dans un papier de la Revue d’économie et de statistique de la MIT Press intitulé Capital-Labor Substitution And Economic Efficiency réalisé par K. J. Arrow, H. B. Chenery, B. S. Minhas et R. M. Solow.

Capital-Labor Substitution and Economic Efficiency- K. J. Arrow, H. B. Chenery, B. S. Minhas, R. M. Solow

 

La problématique du papier est de savoir quelles sont les niveaux de substituabilité entre le facteur travail et le facteur Capital. Durant des années les économistes ont accepté des hypothèses simples par manque d’observations empiriques. L’observation empirique montre qu’il y de nombreux degré de substituabilité entre facteurs selon les types de production.

L’objectif de l’article et de proposer une forme fonctionnelle sans restriction sur la valeur prise par l’élasticité de substitution entre capital et travail et estimer la valeur de cette élasticité pour différents secteurs industriels.

Le point de départ de l’étude sont les données de 19 pays et 24 secteurs industriels sur l’observation empirique que la valeur ajoutée par unité de travail utilisé dans une industrie varie avec le taux de salaire.

The starting point for the present study was the empirical observation that the value added per unit of labor used within a given industry varies across countries with the wage rate. Evidence of this relationship for 24 manufacturing industries in a sample of I9 countries is given in section I. A regression of the labor productivity on the wage rate shows a highly significant correlation in all industries and also a considerable variation in the regression coefficients

On s’attend en dérivant la fonction qu’on cherche à trouver les conditions suivantes : (i) l’homogénéité, (ii) une élasticité de substitution constante entre travail et capital , (iii) la possibilité de différentes élasticités pour différents types de production.

La fonction contient 3 paramètres qui sont :

  1. le paramètres de substitution ( constant dans chaque industrie)
  2. le paramètre d’efficacité ( variable)
  3. le paramètre de distribution ( constant dans chaque industrie)

Dans la première partie les auteurs procèdent à une régression pour tenter d’avoir un aperçu de la variation du facteur travail et du coût du travail en prenant la productivité du travail ( V/L [V: valeur ajoutée en millier de dollars, L: le nombre de travailleur par an) comme fonction du taux de salaire, ils obtiennent que dans  20 sur 24 industries, plus de 85 % de la variation de la productivité du travail  est expliquée par la variation du taux de salaire seul.

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Le coefficient  b est égale à l’élasticité de substitution entre le capital et le travail, et après réalisation d’un test statistique de Student ils montrent que dans tous les cas la valeur de b est significativement différente de 0 à un niveau de confiance de 90%, et dans 14 sur 24 industries  b est significativement différente de 1 à un niveau de confiance de 90%.Donc les hypothèses statistiques sont rejetées.

Dans la seconde partie, sous l’hypothèse de rendements d’échelles constants d’une fonction homogène de degré 1, ils réalisent des transformations et plusieurs différentielles pour montrer que  :

L’élasticité de K/L est constante et égale à l’élasticité de substitution ( dans la suite on prend σ au lieu de b ), et que l’élasticité du taux de rentabilité au taux de salaire est le ratio entre la part du travail et la part du capital en valeur ajoutée.

et surtout qu’on obtient une fonction de la forme générale suivante (omission volontaire des calculs) :sfde

avec

rttr

Si on veut modifier les rendements d’échelles il suffit de changer le terme 1 de l’exposant (1/Ψ) par un paramètre quelconque comme k et le modifier à sa guise. De plus pour garantir un sentier de croissance équilibré en régime permanent dans la théorie de la croissance, la fonction de production doit être linéairement homogène (c’est à dire k =1 ).

On va s’intéresser plus spécialement aux propriétés et aux conditions qui font de la CES une fonction générale englobant les cas particuliers de Cobb-Douglas et Leontief.

D’abord on peut analyser chaque terme :

Y = est une mesure de la production réelle de l’économie

A = paramètre d’efficacité ou d’échelle, A > 0

ψ = c’est une transformation de l’élasticité de substitution ( paramètre de substitution, )

α =  la distribution du revenu ( paramètre de distribution, 0 < α< 1 )

Kt est le stock de capital utilisé à la période t ( mais dans la formule  on a omis l’indice relatif à la période dans le but d’alléger la présentation car elle n’affecte pas les développements prochains)

Lt est la quantité du facteur travail utilisée ( de même pour l’indice de temps)

On cherche ensuite les productivité marginales des facteur Travail et facteur Capital

RYTQZXC

OGBCOGFCO

On remarque par ailleur que les conditions d’Inada ne sont pas respectées pour une fonction de production CES.

Analyse asymptotique du paramètre Ψ

Dans le cas où Ψ→1 on obtient Y=A (aK+(1−a)L)

Il s’agit d’un graphique à 3 Dimensions mais pour représenter la courbe on fixe une valeur de Y , on obtient une isoquante. Le long de cette isoquante la quantité produite est la même. Ce qui est intéressant c’est de voir la substitution entre K et L.

Dans le cas où Ψ→0 on obtient Y=A.1^∞ forme indeterminée

on obtient Cobb-Douglas en utilisant la règle de l’Hôpital, on montre que lorsque le paramètre ψ tend vers 0, la fonction CES se confond avec une fonction Cobb-Douglas.
Dans le cas où Ψ→−∞ on obtient Y= A . min ⁡( K, L) ou Y = min [K/A^(-1) , L/A^(-1) ]  ils’agit d’une fonction à la Léontief, et les facteurs ne sont pas substituables mais complémentaires (élasticité de substitution nulle).

Graphique 

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Résumons :

Si ψ = 0       :      σ= 1 on obtient Cobb-Douglas

Si ψ = -∞      :     σ = 0 on obtient Leontief ( facteurs complémentaires pas de substitution possible)

Si ψ = 1        :      σ = ∞ on obtient une isoquante qui est une droite ( travail et capital parfaits substituts)

Si ψ < 1        :     σ< 0 on obtient une isoquante concave (CET)

 

Dans la partie 3 de l’article il s’agit de tester la validité de la fonction CES , la partie 4  prend comme exemple le marché des matières premières pour mettre en évidence que les variations de substitutions factorielles de la fonction peuvent impacter la structure de l’économie sous différents niveaux de revenu et pour cela ils utilisent les données des Usa et du Japon.

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La section suivante s’intéresse plus particulièrement aux variations des coûts des facteurs de production en fonction des secteurs des deux économies étudiées, par exemple les salaires aux Usa varient moins entre les secteurs qu’aux Japon,  ensuite ils s’intéressent aux effets de la variation de la distribution des revenus  et de la variation de l’élasticité de substitution sur la variation des prix relatifs, puis de l’efficacité relative. La partie 5 cherche à connaître se qu’il pourrait se passer en cas de progrès technologique, puis s’achève par une une conclusion en partie 6.

This article has touched on a wide range of subjects: the pure theory of production, the functional distribution of income, technological progress, international differences in efficiencythe sources of comparative advantage.

Remarques importantes :

  • Finalement σ < 1 
  • CES : plus flexible et plus réaliste 

Ci dessous un site consacrée à l’analyse de la fonction CES :

Fonction CES – Elmer G. Wiens

Papier entier : Capital-Labor Substitution And Economic Efficiency 


Références 

http://www.aae.wisc.edu/aae705/References/Arrow_etal_1961.pdf

McFadden, Daniel. 1963. “Constant Elasticity of Substitution Production Functions”. The Review of Economic Studies 30 (2). [Oxford University Press, Review of Economic Studies, Ltd.]: 73–83. http://www.jstor.org/stable/2295804.

https://www-perso.gate.cnrs.fr/goffette-nagot/l3econometrie/slides_Chap2_NB_4p.pdf

TD macroéconomie Université Paris X Nanterre

Monopole Naturel : Cas de la Standard Oil Company

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Les débuts de l’extraction pétrolière

C’est au XIXème siècle que débute l’incroyable histoire du pétrole, une énergie fossile qui va révolutionner la vie des gens dans son ensemble et qui deviendra la ressource énergétique garante de la croissance fulgurante des économies des pays développés.

Tout démarre dans une petite ville de Pennsylvanie dénommée Titusville, on raconte que dans les années 1860 c’est près de cette ville dans la vallée d’Oil Creek que fut foré le premier puit de pétrole, jusque là, la région ne connaissait qu’une industrie forestière et elle comptait moins d’une vingtaine de scieries. Le basculement se fait en 1859 lorsque Edwin L. Drake aidé d’un ami creuse un puit et y extrait du pétrole brut, très vite il fallut l’acheminer; il fut alors construit une ligne de chemin de fer. Dans ses premiers usages le pétrole fut utilisé essentiellement comme pétrole lampant. A deux heures de voiture de là, se trouve Cleveland dans l’Ohio, c’est là bas que s’installèrent quelques hommes en quête de richesse dont la famille Rockfeller, qui quittèrent leur ferme de New York, J D Rockfeller est très jeune quand il arrive à Cleveland il n’a alors que 14 ans il est pieux et a déjà le sens des affaires. En 1869 Cleveland surpasse son principal concurrent Titusville et compte en 1872 plus d’une trentaine de raffinerie de pétrole.

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Il est vrai que d’énormes fortunes ont été amassées en très peu de temps et des histoires de millionnaires qui fleurissent aussi rapidement attirent forcement de la concurrence …

Après avoir travaillé dans sa jeunesse avec son camarade Clark et mis de coté un peu d’argent, il se voit proposer un boulot d’associé pour accompagner Samuel Andrews (un chimiste) dans la création d’une nouvelle raffinerie, il 24 ans lorsqu’il se lance dans l’aventure. Après la réussite de cette entreprise, ils décident d’en créer une autre mais dirigée par le frère de John D Rockfeller ; William Rockfeller.

Finalement John D Rockefeller,son frère et ses associés Flagler, Andrew, Harkness décident de regrouper leurs raffineries et créent en juin 1870 la Standard Oil Company d’une valeur totale de 1,000,000 $. L’avantage que la compagnie a sur ses concurrents c’est les tarifs du transport ferroviaire des barils de pétrole. Pourquoi ses concurrents n’ont ils pas réussit a négocier leur tarifs ? Et bien tout simplement car le rabais se portait sur la quantité de barils produite et la Standard Oil Company avait là un avantage significatif, il avait donc droit a des tarifs de gros du fait de l’acheminement plus facile d’une seul marchandise.Elle s’engageait notamment auprès de la Lake Shore Railroad (filiale de la New York Central Railroad) à transporter 60 wagons par jours de pétrole, à charge pour la Standard Oil d’en assurer le chargement et le déchargement.

Le transport ferroviaire était un élément clé de l’avantage concurrentiel de la Standard Oil Company

 

Rockefeller met en place une stratégie d’absorption de ses concurrents à Cleveland qui s’avéra fructueuse, un par un il détruit ses adversaires, désormais son seul rempart vers le contrôle total du marché sont les raffineurs de Oil Creek. Il va aussi racheter les constructeurs de pipelines, il en possédera plus de la moitié vers la fin 1879 ce qui lui donnera là encore un avantage certain( carte des pipeline en 1911 ci-dessus) . En 1878 La standard Oil Company possède 90% de parts de marché. En 1881 elle change de nom et devient la Standard Oil Trust. Et dans les années 1880 et 1890 elle est sous les projecteurs du gouvernement fédéral qui y voit une pieuvre qui absorbe, achète et étend ses tentacules partout où elle a des intérêts stratégiques.

