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Catégorie : Finance

George Soros a t-il touché le jackpot avec le Brexit ?

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George Soros et le Soros Fund Management 

George Soros est né à Budapest le 12 août 1930, il grandit dans un famille juive hongroise puis émigre au Royaume-Uni en 1947 où il entreprend des études d’économie à la London School of Economics. Il obtient un bachelor of science en 1951 et un PhD en 1954 en philosophie et commence à travailler, la même année, dans une petite maison de courtage de la City londonienne fondée par deux associés hongrois.Il crée en 1969 son premier propre fonds offshore dans les Antilles à Curaçao le fonds Quantum Fund of Funds. Il gère son fonds depuis New York avec sa société de gestion le Soros Fund Management LLC. Il investit dans son fonds ses propres économies en plus de l’argent de ses premiers investisseurs qui sont principalement la Banque Rothschild Paris et Heldring & Pierson. Il est connu comme un des plus grands spéculateurs sur devises de la planète.

Le coup de génie de 1992 : Black Wednesday 

En 1992 Soros prédit l’effondrement du Système monétaire Européen et spécule sur l’effondrement de la livre Sterling. Le 15 août 1971, la convertibilité du dollar en or fut suspendue par le président américain Nixon ce qui marqua la fin du système de Breton Woods et la généralisation des changes flottants en 1973, les pays qui constituaient la Communauté Economique Européenne ( créée en 1957 avec le traité de Rome) ont essayé de construire un système monétaire dans lequel les devises européennes pouvaient fluctuer à l’intérieure d’une marge contrôlée de fluctuation: Le Serpent Monétaire Européen. Les banques centrales devaient maintenir leur monnaie dans un tunnel de variation de + ou -2.25% autour de leur parité bilatérale et garantir la stabilité des monnaies. Le mécanisme durera jusqu’en mars 1978, après cette date une série de négociations visent à mettre en place le SME ( Système monétaire Européen), dés 1979 les marges de fluctuations d’abord proches de celle du serpent deviennent plus flexibles et un contrôle des monnaies par rapport à l’ECU ( la monnaie fictive européenne) est mis en place, des dévaluations périodiques sont aussi accordées. A cette époque c’est la crise en Angleterre, cette dernière n’adhère pas au mécanisme de change du SME lors de sa création, mais en octobre 1990 Margareth Thatcher prend la décision d’entrer dans le mécanisme de change du SME malgré une inflation forte ( 3 fois celle de l’Allemagne) et des taux d’intérêts élevés en indexant le pound à 2.95 Deutsche Mark. De l’autre coté de la manche la réunification Allemande génère un choc monétaire sans précédent et les transferts de l’ouest vers l’est avoisine les 139 milliards de Marks en 1991, ce qui représente pratiquement la moitié de l’épargne privée de l’ouest à cette période. Ce qui a pour effet une forte augmentation de l’inflation en Allemagne ; en guise de contre attaque la bundesbank décide de resserrer drastiquement la politique monétaire et donc d’augmenter les taux d’intérêts. Le premier pays à en faire les frais est l’Italie, la lira est dévaluée de 4%. Les cambistes craignent le même scénario pour l’Angleterre car il ne voient pas la pays augmenter ses taux d’intérêts pour suivre les allemands et réduire l’écart de taux, ils vendent donc de la Livre Sterling  pour acheter du Deutsche Mark du fait des taux plus élevés en Allemagne. Ceci causa de nombreux stress sur les monnaies du SME.

Plus d’infos sur le SME et les mécanismes de changes sur : http://www.captaineconomics.fr/-le-serpent-monetaire-europeen-et-le-systeme-monetaire-europeen

Le différentiel de taux entre UK et Germany était très important et les investisseurs pressentaient un réajustement.

rates 1992

Le 23 février de la même année le traité de Maastricht est signé, il prévoit plus de coopération entre les pays Européens et une monnaie unique (euro), mais quelques mois plus tard le rejet par le Danemark, par référendum, du Traité portant sur la création de l’Union Économique et Monétaire( UEM ) inquiète les marchés financiers ( il sera finalement refait puis adopté en 1993). La campagne pour le référendum français sur le même sujet aggrave les incertitudes sur le devenir du projet de monnaie unique…

Les monnaies étaient donc mises sous pressions et sur-