Ce pouvoir important conduit le Département de la Justice de Etats-Unis à la poursuivre au titre du Sherman Act.

Le procès qui se déroula sur 5 ans de 1906 à 1911  conduit au démantèlement de la Standard Oil en 34 sociétés réparties selon un critère géographique.

Un monopole Naturel ?

A la suite du démantèlement on n’observa pas de baisse des prix significative, ceci  laisse à penser que le monopole de la Standard Oil était bien un monopole naturel basé sur des économies d’échelle (découverte en 1875 d’un nouveau procédé de distillation entraîne une baisse unitaire du coût moyen et qui permet d’augmenter les quantités produites). L’exemple précédent prouve parfaitement qu’il y a effectivement une sous additivité des coûts définie par ;

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Cela signifie en fait que la production par une seule entité génère un coût plus faible que le coût agrégé de plusieurs unités de production  produisant exactement la même quantité que l’entité seule.

Les prémices du contrôle des concentrations 

Pour revenir sur l’intervention du gouvernement Américain pour réguler le pouvoir énorme qu’a acquis la Standard Oil Trust, il faut bien comprendre que l’entité menait une guerre des prix insoutenables pour évincer ses concurrents déjà présents ou décourager les concurrents potentiels. Le 2 juillet 1890 le gouvernement fait passer une loi pour limiter tous comportements anticoncurrentiels : le Sherman Act. Il s’agit d’une loi qui est à la base de notre droit de la concurrence, elle a été proposée par le sénateur de l’Ohio John Sherman.

 Si nous refusons qu’un roi gouverne notre pays, nous ne pouvons accepter qu’un roi gouverne notre production, nos transports ou la vente de nos produits. J.Sherman

La guerre contre les trusts est alors lancée …

1899 Cartoon showing Uncle Sam killed by the trusts

1899 Cartoon showing Uncle Sam killed by the trusts

There will be blood

La chasse aux abus de position dominante peut commencer, la Standard Oil Company qui avait déjà réussit à contourner les lois des Etats Fédéraux sur la taille des entreprises par la création d’un trust en 1882 en Ohio ( plusieurs filiales avec de nombreux actionnaires et un conseil administration unique composé de syndics) est à présent interdite par le juge de l’Ohio, le trust est cependant recréé au New Jersey un Etat acceptant les trusts et holding. La standard Oil Trust est dès lors dans le collimateur du Sherman act de 1890 ; la loi contre les monopoles et ententes illicites mais cette loi se révèle insuffisante pour réguler le monopole de la Standard Oil malgré la condamnation de la société au démantèlement, une autre loi fut voté en 1914 pour palier à ces insuffisances le Clayton Act dont voici quelques grandes lignes :

  1. La discrimination par les prix entre les acheteurs si une telle discrimination restreint substantiellement la concurrence ou a pour effet de créer un monopole (Section 2, art. 15 § 13 U.S.C.)
  2. Les ventes exclusives et les ventes liées (également couvert par la section 1 du Sherman Act) mais seulement si elles restreignent substantiellement la concurrence (Section 3, art. 15 § 14 U.S.C.)
  3. Les concentrations d’entreprises quand elles ont pour effet de restreindre substantiellement la concurrence (Section 7, art. 15 § 18 U.S.C.)
  4. Le fait pour toute personne de diriger plusieurs entreprises concurrentes (Section 8, art. 15 § 19 U.S.C.)

Le procès débute Rockefeller en 1906 : la cour suprême confirma le jugement de 1909 et ordonna le 15 mai 1911 le démantèlement de la Standard Oil en 34 sociétés indépendantes dont certaines gardent le droit d’utiliser la marque Standard Oil dans certains États et séparés selon un critère géographique. Plus tard ces mêmes sociétés fusionnèrent par la suite en d’autres entités consolidées (14 entités en 1980 dont Chevron, Exxon, Mobil, Amoco).

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La dissolution de la Standard Oil Trust a permis de diminuer fortement son pouvoir de marché cependant les entreprises crées formeront au cours du temps des monopoles à l’échelle fédérale puis des géants de carrure mondiale que l’on connait encore aujourd’hui sous le nom d’ExxonMobil, Chevron et Esso membres du cartel des “sept sœurs”. Pour Rockfeller qui garda de nombreuses parts dans les différents sociétés créées ce fut le jackpot car ces mêmes entreprises ont eu une croissance forte.

Voici les lois entières du Sherman Act et du Clayton Act

 

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Références 

http://www.economist.com/node/347251

The history of the Standard Oil company  – Ida M Tarbell

https://fr.wikipedia.org/wiki/Standard_Oil

http://www.micheloud.com/FXM/SO/rock.htm

http://www.liberation.fr/evenement/1998/06/25/en-1911-quand-rockefeller-sauta-sur-une-mine-antitrust-il-fallut-a-l-administration-americaine-trent_239723

From United States Code :

http://uscode.house.gov/view.xhtml?req=granuleid:USC-prelim-title15-section1&num=0&edition=prelim

http://uscode.house.gov/view.xhtml?req=granuleid:USC-prelim-title15-section12&num=0&edition=prelim

Les nouvelles théories de la Croissance

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Dans l’histoire de la recherche économique, les théories de la croissance sont scindables en plusieurs groupes dont les deux principaux sont relatifs d’une part aux théories de la croissance exogène avec R.Solow qui explique que le taux de croissance provient d’une combinaison entre taux de croissance de la population et le taux de progrès technique,  et celles plus tardives que l’on appellent théories de la croissance endogène ou nouvelles théories de la croissance, ce sont ces dernières qui sont apparus vers la fin des années 90 avec les travaux de P.Romer et de R.Lucas . Il y avait cependant déjà eu quelques auteurs comme Arrow et Usawa qui avaient  proposé quelques esquisses sur le capital humain et l’expérience dans les années 60 mais qui furent supplantées par les autres théories. La nouvelle voie initiée sera dès lors une manne d’inspiration pour Helpman, Grossman, Paul Aghion, Peter Howitt, R.Barro, Sala-i-Martin,  et bien d’autre. Ces deux types de théories se distingues essentiellement dans le fait que le progrès technique qui est une composante qui contribue à la croissance n’est tous simplement pas expliquée dans les modèles de croissance exogène, elle tombe du ciel, on le voit très bien dans la décomposition de Solow, le progrès technique plus communément nommé le résidu de Solow est la part de la croissance qui n’est pas expliquée par les facteurs de productions. Il était alors tout naturel de chercher à savoir quelle était l’origine de ce progrès technique, et c’est en cela que les nouvelles théories de la croissance apportent des éclaircissements…

Cette endogénéisation de la croissance de long terme va conforter des politiques économiques actives  en effet au sein même des théories de la croissance endogène existent différentes pistes de réflexions qui vont dans ce sens ;

  • Paul Romer [1986] :  Il existe un phénomène d’apprentissage par la pratique au sein des entreprises autrement dit basée sur l’expérience ( learning by doing) ainsi on engrange des connaissances techniques ( savoir-faire) intuitivement du fait que l’on produit. L’élément important est que l’intervention de l’état pour modifier les incitations des agents économiques résulte de l’existence d’externalités non prises en compte qui conduient à une mauvaise allocation des ressources sur le marché et donc à une croissance sous-optimale.

Par extension, les modèles de croissance endogène ont été amené à prendre
explicitement en compte l’innovation et par voie de conséquence la concurrence imparfaite.
La plupart des modèles de croissance endogène intègrent donc des externalités positives
et/ou négatives liées à l’accumulation des connaissances et à l’innovation ainsi que des
imperfections liées au pouvoir de marché procuré par la protection des innovations, avec
pour résultat prévisible que l’équilibre décentralisé est sous-optimal. Ceci a donc ouvert
la possibilité pour des interventions publiques correctrices en vue de modifier le taux de
croissance.” B.Amable

  •   Robert Lucas [1988] : Accumulation d’un capital humain au sein du système éducatif (hors entreprise), ici le capital humain est le stock de connaissance, il dépend de comportement volontaire des agents qui arbitre entre leur temps de formation (à l’école ou l’université) et le coût des salaires futurs qu’il va perdre. L’état à son rôle à jouer en favorisant  et en encourageant l’effort éducatif
  • Philippe Aghion,Peter Howitt  [1992] : le progrès technique est un stock d’innovation qui provient de la Recherche et Développement, dans cette approche l’indicateur de l’innovation est devenu le progrès technique lui même, ce dernier est issu d’une activité de recherche et développement dans des centres comme le CNRS en France , des instituts de recherche ou des services de R&D des entreprises. L’État a aussi son rôle à jouer en investissant dans cette R&D. la protection des innovations est alors indispensable et elle passe par le renforcement du mécanisme de dépôts brevets mais cela conduit au monopole et il faut alors mesurer les effets contraires. L’autre idée des deux économistes est que le temps d’incubation de l’innovation est aléatoire et que les innovations sont détruites par de meilleures innovations ( vision schumpeterienne de la croissance avec la destruction créatrice).

 

Voici un panel de cours gratuit provenant du collège de France :

leçon inaugurale Collège de France -Philippe Aghion

Pourquoi a-t-on besoin d’une théorie de la croissance? -P.Aghion 1/2

 

Capital humain et croissance -P.Aghion 1/2

 

Références 

Un survol des théories de la croissance endogène – Bruno Amable, Université de Paris X Nanterre

Un survol des théories de la croissance endogène -B.Amable

Les nouvelles théories de la croissance – Antoine d’Autume, Université Paris 1 Sorbonne

Croissance, éducation et environnement Entretien avec Philippe Aghion –  Julia Cagé & Éric Monnet

Travaux dirigés sur la croissance Université Paris 1

Macroéconomie : La Croissance -TD UP1

La Crise de la dette en Argentine

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 Introduction

L’histoire politique, économique et sociale de l’Argentine est extrêmement complexe et variée dans les événements qu’elle a connu. De Hipólito Yrigoyen et la crise des années 30 en passant par, Juan Domingo Perón chef de file du péronisme qui perdurera longtemps, mais aussi, par Videla, instigateur du coup d’État qui fera sombrer le pays dans une dictature sanglante, jusqu’à Carlos Menem, fervent défenseur néolibéral qui trahira ses promesses, ou bien par Kirshner plus récemment, l’Argentine n’a cessée d’être confrontée à des situations politiques ambiguës qui ont porté de nombreux coups d’arrêts au développement (desarollo) économique du pays. Les économistes du monde entier se sont intéressés au cas Argentin, et en particulier sur les questions de l’inflation du début des années 70 jusqu’à la fin des années 90 qui verra grimper son taux à plus de 3000% (hiperinflación de 1989 y 1990), mais aussi sur les dévaluations du peso, sur la balance des paiements, sur la dette externe (deuda externa) et sur les défauts de paiements, sur les nationalisations et privatisations, sur les surévaluations de compagnies argentines concernées par la privatisation, sur les récessions chroniques misent en lumières par l’étude du chômage et des salaires et sur d’autres problèmes économiques.

…nunca se podrá entender completamente cómo un país con tanto potencial ha tenido un pasado tan retorcido.” —DAVIDE G. ERRO
 Resolving the Argentine Paradox

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L’étude se concentrera surtout sur la crise de la dette externe. Cette dernière est directement liée aux autres crises tels que les crises bancaires (crisis bancarias) ou les crises monétaires (crisis cambiarias) et aux effets de l’inflation. Par ailleur il est fondamental de rappeler le contexte politico-social et son impact sur les politiques économiques conduites. Il s’agit donc de mettre en lumière les origines de la dette externe en Argentine de manière chronologique pour apprécier son évolution au cour du temps, il faudra donc faire une distinction entre dette externe et dette interne, et savoir quelles sont les contreparties de cette dette c’est à dire qui sont les préteurs ou créanciers. On verra ensuite quelles sont les événements qui ont mené aux défauts de paiements et comment la dette a été restructurée (changement des termes du contrat de dette soit par refinancement, soit par réduction, soit par rachat contre liquidités). Les documents de bases pour la rédaction de l’article sont les travaux de Norberto Galasso 1 et ceux de Carlos Julia2.

 

La dette externe un grand problème qui affecte l’Argentine depuis 1823

Quelle dette et quels indicateurs ?

L’usage de l’endettement n’est pas nouveau dans l’histoire économique, les monarques et autres gouvernants s’en servaient pour financer leur guerre, mais, une dette est une contrat implicite ou explicite entre le préteur et l’emprunteur, ce dernier a le devoir de rembourser sa dette auprès de son créancier, si il ne le fait pas cela peut conduire à des événements dommageables, comme dans le pire des cas; des guerres, ou bien des ententes mutuelles comme un nouvel accord ou un rallongement des échéances, il est cependant très rare que le créancier annule sa dette car il s’agirait d’une perte ou d’un don selon le contexte (ex : Jacob Fugger 1459-1525 qui finance les guerres de Charles Quint).

De nos jours le mécanisme économique repose sur l’usage de la dette; ménages, Etats, entreprises, tous empruntent, en particulier l’Etat et les autres organismes qui y sont rattachés. Cette dette émise peut être détenue par des résidents ou des non-résidents, dans le deuxième cas on l’appelle la dette externe, elle désigne l’ensemble des dettes qui sont dues par un pays; État, entreprises et ménages compris, à des prêteurs étrangers.

La dette extérieure brute est égale au montant, à une
date donnée, de l’encours des engagements courants
effectifs, non conditionnels, qui comportent l’obligation
pour le débiteur d’effectuer un ou plusieurs paiements
pour rembourser le principal et/ou verser des intérêts,
à un ou plusieurs moments futurs, et qui sont dus à des
non-résidents par des résidents d’une économie

Ci-dessus la définition concernant la dette externe (dette extérieure) du Fond Monétaire International que l’on retrouve dans le Guide (Informations destinées aux statisticiens et aux organismes concernés par la dette extérieure) au chapitre 2.

Le Guide / cadre conceptuel – FMI

Par ailleur il est plus intéressant d’utiliser un indicateur relatif pour pouvoir apprécier la dette externe et la comparer à d’autres pays (même si cela présente quelques insuffisances théoriques). On utilise donc en général non pas la dette en terme de stock même si il est toujours important de la mentionner, mais la dette externe relativement au Produit Intérieur Brut.

El (des) endeudamiento de un país no debe medirse como stock de deuda. El stock es un indicador absoluto que nada dice, si no se compara de manera relativa. El indicador relativo más utilizado para el stock es el de Deuda/PBI aunque también se mide Deuda externa en poder de privados/PBI” Ariel Setton, economista de la Universidad de Buenos Aires (UBA) y miembro del Plan Fénix

On peut utiliser l’indicateur du solde de la balance courante et la position exterieure du pays en question pour apprécier son taux d’ouverture vers l’extérieur.

Quand la dette externe Argentine a t’elle commencée à se former ?

Au sortir des différentes guerres pour l’indépendance de l’Argentine, les finances publiques du gouvernement provincial de Buenos Aires étaient pratiquement épuisées, et pour financer les infrastructures de la province il fallait donc que le “gobierno”de Martin Rodriguez  trouve une solution, le ministre du gouvernement et de l’Extérieur de l’époque, Bernardino Ravidavia, dont la politique s’inspirera de celle des Etats Unis et de la Grande Bretagne notamment sur le plan de l’éducation, de la démocratie, et de la politique mercantile, va permettre la loi du 19 août 1822 rédigée conjointement par les représentants de Buenos Aires (Junta de Representantes de Buenos Aires ). Le conseil étaient constitués de notables et autres hommes de l’élite de la ville. Il donna la possibilité au gobierno de se financer hors des frontières au travers d’émissions de bons, ce fut alors à Londres auprès de la banque Baring Brothers & Co que fut négocié en 1824 le financement du projet de travaux publique sur la construction du port de Ensenada de barragan. Pendant l’opération deux membres du gouvernement argentin Felix Castro et John Parish ainsi que la banque  escroquèrent le gouvernement Argentin. En effet sur les 1 000 000 £ négocié, seul 552 000 £ parvinrent en Argentine. Le gobierno mettra plus de 80 ans pour rembourser cette dette (remboursement total à Baring sous la présidence de Louis Saez Pena) qui ne fit que gonfler d’année en année et, en plus de cela, le projet ne fut jamais réalisé. Les intérêts de la dette ne cessèrent d’augmenter.

Reasumiendo el movimiento de este empréstito, resulta que los $f. 5.000,000 ó sea ~ 1.000,000 prestados por el commercio inglés á la Provincia de Buenos Aires, hace 57 años costarán á la Nacion que los reconoció, la cantidad de $f. 23.734,766 y el espacio de tiempo de tres cuartos de siglo para pagarlos. 

A cette époque les banques de l’empire Britannique accordèrent de nombreux financements aux pays d’Amérique Latine ( Mexique, Chili, Pérou, Colombie,Equateur) qui désiraient briser le lien avec l’Espagne et devenir indépendants.

LA Deuda Pública – Pedro Agote

Histoire des dettes externes et internes de l’Argentine par le président du crédit publique en 1881: Pedro Agote

Cómo empezó la deuda externa – Jaime Poniachik

Comment débuta la dette extérieure est un article publié dans le journal la Nacion 

En 1848 un dénommé Rojas, gouverneur de la province, proposa aux Anglais les droits sur les îles malouines (Islas malavinas) en échange des intérêts de la dette (bonoleros), ces derniers acceptèrent son offre.

Plus tard d’autres emprunts auprès de l’Angleterre furent réalisés en 1862 avec Mitre qui voulaient financer la guerre contre le Paraguay ( 2.5 millions de livres mais le pays reçu seulement 1.9 millions de livres à cause du “risque pays et des commissions “), c’est aussi pendant sa gouvernance que la dette de la province de Buenos Aires devient une dette Nationale. Il y eu d’autres “empréstitos” en 1868, puis 1871, etc..  Après la présidence de Domingo Faustino Sarmiento la dette externe s’éleva à 14.5 millions de livres.

En 1873 l’Argentine subit une crise économique due majoritairement au déficit de la balance des paiements (balanza de pagos) sur l’extérieur et notamment l’Angleterre.

el gobierno de Avellaneda recurrió a una política claramente deflacionista, suspendiendo la contratación de nuevos empréstitos en el exterior, decretando la inconversión de los billetes del banco de la Provincia y del Nacional, e incluso disminuyendo sueldos de empleados y reduciendo personal administrativo 

Le président Avellaneda dans son discours d’investiture face au au congrès utilisa les mots suivant pour décrire la situation économique du pays :

Grandes cantidades de dinero afluyeron en los últimos años a la plaza de Buenos Aires teniendo principalmente su origen en los empréstitos que la Nación y esta provincia contrajeron en Londres. De ahí, su acumulación en los bancos, el bajo interés y las facilidades tan seductoras como desconocidas del crédito. El país no estaba en actitud de aplicar de improviso tan considerables capitales al trabajo reproductivo y sobrevinieron las especulaciones sobre terrenos estériles, que acrecentaban artificialmente su precio de una transacción a la otra, los gastos excesivos y la acumulación de las mercaderías importadas, exagerada aún más por la competencia que se desarrolla en estos casos. Con la hora inevitable de los reembolsos, ha sobrevenido la crisis, que principia ya a encontrar su principal remedio en la disminución de los gastos privados y públicos.”

Après une période de nouvelle prospérité qui débute vers 1880 sous la présidence de Julio.A.Roca le pays s’enfonce encore une fois dans la crise en 1890. Celle-ci commence lorsque les investisseurs étrangers choisissent d’investir dans les chemins de fer Argentins ( ferrocariles) pour spéculer. L’accroissement de la dette publique et privé a conduit le gouvernement à mettre en place une politique monétaire expansionniste, l’océan monétaire provoqua la dévaluation du papier monnaie, qui elle même fit diminuer la valeur des intérêts et donc bloqua l’entrée de nouveaux investisseurs étrangers en quête de profits. Dans l’incapacité du gouvernement Argentin de répondre à leurs engagements auprès des banques et instituions européennes, on proposa à l’Argentine un grand plan d’austérité qui fut refusé. L’Argentine fit donc défaut sur sa dette.La ciris de 1890, el primer defaul argentino

La crise économique conduit le peuple et la classe moyenne à la révolte de juillet 1890 qui va renverser Juárez Celman et mettre au pouvoir Carlos Pellegrini, un des faits marquant de  sa gouvernance est qu’il passa un accord avec la banque JP Morgan pour rembourser la dette en contractant une autre dette. Cette dernière fut garantie par les rentes Argentines et les droits de douanes sur les importations.

Le paradoxe de la dette externe Argentine 

Dans la littérature, l’endettement est lié à un déséquilibre. Suivant les cas que l’on appelle les 3 “gaps” de déséquilibre, il s’agit

  • du déséquilibre épargne-investissement (S – I)
  • du déficit budgétaire  (G – T)
  • du déficit de la balance courante (voir plus bas Compte Courant de la balance des paiements)

( Egalité de la comptabilité nationale où l’on distingue les 3 gaps de déséquilibre possible :  (S – I) = (X – M) + (G – T)   )

Le paradoxe sur la dette externe Argentine est bien résumé par Elio Carro 3 en effet en général les dettes extérieures résultent d’un différentiel négatif entre exportations et importations or l’Argentine a souvent eu dans son histoire des excédents commerciaux provenant essentiellement du commerce agroalimentaire  (modelo agro-exportador), les économistes pensent qu’elle proviendrait en grande partie de la fuite des capitaux privés.

Normalmente un país se endeuda cuando importa más de lo que exporta y la contrapartida
de la deuda se ve en más bienes de capital, en más energía, en más materias primas, en más
bienes de consumo. Pero este no es el caso de la Argentina, porque el aumento extraordinario de
su deuda se efectuó durante un período en el que tenía excedentes comerciales. En Argentina, la
principal contraparte de la deuda externa, en la balanza de pagos, es la fuga de capitales
privados. 

Historia y evolución de la deuda externa Argentina – Elio Carro

Les causes de cette fuite des capitaux sont essentiellement de 3 types ;

  1. La différence de rendement des actifs entre les pays, compte tenu des anticipations de taux de change.
  2. Le manque de sécurité ou de confidentialité dans la conservation des actifs. Cet aspect de la question est important dans les petits pays pauvres, où le nombre de détenteurs d’actifs est faible et où le respect des droits de propriété est relativement mal assuré.
  3.  Le désir de mettre à l’abri des poursuites des sommes générées par la corruption l’évasion fiscale ou des trafics illicites

La dette externe continua d’augmenter sous les gouvernements successifs de José Evaristo Uriburu 1895 à 1898 et Julio Argentino Roca [second mandat] de 1898 à 1904 pour atteindre 78 millions de livres sterling en 1904 sous Manuel Quintana puis 121 millions £ en 1916 et 143 millions de livres en 1928.

La dette externe pendant les 2 guerres mondiales

Sous le gouvernement du radicaliste Yrigoyen (1916-1922), premier président élu par le suffrage secret et obligatoire la dette externe fut fortement réduite (20 millions de livres ou plus selon d’autres économistes) pour s’élever à 101 millions de livres en 1922, ceci s’explique en partie par la politique de Yrigoyen et en partie par la diminution des importations Européennes essentiellement due au fait que les industries européennes soutenaient l’effort de guerre donc n’exportaient plus beaucoup mais qu’elles importaient énormément de viandes et d’autres produits agricoles. De nouveaux emprunts auprès des Etats-Unis furent contractés par Alvear4 qui fit augmenter la dette externe à plus de 142 millions de livres sterling mais c’est aussi sous sa présidence que l’Argentine se plaça au premier rang des puissances mondiales avec notamment le 7ème Produit Intérieur Brut au monde et ce fut également la ruée vers l’or noir (présent en abondance en Argentine), puis la dette diminua après la seconde mandature de Yrigoyen (1928-1930) à 135 millions de livres et ré-augmenta ensuite sous les présidences de Uriburu (coup d’état), Justo et Ortiz. En 1945 un grand mouvement social venant de la rue réclama la libération de Juan Domingo Perón qui avait participé quelques années plus tôt au coup d’Etat de 1943. Peu de temps après sa libération, il fut élu (1946). En 1943 la dette externe s’établie à 80 millions de livres soit 325 millions de dollars et à la fin de la guerre elle fut réduite à 264 millions de dollars pour continuer à faiblir durant toute la période présidentielle de Juan Perón.

L’exception Péroniste de 1946 à 1955 

Juan Domingo Perón est un personnage très important de l’histoire de l’Argentine, il est connu des Argentins pour ses politiques protectionnistes, pro-étatique et proches des ouvriers. A partir de 1946 il lance un grand plan de nationalisation de l’économie ; la Banque Central (Banco Central) et les dépôts bancaires les chemins de fers qui étaient aux mains des Britanniques seront renationalisés et renommés ferrocariles Argentinos, le commerce extérieur dans son ensemble passe sous contrôle étatique, on constate un développement de la flotte marchande, les services de télécommunications furent aussi nationalisés, et on vit apparaître des tarifs plus avantageux pour l’industrie. En 1949 la constitution est révisée et incorpore de nouveaux droits sociaux et droits du travail ainsi que des lois qui lui permettront de mener à bien sa politique avec force et sur long terme (modification de la constitution pour permettre les réélections illimitées). Les médias seront massivement utilisés (la radio, la prensa) pour la propagande du gouvernement.

La politique péroniste repose sur trois piliers fondamentaux (tres banderas del peronismo) ; la souveraineté politique, la justice sociale et l’indépendance Economique. L’autre figure emblématique du Péronisme est Eva Perón, sa femme qui va mettre au premier plan les droits des femmes à travers le suffrage féminin en 1947 par exemple. A cette époque la dette externe diminua d’année en année. En 1952 elle est presque entièrement payée (réduction en 1955 à seulement 2 % du PIB). La Balance des paiements devient également positive mais ceci ne dura pas longtemps…

 

 

A la mort d’Eva Perón le gouvernement traversa une période de crise économique et la pression du peuple se fit plus marquée. Le 16 juin 1955 l’armée organise un coup d’Étatla casa rosada et la Plaza de mayo furent bombardées, 355 personnes décèdent durant l’attaque. Lonardi, Rojas et Aramburu sont les instigateurs du coup d’état.

L’Argentine et le FMI

Crédit et prêts du FMI
7.79 Un pays membre peut recourir au crédit du FMI
ou aux prêts de la facilité pour la réduction de la pauvreté
et pour la croissance (FRPC) pour acquérir des
devises supplémentaires auprès du FMI. Sur le plan
économique, l’utilisation du crédit du FMI et des prêts
de la FRPC aboutissent au même résultat — c’est-à-
dire que le pays qui contracte ces accords accède à des
devises contre l’engagement de respecter un ensemble
de conditions. Le crédit comme les prêts du FMI sont
classés comme prêts dans les autres investissements,
bien que les deux types d’accord soient exécutés de
façon différente :
• Dans un prêt FRPC, le pays membre emprunte des
devises qu’il s’engage à rembourser. Ces prêts n’ont
pas d’incidence sur le compte n° 1 du FMI.
• Lorsqu’un pays membre recourt au crédit du FMI,
il «achète» des devises au FMI en échange de
sa monnaie nationale. L’utilisation du crédit du
FMI est présentée comme l’engagement du pays
membre (en DTS) dans la balance des paiements
et la PEG, tandis que la vente de monnaie nationale
au FMI au compte n° 1 n’apparaît pas comme
une transaction de la balance des paiements ni de
la PEG. Les engagements au titre des accords de
crédit du FMI sont éteints lorsque le pays membre
«rachète» sa monnaie nationale avec des devises.

Manuel de la Balance des paiements /FMI  – Sixième édition (MBP6)

A partir de 1956 la dette externe croît à un taux beaucoup plus fort comparativement à la période 1824-1955. Les politiques économiques des gouvernements Argentins et le système financier international appuyé par des institutions comme le Fond monétaire International et la Banque Mondiale, couplé à une inflation très forte sont les principales causes de l’augmentation spectaculaire de la dette externe dans la seconde moitié du 20ème siècle.

deuda externa en dollares

Sur le plan politique le gouvernement militaire de Aramburu utilise la répression, Perón et d’autres membres influents de  l’ancien gouvernements sont obligés de s’exiler.Pedro Eugenio Aramburu adhère au FMI en 1956, dénationalise les dépôts bancaires, supprime le contrôle sur le commerce extérieur, abroge les modifications faites en 1949 par Perón dans la Constitution et supprime l’article 40 qui garantie l’appartenance des ressources naturelles à l’État Argentin. Aramburu prend auprès des banques européennes un crédit de 700 000 000 $ pour financer les importations Européennes, il est supposé être remboursé en 1 an ce qui ne se produisit pas. Sous l’impulsion du ministre français des finances  le Club de Paris fut créé, il est composé des créanciers de l’Argentine et l’objectif principal du club est d’étudier la renégociation de la dette externe de l’Argentine. En 1958 la dette externe dépasse le milliard de dollars, sous Frondizi en 1962 elle passe à plus de 1.8 milliards $, et sous José María Guido elle approche les 2.1 milliards $.

En total, hubo ocho renegociaciones de distintas líneas de crédito entre el Club de París y la Argentina. La primera se selló en 1956 (año de la creación de este grupo); la segunda, en 1962; luego vinieron 1965, 1985, 1987 y 1989, que fueron canceladas. Además, hubo dos intentos de negociar la deuda contraída en 1983 (ahora en disputa), que fueron en 1991 y en julio de 1992. Casi una década después, el país declaró el default en 2002 y dejó de abonarla. En septiembre de 2008, Cristina de Kirchner anunció que se iban a cancelar los u$s 6.750 millones utilizando reservas internacionales de libre disponibilidad del Banco Central. Pero pocos días después, se profundizó la crisis internacional -cuando el banco Lehman Brothers quebró- e hizo que se postergara el pago, todavía inconcluso.  – Maria Iglesia 

De 1963 à 1966 le gouvernement de Arturo Illia ne peut pas contrôler l’inflation galopante, en marge de ce phénomène on constate une croissance du PIB, sa position national-démocrate et pro-agriculture qui favorisa la croissance des exportations (1963 : 1365 million$ -> 1966 : 1593 millions$) permit une balance des paiements positive et une réduction importante de la dette externe. Durant ces années aucun emprunt ne furent négociés avec le FMI et l’extérieur. La politique défensive nationale est aussi marquée par l’annulation de contrats avec les entreprises pétrolières et un contrôle plus stricte dans le secteur de la santée. La dette externe passe de 2100 millions de dollars à 1762 millions de $ en 1966. Le 28 juin 1966 un coup d’État mit fin à cette politique. Après le coup d’État deux lignes politiques se dessinent; une doctrine nationale-cléricale incarnée par Onganía, Borda , Senorans …  Et de l’autre une doctrine libérale et pro financière incarnée par Lanusse , K.Vasena, Alsogaray … A la fin du régime militaire la dette externe s’élève d’environ 3,8 milliards $. Krieger Vasena qui était ministre de l’économie et qui avait des liens étroits avec le monde de la finance contracta un emprunt auprès du FMI qui réclama en échange de fortes garanties, c’est pour cela qu’à cette période de nombreuses entreprises passèrent sous pavillons étrangers  (majeure partie Americains). La vague de privatisation s’accompagna par une loi de libéralisation financière, les secteurs stratégiques du pétrole et autres ressources naturelles virent affluer des capitaux étrangers. Parallèlement un plan de dépenses publiques pour de grands ouvrages fut mis en place et un accord avec les entreprises sur le contrôle des prix limita l’inflation, s’ajoute aussi une dévaluation de la monnaie.

Le retour des peronistes et de la démocratie débute en 1973 avec Héctor J. Cámpora (diminution de la dette fin 1973 à 3,559 milliards de $) puis Juan Domingo Perón qui rentre d’exil, il décède peu de temps plus tard en 1974, María Estela Martínez de Perón prit alors les rênes du gouvernement mais ce fut de courte durée car un nouveau coup d’État survint en 1976. La nouvelle dictature militaire est considérée comme la plus terrible de l’histoire du pays, des milliers de personnes furent tuées par les balles de la répression militaire, d’autres furent portées disparues (los desaparecidos). Sur le plan économique le chômage explosa,les salaires baissèrent, les importations augmentèrent, la destruction de certaines parties de l’industrie nationale causa une perte de compétitivité qui entraîna une situation économique et sociale désastreuse avec plus de 45.4 milliards de $ de dette externe. La dictature durera de 1976 à 1983 avec successivement au pouvoir Videla et son ministre de l’Économie J. Martinez de Hoz, Viola, Galtieri et Bignone. La situation à la fin de la dictature semblait tellement désespérée qu’un appel à des élections nationales fut émis.

Le FMI a accordé des prêts considérables à la dictature militaire, on lui reprochera d’avoir permis à la dictature de pouvoir trouver les financements adéquats pour ses politiques liberticides. La dictature à profité de taux d’intérêts extrêmement bas pour la simple raison qu’il y avait sur le marché financier une abondance de capitaux  provenant des pétromonarchies.

On estime que la dette engendrée par le régime militaire de 1975 (8 Mds de $ ) à 1983 (45Mds de $) que l’on appelle aussi deuda vieja  est constitué pour 44% de la fuite des capitaux, pour 33% des intérêts aux grandes banques étrangères et institutions internationales et pour 23% de matériel militaire.

Alfonsín, Menem et le Plan Brady 

Alfonsín rétablit la démocratie et les droits fondamentaux humains et promet de supprimer la pauvreté, son discours est social-démocrate avec pour slogan “Avec la démocratie on mange , on s’éduque et on se soigne”

Vamos a vivir en libertad. De eso, no quepa duda. Como tampoco debe caber duda de que esa libertad va a servir para construir, para crear, para producir, para trabajar, para reclamar justicia – toda la justicia, la de las leyes comunes y la de las leyes sociales -, para sostener ideas, para organizarse en defensa de los intereses y los derechos legítimos del pueblo todo y de cada sector en particular. En suma, para vivir mejor; porque, como dijimos muchas veces desde la tribuna política, los argentinos hemos aprendido, a la luz de las trágicas experiencias de los años recientes, que la democracia es un valor aún más alto que el de una mera forma de legitimidad del poder, porque con la democracia no sólo se vota, sino que también se come, se educa y se cura. Termina hoy el estéril tutelaje sobre los habitantes de este país. 

Mensaje presidencial del Dr. Raúl Alfonsín a la Honorable Asamblea Legislativa, Buenos Aires, Imprenta del Congreso de la Nación, 1983.

Il choisit comme ministre de l’économie Bernardo Grispún qui tenta de tenir tête aux institutions du système financier international en mettant en avant deux types de dette, la dette légitime et la dette illégitime (deuda odiosa), il ne restera pas longtemps au gouvernement (15 mois).

  • La dette légitime est la dette qui est contractée par un gouvernement élu démocratiquement par le peuple.
  • Par opposition la dette odieuse ou illégitime est la dette contractée par des gouvernements arrivés au pouvoir par la force.

Considérant cette définition la majeure partie de la dette des pays du tiers monde est concernée par la dette odieuse comme le fait remarquer Noam Chomsky dans un interview

An economist who is now U.S. Executive Director of the International Monetary Fund, Karen Lissakers, pointed out several years ago that Washington’s principles, “if applied today, would wipe out a substantial part of the Third World indebtedness” because it was imposed under unfair conditions of power and subordination. – Noam Chomsky

C’est aussi durant ces années que l’inflation atteint des records ( hyperiflación), en 1985 Sorrouille le successeur de Grispún entame une politique d’austérité, le peso disparaît faisant place à l’austral,on assiste à un contrôle des prix pour lutter contre l’inflation, un gel salarial, et une politique monétaire restrictive, ces mesures font suites aux recommandations du FMI.L’inflation va effectivement diminuer mais le climat économique est fragile, un plan de sauvetage (plan primavera) est alors initié mais n’est pas concluant, la crise monétaire de 1989 est provoquée par une forte dévaluation de la monnaie austral, elle conduit à des “bank runs” (corrida bancarias) et à un taux de pauvreté très élevé car le pouvoir d’achat ne permettait même plus de pouvoir se procurer des biens de premières nécessités. A la fin de l’année 1989 Alfonsín quitte la présidence de la nation et laisse une dette extérieure de 59 Mds de $ et un pays qui souffre.

Animation du journal La nacion

Animation – La Nacion

 

De 1989 à 1999 Carlos Menem assure la présidence avec comme ministre de l’Economie Cavallo. Il va nationaliser la dette privé, et va revenir au peso en égalisant 1 peso = 1 dollar (plan de convertibilidad) ce qui va fortement impacter une nouvelle fois l’appareil productif à travers la perte de compétitivité à l’exportation, de nombreuses entreprises n’ayant pas su s’adapter firent faillite. La balance des paiement devint négative car on importa plus que l’on exporta. L’unique moyen de maintenir le modèle de convertibilité fut de maintenir un endettement quasi-constant et 10 ans plus tard la dette externe passa de 63 Mds$ à 130 Mds$. La fuite des capitaux est engendrée par le rapatriement des bénéfices des entreprises étrangères qui possèdent des parts (actions ou obligations) importantes dans des entreprises qui ont été privatisés durant le plan de libéralisation de l’économie. On peut mentionner que les recettes de l’Etat furent diminuées à cause des privatisations nombreuses. Ainsi Menem ne tenu aucune de ses promesses durant sa présidence sauf une, la réduction de l’inflation grâce au plan de convertibilité.

Les privatisations des entreprises stratégiques (le pétrole avec YPF , la radio, la compagnie nationale aéronautique , l’eau, les chemins de fers etc…), les corruptions en séries,les affaires des envoies d’armes en Bosnie, les démantèlements d’usines, les surévaluations de compagnies argentines concernées par la privatisation, la mise en place de la politique dictée par le FMI et la banque mondiale qui engendra la baisse des salaires et la baisse des indemnités du chômage, sont autant d’éléments qui poussèrent Menem vers la sortie.

Le plan Brady

Le 10 mars 1989 Nicholas Brady présenta une proposition pour la restructuration de la dette externe des pays du tiers- monde qui se résume comme une légère diminution de la dette externe en contrepartie d’une nouvelle stratégie de flexibilisation de l’Économie ainsi qu’une redistribution des recettes fiscales vers les intérêts de la dette en dépits des conditions délétère de la population.

El plan Brady supuestamente significaría un alivio para la deuda soberana entre 1992 y 1993. Pero no fue así. Cuando Argentina entró al plan su deuda era de US$63.000 millones, y se refinanció US$33.000 milones. Pero para el año 2000 la deuda, después de costosísimos pagos, era de US$150.000 millones

Olmos Gaona -Universidad de Buenos Aires

Les gagnants de ces accords sont principalement les banques privées créancières car leur exposition sur la dette externe argentine fut transféré en partie aux institutions financières internationales comme le FMI et la banque mondiale. A contrario des prévisions de Cavallo la dette externe ne fut pas réduite.

Documentaire sur la deuda externa (“eterna”) pendant les années 80, 90 et 2000

Fernando De la Rua et la crise de 2001

De la Rua est élu président en 1999 il nomme son ministre de l’Economie, José Luiz Machinea qui poursuit la politique de son prédécesseur, le taux de pauvreté et de chômage sont à leurs paroxysme et le peuple descend dans la rue avec pour slogan “el pueblo no se va” le peuple ne part pas!

UNICEF effet de la crise 2001 Maggie Iglesias

UNICEF effet de la crise 2001 Maggie Iglesias

De semaine en semaine les manifestations redoublent d’intensités. En 2000 le vice-président Alvarez quitte son poste, l’annonce provoque une fuite de capitaux importante. Dans la même année le pays passe un accord “bouclier” extraordinaire pour 32.7 Mds$ avec le FMI, la Banque mondiale et l’Espagne (blindaje financiero) pour prévenir toute urgence  à conditions que le gobierno converge vers l’équilibre fiscal, diminue ses emprunts et applique une politique de dérégulation.Or les conditions ne furent pas remplies (nouvelle fuite de capitaux) et Machinea céda sa place à Lopez puis à Cavallo qui revient, ce dernier tenta une nouvelle fois de négocier un plan de refinancement (megacanjo) et cette fois, après le passage de la loi sur le déficit zéro (ley deficit cero) les créanciers acceptent. Le megacanje à seulement permit au gobierno de ne pas faire défaut sur les échéances de sa dette mais pas de la diminuer (+10Mds$), de plus l’impact sur la population est quasiment inexistant. Fin 2001 la confiance des acteurs économiques est au plus bas suite à des rumeurs de cessations de paiements, une deuxième fuite de capitaux de 13 Mds$ provoqua la grande crise de 2001, le gouvernement fit effectivement défaut sur sa dette. Elle s’élève à présent à 144 000 millions de $.

La solution trouvée pour empêcher la fuite des capitaux fut de bloquer les dépôts bancaires (el corralito), il était alors très difficile de faire des retraits pour cause de restriction ce qui entraîna des pillages et le décret de l’état de siège. Dans la foulée De la Rua démissionne le 20 décembre 2001.

Crise de 2001 et contestations populaires

Crise de 2001 et contestations populaires – source JDD/Reuters

Après une période d’instabilité politique où pas moins de 3 présidents se succèdent en 1 an, Duharte accède au pouvoir de 2002 à 2003, il supprime la fixité du change par rapport au dollar (ley de convertibilidad) et passe à un taux de change semi-flottant:

taux de change semi- flottants

Taux de change flottant contrôlés- El País

A la fin de son mandat la dette externe augmenta de 47 Mds$, en 2003 de nouvelles élections amènent à la présidence de la nation Nestor Kirschner, il continua de maintenir la dévaluation de la monnaie en accord avec la banque centrale. Entre 2003 et 2007 les exportations augmentèrent de 83% ce qui permit au pays d’assainir les comptes publiques et de retrouver le chemin de la croissance, de plus, les courbes du chômage et de la pauvreté s’inversèrent. En 2002 la dette représente 151% du Produit Intérieur Brut (166Mds$), à la fin de l’année 2003 le pays rembourse 9,810Mds$ au FMI et solde une part de sa dette. Vers la fin 2007 la dette ne représente plus que 56% du PIB (108Mds$). Ci-dessous l’histogramme d’évolution du ratio de la dette au PIB où l’on peut constater la crise de la dette entre 2001 et 2004.

dette publique / PIB

dette publique / PIB

Rapport d’information sur la dette – cabinet de consulting Finsoport

 

 Analyse de la Balance des paiements

La balance des paiements est un état statistique qui permet d’enregistrer l’ensemble des flux financiers dans une période entre résidents et non résidents d’une économie, parmi ces différents postes on trouve le solde du compte de transactions courantes . Le solde du compte courant ( Cuenta Corriente), appelé ici CC, il traduit la capacité ou le besoin de financement de l’économie nationale. Il est obtenu par l’addition des soldes des quatre comptes de la
balance des paiements dans sa partie haute :

CC = (X – M) + solde des revenus (revenus d’investissements)+ solde des transferts courants + autres revenus

avec X : les exportations , M les importations et la différence correspond à la balance commerciale

  • Si CC >0, le pays gagne plus qu’il ne dépense et est prêteur vis à vis du reste du monde.
  • Si CC<0, le pays dépense plus qu’il ne gagne; il est emprunteur.

Chaque année du gouvernement de Carlos Menem les comptes courants sont négatifs ainsi que pendant la crise de 2000/2001. De 2002 à 2009 les comptes courants sont tous successivement positifs, et enfin de 2010 à 2014 il redeviennent négatifs. Tout déséquilibre de balance courante doit
être exactement compensé, soit par le compte financier du secteur privé (solde de la balance des capitaux), soit par une variation des avoirs officiels extérieurs nets (∆ R.I = Variación Reservas Internacionales).

On a donc à l’équilibre de la Balance des paiements :  CC+ CKF + EO = ∆ R.I 

(CC : Cuenta Corriente , CKF : Cuenta capital y financiera , EO: Errores y Omisiones Netos )

Balance des paiements de 1992 à 2014 
Balance des paiements depuis 1992 jusqu’à 2014

Balance des paiements depuis 1992 jusqu’à 2014

Les facteurs qui influencent  le compte courant sont la politique commerciale extérieure, la politique douanière, les flux migratoires, les accords commerciaux internationaux, les prix internationaux des matières premières, l’intensité de la mondialisation (exposition aux marchés financiers etc…), la diversification du commerce de biens et services et les mouvements de capitaux liés à la mobilité de la main d’oeuvre entre autre.

Le compte de Capital et financier est influencé par la politique d’investissement extérieure, les politiques de changes internationales et les régimes de changes, les restrictions sur la dette externe, la stratégie d’endettement des secteurs publique et privé, le profil de maturité de la dette mais aussi les autres crises financières mondiales, les restriction d’entrée/sortie de capitaux, concernant la dette exterieure publique les facteurs d’influence sont les échanges de dettes interne /externe,les transformations de dettes courtes en dette longues, et pour le secteur privé ce sont les mêmes que pour le secteur publique en ajoutant les flux étrangers pour les privatisations. 

La position extérieure, dans toutes ses composantes, est probablement l’agrégat statistique qui fournit la meilleure indication du degré d’ouverture financière d’une économie (mais il a des insuffisances). Elle sert ainsi de base au calcul du taux d’ouverture financière, défini comme le ratio du stock cumulé des avoirs et engagements extérieurs d’un pays
par rapport à son PIB, soit formellement :

 Ai,j,t représente les avoirs du pays i détenus dans le pays j à la fin de la période t (Aj,i,t représentant donc les engagements du pays i vis-à-vis du pays j) et PIBi,t le PIB du pays i au cours de la période t.

Ai,j,t représente les avoirs du pays i détenus dans le pays j à la fin de la période t
Aj,i,t représentant donc les engagements du pays i vis-à-vis du pays j) et       PIBi,t le PIB du pays i au cours de la période t.

L’inflation et la dette externe 

L’inflation est la hausse générale des prix à la consommation, elle est causée par le grossissement de la masse monétaire en circulation (en théorie), son augmentation engendre des coûts plus élevés des facteurs de production et donc un coût global de production plus élevé répercuté sur les prix, on voit bien ici la spirale inflationniste. Pour les ménages la baisse du pouvoir d’achat (qui correspond à la dépréciation de la monnaie et donc de leur salaire réel) conduit à des négociations salariales..Pour l’État le déficit budgétaire se creuse.

Dans des circonstances extrêmes, avec des niveaux de
dette très élevés, et si la politique monétaire doit être
durcie, il n’y a aucun moyen de dégager l’excédent
primaire nécessaire. Il n’existe alors pas d’« état du
monde » dans lequel la contrainte budgétaire et
l’objectif de stabilité des prix puissent être satisfaits
simultanément. Les économies doivent alors choisir
entre le défaut souverain et l’inflation.

Revue de stabilité financière Banque de France 

L’hyperinflation de 1989-1990 à pour conséquences de réduire la taille du secteur financier et d’éroder progressivement aussi bien l’efficience du système des prix que l’utilité de la monnaie nationale comme réserve de valeur, unité de compte et moyen d’échange: l’hyperinflation ramène ainsi l’économie, à l’extrême,
quasiment au stade du troc, c’est pour cela que l’on a constaté une vente importante du peso contre des devises étrangères plus sures ( demande de dollars) ..

Inflation en Argentine ( data INDEC) réalisé par Kevv

Inflation en Argentine 1945-2015 (data INDEC) réalisé par Kevv

Les fonds Vautours spéculent sur la dette externe

Les fonds “vautours” ou “buitres” sont des fonds d’investissements (hedge funds) qui achètent des titres de dettes d’Etat à bas prix émises par des débiteurs en difficulté ou proches du défaut de paiement. Pendant la crise de 2001 ces fonds vautours ( EM Ltd  et NML Capital, Ltd ) ont racheté des titres de la dette souveraine Argentine à 20% de leur valeur initiale, le prix est bas car ce sont des dettes à très haut risque, elles ont donc un rendement très élevé, ensuite ils attendent que la valeur s’apprécient avant de poursuivre en justice la république d’Argentine. Les fonds vautours se sont systématiquement exclus des processus de restructuration de la dette dans le but de récupérer intégralement leur plus value.

Fondos Buitres

Fondos Buitres

Les fonds vautours viennent très récemment(Mars) de trouver un accord avec le gouvernement argentin du président Macri en acceptant une décote de 25% des titres de créances mais l’accord doit d’abord passer devant le parlement Argentin.

l’Argentine paiera «environ 4,65 milliards de dollars» afin de solder les différends juridiques à New York et ailleurs dans le monde, a annoncé le médiateur américain Daniel Pollack. «C’est un pas de géant, mais pas l’étape finale», a ajouté le médiateur. L’accord de principe doit en effet encore être validé par le Parlement argentin. Libération 01/03/2016

Cet accord met fin à une décennie de bras de fer entre les deux acteurs.

Conclusion ( en cours de révision)

De nombreux coups d’états combinés à des politiques budgétaires et monétaires très différentes et une inflation incontrôlable ont façonné l’histoire de l’Argentine. Il est indéniable que la dette externe a freiné le développement économique de l’Argentine et a conduit à des dérèglements sociaux profonds. Aujourd’hui la dette externe de l’Argentine est revenue sur des niveaux plus soutenable mais la croissance tend à osciller aux alentours de 1%, la pauvreté a cependant fortement diminuée, et l’inflation s’est stabilisée même si des controverses sur la véridicité des chiffres entre l’INDEC , le FMI et d’autres institutions sont apparus ces dernières années 5.


Sources / fuentes

1. [De la banca Baring al FMI: historia de la deuda externa argentina by Norberto Galasso]

2. [La memoria de la deuda: una deuda con la memoria- Carlos Julia]

3. [Historia y evolución de la deuda externa argentina Por Elio H. H. Carro]

4. [El mejor presidente argentino]

5. [Here’s the Real Legacy of the Kirchners in Argentina]

Nacimiento y reproducción de la deuda externa

Histoire des dettes externes et internes de l’Argentine par le président du crédit publique en 1881: Pedro Agote

Musée de la dette externe de l’université de Buenos Aires

Lettre d’information 2014 – Finsoport Consulting

Historia_de_la_deuda_externa_argentina

Como empezo la deuda externa–  la Nacion  

Le guide du FMI 

http://www.mecon.gov.ar/progeco/dsbb.htm

http://www.indec.gov.ar/nivel4_default.asp?id_tema_1=3&id_tema_2=35&id_tema_3=45

http://www.eumed.net/libros-gratis/2005/av/2b.htm

http://www.ambito.com/diario/noticia.asp?id=553868

https://es.wikipedia.org/wiki/Anexo:Evoluci%C3%B3n_del_%C3%8Dndice_de_Precios_al_Consumidor_en_Argentina

http://www.lanacion.com.ar/1275264-el-austral-la-moneda-que-se-contaba-en-cientos-de-miles

https://chomsky.info/19990312/

http://www.lagaeta.com.ar/nota/566116/nacional/con-democracia-se-cura-se-come-se-educa-decia-alfonsin.html

http://www.elhistoriador.com.ar/documentos/raul_alfonsin/raul_alfonsin_mensaje_presidencial_10_de_diciembre_1983.php

http://www.bbc.com/mundo/noticias/2012/10/121022_argentina_barco_ghana_bonos_brady_vh.shtml

http://jlarrosa.tripod.com/files/brady.pdf

http://www.bbc.com/mundo/noticias/2011/12/111222_argentina_default_una_decada_despues_vs.shtml

http://chequeado.com/el-explicador/ila-argentina-se-desendeudo-o-no-durante-el-kirchnerismo/

http://www.mecon.gov.ar/onp/html/#

http://www.mecon.gov.ar/onp/html/series/Serie6506.pdf

http://www.contrepoints.org/2012/10/31/102630-dette-linflation-est-elle-la-solution

http://www.liberation.fr/planete/2016/03/01/l-argentine-solde-son-contentieux-avec-les-fonds-vautours_1436698

http://www.usal.edu.ar/archivos/eco/docs/doc5.pdf

Archivo Histórico de Radio y Televisión Argentina

 

N’hésitez pas à me contacter si vous constatez des erreurs (possibilités dans les montants de dettes calculé par les économistes)

Kevv

La théorie de l’Avantage Comparatif de Ricardo

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David Ricardo

David Ricardo est né le 19 avril 1772 à Londres et est mort le 11 septembre 1823 à Gatcombe Park, cet économiste britannique  va poursuivre les travaux d’Adam Smith et va ouvrir de nouvelles voies de recherches économiques. Il est encore étudié dans le monde entier en Economie et même dans d’autres domaines, une des ses œuvres les plus connue est sans doute ses Principles of Political Economy and Taxation de 1817, il va écrire aussi sur les Corn Laws, sur la monnaie avec Proposals for an economical and secure currency, with observations on the profits of the Bank of England (1816), sur la banque d’Angleterre avec Plan d’une banque nationale, etc…

David Ricardo 1772-1823

David Ricardo 1772-1823

Version Traduite par l’université du Quebec à Montréal : 

Des Principes de l’économie politique et de l’impôt – D.Ricardo

 

Pour cet article j’ai utilisé la version traduite de l’anglais par Francisco Solano Constancio avec les notes  de J.B Say de 1819

Contexte historique

L’époque durant laquelle Ricardo a vécu est une période relativement calme en Angleterre mais en revanche ce fut un véritable feux d’artifice de nouvelles idées et de découvertes scientifiques qui débuta vers la seconde moitié du 17ème siècle et qui préfigurera la Révolution “industrieuse”. En France en revanche  l’instabilité politique était pesante; les révoltes étaient de plus en plus nombreuses. C’est par ailleur l’époque où naît l’économie politique

Sa Vie : Entre milieu financier et Recherche 

ses matinées appartiennent aux affaires, ses soirées à l’étude.” Gustave du Puynode dans Etude sur les principaux économistes

Il grandit dans une famille aisée de financiers juifs, il suit les pas de son père très jeune car il va apprendre le fonctionnement du marché financier à la bourse de Londres à l’âge de 14 ans seulement. Son paternel faisait partit de l’un des 12 broker juif de la City à Londres et ce dernier lui confia un post d’agent de change. Par la suite il quitta son père et créa son propre bureau de change avec l’aide d’amis, il investit dans les actions de la compagnie britannique des Indes Orientales dont les rendements le firent devenir riche.

Son intérêt pour les questions financières et économiques sont issus de ses recherches sur Adam Smith, il écrit son premier article qui sera publié dans Morning Chronicle en septembre 1809 puis suivirent d’autres publications. Il ne cacha pas son désir de rejoindre le parlement comme l’atteste la citation ci-dessous datant de 1818 cependant il est très occupé par le business. 

If I could, without much trouble, get into the new Parliament I would. I should neither be Whig nor Tory but should be anxiously desirous of promoting every measure which could give us a chance of good government. This I think [will] never be obtained without a reform in Parliament.

L’indépendance, première condition de l’honnêteté à ses yeux, lui paraissait fort justement aussi nécessaire à l’égard des hommes politiques ou des masses populaires que vis-à-vis du pouvoir.

Il entretient une correspondance avec Jeremy Bentham, Thomas Malthus et Jean-Baptiste Say, sur des sujets tels que le rôle des propriétaires terriens dans la société, mais aussi avec James Mill l’un de ses meilleurs amis. Il fréquente les milieux intellectuels londoniens, et devient membre du Club d’économie politique de Malthus (Malthus’ Political Economy Club), il a beaucoup influencé le Poor Law committee qu’il intègre le 25 mars 1819.

Il va prôner le libre échange

Biography D.Ricardo – History of parliament

 

De l’avantage Absolu de Smith à l’avantage Comparatif de Ricardo

Adam Smith écrit en 1776  Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, c’est dans ce livre qu’apparaît  la  première représentation du mécanisme du gain à l’échange à travers le principe des avantages absolus

Avantages absolus : Chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production du bien pour lequel il est le plus efficace

Cet avantage peut provenir des conditions naturelles (produit agricole ou minier disponible et d’exploitation aisée), de coûts de production faibles (salaires, prix des matières premières), de facteurs de production à forte productivité (main d’œuvre qualifiée, avantage technologique).

Exemple 

Production par tête et par mois ( en unité de biens )

BienUnion Européenne Chine
voiture137
serviette 60120

Ici la Chine a un avantage absolu dans la production de serviette, et l’UE a un avantage absolu dans la production de voiture, donc la chine se spécialise dans la production de serviette et l’UE dans la production de voiture.

2 possibilités en fonction de la politique extérieur du pays concerné : Ouverture (commerce ouvert vers l’extérieur)   ou Autarcie ( commerce  quasi-exclusivement intérieur )

  • Ouverture : La production mondiale des 2 biens augmente si on suis le principe des avantages absolus
  • Autarcie : Réallocation de travailleurs vers d’autres secteurs intérieurs

En Autarcie :

Production en Autarcie par mois

bien Union Européenne Chine Monde
Voiture13720
serviette60120180

En Ouverture après spécialisation (géographique):

Production en Ouverture par mois

bien Union EuropenneChineMonde
voiture 26026
serviette0240240

On a ici  une augmentation globale de la production des 2 biens due à la spécialisation.

Cela veux dire en fait qu’il y a un avantage de production d’un bien dans un pays au départ qui peut être renforcé par la spécialisation et par l’ouverture commerciale et ce surplus de production va permettre au pays de l’échanger contre des produits dans lequel il n’a pas d’avantage absolu.

Mais Smith partait du principe qu’il existait au moins un bien dans lequel le pays avait un avantage absolu, il ne s’est pas posé la question de ce qu’il advient si un pays n’a pas d’avantage absolu par rapport à un autre pays.

Il est possible que certains pays n’aient pas d’avantage absolu, que faire dans ce cas ? , ces pays vont ils se rabattre sur l’Autarcie ? 

C’est la théorie  des avantages comparatifs de David Ricardo qui permet de répondre à cette question

Cette Théorie est présente dans le livre Des principes de l’économie politique et de l’impôt qui est considéré comme le premier ouvrage scientifique sur l’économie internationale.

En suivant le principe des avantages comparatifs un pays a toujours intérêt à participer au commerce avec l’étranger même s’il est désavantagé dans la production de tous les biens qu’il produit.

1) Plus de possibilité de consommation et accumulation de capitaux 

C’est pourquoi le commerce étranger, très-avantageux pour un pays, puisqu’il augmente le nombre et la variété des objets auxquels on peut employer son revenu, et qu’en répandant avec abondance les denrées à bon marché, il encourage les économies et favorise l’accumulation des capitaux, ce commerce, dis- je, ne tend nullement à accroître les profits du capital, à moins que les articles importés ne soient de la nature de ceux que l’ouvrier consomme.

2) Le libre échange conduit au bien être de La société 

Dans un système d’entière liberté de commerce, chaque pays consacre son capital et son industrie à tel emploi qui lui parait le plus utile. Les vues de l’intérêt individuel s’accordent parfaitement avec le bien universel de toute la société. C’est ainsi qu’en encourageant l’industrie, en récompensant le talent, et en tirant tout le parti possible des bienfaits de la nature, on parvient à une meilleure distribution et à plus d’économie dans le travail. En même temps l’accroissement de la masse générale des produits répand partout le bien-être; l’échange lie entre elles toutes les nations du monde civilisé par les nœuds communs de l’intérêt, par des relations amicales, et en fait une seule et grande société.

 

Mise en perspective de la théorie des Avantages comparatifs grâce à l’exemple de Ricardo sur le vin du Portugal et les draps d’Angleterre

En situation d’autarcie le Portugal produit avec le capital dont il dispose le vin et les draps, cependant les draps seront produits en quantité et qualité inférieure par rapport à d’autres pays.

Nombre de travailleurs par unité de bien produite ( sur un an ) en Autarcie

bien Angleterre Portugal besoin en main d'oeuvre totale par bien
drap 10090190
vin 12080200
besoin en main d'oeuvre totale par pays 220170390

En situation d’échange

Nombre de travailleurs par unité de bien produite ( sur un an ) en Ouverture

Bien Angleterre Portugal besoin en main totale d'oeuvre par bien
Drap (X mètres) 2000200
Vin (Y litres) 0160160
besoin en main d'oeuvre totale par pays 200160360 < 390
  • L’Angleterre gagnerait donc à exporter du drap en échange pour du vin.
  • Le Portugal gagnerait donc à exporter du vin en échange pour du drap.

On voit qu’ici on est dans le cas où il n’y a pas d’avantage absolu pour l’Angleterre car il faut plus de travailleur pour produire 1 unité de drap et de vin par rapport au Portugal. Et inversement pour le Portugal.

 

  1. On choisit les productivités comparées les plus élevées 
  2. ou bien on choisit les coûts d’opportunités les plus faibles (On se pose la question de combien de draps sont produits avec les ressources utilisées pour produire du vin par pays, puis on les compare et on prends le coût d’opportunité le plus faible car on perd potentiellement moins de drap en Angleterre qu’au Portugal)

1) Si on compare les productivités on a :

La détermination des avantages comparatifs dépends des productivités comparées 

c’est à dire que nous devons trouver les résultats des rapports entre la quantité produite et le travail mis en oeuvre

X/80  : productivité du Portugal pour le drap

Y/90 : Productivité du Portugal pour le vin

X/100: Productivité de L’Angleterre pour le drap

Y /120 : Productivité de L’Angleterre pour le vin

Tableau récapitulatif :

Productivités des pays pour chaque biens

BienAngleterre Portugal
drap (X mètres)X/100X/90
vin (Y litres) Y/120Y/80

 

Pour l’Angleterre :   

Pour le drap

Pour le drap

pour le vin

pour le vin

On constate que la productivité comparée pour le Drap de l’Angleterre par rapport au Portugal est supérieure à la productivité comparée pour le Vin de l’Angleterre par rapport au Portugal, ainsi l’Angleterre va se spécialiser dans la production de drap car il a un moindre désavantage pour ce bien et donc un avantage comparatif.

Pour le Portugal :

pour le drap

pour le drap

pour le vin

pour le vin

Ainsi le Portugal se spécialisera dans le vin car il a un avantage comparatif 

2) Si on compare les coûts d’opportunités par pays :

Coûts d'opportunités des draps en terme de vin et couts d'opportunités du vin en terme de draps

biensAngleterrePortugal
drap0.831.125
vin 1.20.88

Traduction :

On peut produire 1.2 quantité de vin avec les ressources utilisées pour produire une unité de drap (en Angleterre)

On peut produire 0.88 quantité de vin avec les ressources utilisées pour produire une unité de drap (au Portugal)

On peut produire 0.83 quantité de drap avec les ressources utilisées pour produire une unité de vin (en Angleterre)

On peut produire 1.125 quantité de drap avec les ressources utilisées pour produire une unité de vin (au Portugal)

Ainsi le coût d’opportunité  le plus faible pour le vin est le Portugal , donc il a un avantage comparatif 

et le coût d’opportunité  le plus faible pour le drap est l’Angleterre donc il y a un avantage comparatif  

 

Si vous constatez des erreurs n’hésitez pas à m’en faire part 

Kevv

Indicateurs Macroéconomiques Importants

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Les indicateurs macroéconomiques permettent d’analyser la conjoncture économique, il s’agit de statistiques sur de nombreux domaines de la vie économique d’un pays (économie,finance,énergie, …), ils permettent d’apprécier les évolutions de croissance de différentes variables de ces domaines (Inflation, emploi, épargne, consommation, activité manufacturière, …).

Il existe différents types d’indicateurs :

  1. les indicateurs avancés ( ce sont des indicateurs qui influent sur d’autres variables futures et qui ont un rôle prévisionnel  ex : indice de confiance des entreprises)
  2. les indicateurs coïncidents ( qui sont les indicateurs les plus récents )
  3. les indicateurs retardés (ils permettent la confirmation de tendances économiques déjà prévues)

Il faut savoir qu’ils sont jugés différemment par les agents économiques.

Sur les marchés financiers, ils sont jugés en fonction de leur conformité par rapport aux prévisions des économistes. Plus ces chiffres seront éloignés des estimations, plus les marchés financiers réagiront fortement après leur publication.

Quels indicateurs pour quels marchés ?

Les indicateurs macroéconomiques  ont une importance différente selon le marché sur lequel on se place.

Sur le marché des changes on s’intéressera plus au indicateurs relatifs au politiques monétaires  (c-a-d les taux d’intérêts de court et long terme), à la balance des paiements des Etats ( Δ entre importations et exportations), au produit intérieur brut (croissance économique ), la dette publique ( capacité de remboursement de la dette de l’État ), les événements géopolitiques (conflits, famines,épidémies …), les statuts des devises ( valeur refuge), l’inflation (baisse du pouvoir d’achat et Δ d’inflations ) etc… (  Voir Analyse économique du marché des changes [Forex] )

 

Les Taux d’intérêts 

Le taux d’intérêt est la rémunération du capital prêté dû par l’emprunteur au prêteur

La fixation des taux : la variation des taux n’est pas seulement due à l’inflation,  mais aussi  à d’autres facteurs, notamment le montant, l’objet et la durée du prêt ; la solvabilité de l’emprunteur ; la sûreté donnée et/ou les autres garanties ou garants disponibles ; la concurrence sur le marché des prêts et les politiques publiques en vigueur.

OCDE (2016), Taux d’intérêt à court terme (indicateur). doi: 10.1787/bd45925f-fr (Consulté le 11 février 2016)

OCDE (2016), Taux d’intérêt à long terme (indicateur). doi: 10.1787/4e01728c-fr (Consulté le 11 février 2016)

Le chômage 

Le  taux de chômage Harmonisé (HUR)

Il permet de comparer les taux de chômage entre eux, en effet il est très difficile de pouvoir comparer les taux de chômage des pays calculés par les pays eux-mêmes car les méthodes sont différentes et, parfois même, les agences nationales trouvent des résultats significativement différents ( en France: INSEE et pôle emploi), c’est pour cette raison que l’indicateur du taux de chômage harmonisé (HUR) OCDE est pertinent. Aujourd’hui l’Insee publie aussi des taux de chômage harmonisés au sens de l’ILO (International labour office).

OCDE (2016), Taux de chômage harmonisés (HUR) (indicateur). doi: 10.1787/de6758ad-fr (Consulté le 11 février 2016)

L’inflation 

L’inflation a pour instrument de calcul l’indice des prix à la consommation (IPC), ce dernier est calculé à partir d’un panier de biens représentatifs pondérés par leur poids dans la consommation.

OCDE (2016), Inflation (IPC) (indicateur). doi: 10.1787/29ad7eaf-fr (Consulté le 11 février 2016)

La croissance économique

Le Produit Intérieur Brut

Considéré comme l’indicateur de base de la croissance économique, il permet de calculer la richesse produite par un pays on peux distinguer PIB marchand c’est à dire la somme des valeurs ajoutées des biens et services produits par les entreprises et le PIB non marchand produit en général par les APU (administrations publiques ).

 

OCDE (2016), PIB trimestriel (indicateur). doi: 10.1787/ff610417-fr (Consulté le 11 février 2016)

L’Energie

Le prix du pétrole ( WTI(US), Brent (UK))

Le WTI ( West Texas Intermediate ) est un type de pétrole qui est coté sur le New York Mercantile Exchange (ce dernier appartenant au Chicago Mercantile Exchange [CME] ) il est légèrement différent du pétrole de la Mer du Nord (BRENT).Cette indicateur est à surveiller attentivement, en effet l’histoire économique a vu nombre de chocs économiques causés par les fluctuations du prix du pétrole (1973, 1979 2015 ?), un prix trop bas peut engendrer des déficits publiques dans les pays qui ont une économie basée sur la rente du pétrole et causer de sérieux problèmes financiers dans l’industrie pétrolière. Un pétrole bas peut cependant avoir un effet positif pour le consommateur et pour les industries utilisant beaucoup de pétrole du fait des synergies opérées.


pour agrandir: cliquer en haut à droite

Les créations d’entreprises 

Le nombre de création d’entreprise dans un pays est primordial car les nouvelles entreprises sont censés amener de l’emploi sur le long terme et donc réduire le taux de chômage. C’est aussi un signe de la capacité du pays à pouvoir faire émerger de nouvelles idées et de l’innovation.

Bases de données INSEE

 

KEVV

Les Faits Stylisés de Nicholas Kaldor

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Nicholas Kaldor (1908-1986)

Nicholas Kaldor est un économiste britannique originaire de Budapest en Hongrie où il y est né le 12 mai 1908 , il fait des études d’Economie à l’Université de Berlin. Puis il part en 1927 en Angleterre à la London School of Economics où il y resta quelques années. Il y suivit les cours d’Allyn Abbot Young (célèbre économiste Américain et de Lionel Robbins économiste néoclassique britannique ). Il y côtoya, en particulier, Maurice Allen et John Hicks. Par la suite il enseigna en tant qu’assistant à la London School jusqu’en 1947. Il épouse Clarisse Elisabeth Goldschmidt en 1934 et furent contraint de partir de Londres à cause de la guerre, il rejoignirent alors Cambridge. Entre 1943 et 1945 il travaille pour l’Institut National de Recherche Economique et Social puis durant deux ans à Genève au sein de la Commission Économique pour l’Europe, il fut nommé fellow (confrère) puis professeur d’économie  au King’s College à Cambridge en 1966. Il mourut à Cambridge en 1986.

Kaldor conseilla de nombreuses institutions sur la conduite de leur politique économique. Il fut conseiller spécial du Chancelier de l’échiquier de 1964 à 1968 puis de 1974 à 1976. Ses travaux ont couverts la Croissance, les taxations, la reconstruction d’après guerre, le Monétarisme et la théorie de l’Équilibre.

National Archives gov.UK

 

Les Faits Stylisés de Nicholas Kaldor (1961)

Dans les premières lignes de son papier Kaldor rappelle les objectifs des modèles économiques qui ont pour fonction première de pouvoir expliquer (de manière simplifiée ) les caractéristiques d’un processus économique tel qu’il apparaît dans la réalité selon un certain niveau d’abstraction.

The theorist, in my view, should be free to start off with a “stylized” view of the facts

Il entend part là se concentrer sur des grandes tendances en se séparant des détails microéconomiques et en utilisant la méthode du “comme si” et donc de construire des hypothèses qui ne contredisent pas les faits stylisés.

Dans le cadre de la Croissance économique des sociétés capitalistes Kaldor propose 6 faits stylisés :

(1)  La production par tête (productivité) croît à un taux relativement constant 

(2) Le capital physique par tête croît continuellement avec le temps

(3) Le taux de rendement du capital est approximativement constant

(4) Le ratio capital – produit est également constant ( pour l’économie dans son ensemble le revenu et le capital ont tendance à croître au même taux)

(5) Les parts respectives du travail et du capital physique dans le revenu national sont constantes

(6) Le taux de croissance de la production par tête est très différente d’un pays à l’autre   ( l’échelle de variation dans les économies à croissance rapide se situe entre 2 et 5 %)

None of this “facts” can be plausibly “explained” by the theoretical constructions of  neo-classical theory

 

A présent il va tenter d’élaborer un modèle de la distribution des revenus et de l’accumulation du capital capable d’expliquer ces 6 faits stylisés et comme il le dit lui même son approche se lie plus à celles de Ricardo de Marx ou de Von Neumann que de celle de Wicksell  de Bohm Bawerk ou des modèles basés sur la fonction de production de Cobb Douglas mais en utilisant les préceptes de Keynes et en prenant pour point de départ l’équation de Harrod et Domar.

Capital Accumulation and Economic Growth .Pdf

 

Mise en perspectives des faits stylisés  de Kaldor d’après les recherches de Maddison (1991)

Angus Maddison (1926-2010) a été et est toujours aujourd’hui l’un des historiens économiques le plus influent du monde, économiste à l’OCDE il a mis ses compétences de statisticien au service de la recherche économique dans les domaines de la croissance et du développement, il a constitué une immense base de données.

(1)

Tableau 1

Le produit national brut par tête, 1820-1989 [ US$ constant base 1985]

 18201989Facteur de croissance (X)Taux de croissance annuel moyen (en %)
Etats Unis 104818317x 17.51.7%
Allemagne de l'Ouest 93713989x 14.91.6%
France 105213837x 13.21.5%
Japon 58815101x 25.71.9%
Royaume Uni 140513468x 9.61.3%
Italie96012955x 13.51.6%
Australie124213584x 10.91.4%
Source : Maddison [1991]

 

La  croissance du revenu par tête est notable, elle a été multipliée en moyenne par un facteur 15  sur 169 années  et cette augmentation s’est réalisée bien que la population croissait elle aussi de manière significative, si on analyse bien le Tableau 1 on se rend compte que les Etats-Unis, l’Allemagne et le Japon ont dépassé la France et la Grande-Bretagne, qui étaient en avance en 1820 c’est un phénomène de rattrapage.

Tableau 2

La population entre 1820 et 1989 ( en milliers d'habitants)

 18201989Facteur de croissance Taux de croissance moyen de la population par an (en%)
Etats-Unis 961824877725.91.9%
Allemagne de l'Ouest 24905619902.50.5%
France30698561601.80.35%
Japon310001231163.90.8%
Royaume Uni21240572022.70.6%
Italie 190005752530.65%
Source : Maddison [1991]

 

En 169 ans la population française a été multipliée par 1.8 ce qui est relativement peu lorsque l’on compare à la population des Etats Unis qui a été multiplié par 25.9 sur la même période.

lut

La relation croissante quasi-linéaire entre le PIB réel par tête et le temps pré-détermine un taux de croissance constant positif.

(2)

Le stock de capital physique mesure la somme des équipements productifs  disponible à un moment t ,

Le stock est différent du flux (entre deux temps donné) il est calculé à une instant donné, l’analogie que l’on prend souvent en Economie est la différence entre la dette (stock ) et le déficit ( flux )

Tableau 3

Capital productif par tête (dollars au prix américains de 1985 )

 189019501987
Etats Unis 164024811885023
France ND1480080604
Japon 1454660978681
Allemagne de l'Ouest96111629189154
Royaume Uni76341392358139
Maddison [1991]

Le stock de capital par tête est croissant.

 

(3)

Le rendement est la rémunération par unité de capital nette de la dépréciation

Thomas Piketty (économiste français) a recalculé le taux de rendement du capital de l’Antiquité jusqu’en 2012 et l’a extrapolé jusqu’en 2100

kyrs

Le rendement du capital historique  mondial est stable au alentour de 4.5 % , 5% et le taux de rendement est presque constant sur plus de 2000 ans ce qui valide le troisième fait kaldorien.

(4)

Ratio Capital-Produit (Capital-output ratio)azr

Le ratio Capital-Ratio reste compris entre 1% et 2.5% sur la période on constate même une légère convergence des ratios.

(6)

Tableau 4

Taux de croissance annuel moyen (TCAM) par périodes du PNB réel par tête en (%)

 1820-18701870-19131913-19501950-19731973-1987
Etats Unis 1.51.81.62.21.6
Allemagne de l'Ouest 0.71.60.74.92.1
France 0.81.31.141.8
Japon 0.11.40.983.1
Italie 0.41.30.852.6
Royaume Uni 1.210.82.51.8
Source : Maddison [1991]

De forte différences dans les sous-périodes sont identifiables et notamment des TCAM du PNB réel très élevés sur la période 1950-1973; il s’agit de la période des Trente Glorieuses  caractérisée par :

  1. La Reconstruction dans les pays dévastés par la guerre ( sauf les Etats Unis )
  2. Une croissance démographique importante qui va augmenter la consommation
  3. Un retour au plein emploi

puis la période suivante [1973-1987] voit des TCAM chuter fortement de plusieurs points .La période qui a débuté en 1973 par les chocs petroliers est en fait un retour à la normale, un retour à la croissance séculaire des pays industrialisés.

Les faits stylisés de Kaldor n’expliquent pas les causes intrinsèques des évolutions de croissance, mais ils ont permis aux économistes d’identifier de grandes tendances dans l’histoire économique qui constituent des pistes de recherches à la compréhension de la croissance économique.

On peut ajouter une critique aux faits stylisés qui est de dire que le choix de ces mêmes faits est totalement subjectif et est laisser au libre jugement du théoricien et donc il y a possibilité d’omission de faits pertinents.

Quelques liens pour aller plus loin :

Maddison project database

 

The World Economy OCDE Maddison

 

Notes on Kaldor’s facts – De Xing

 

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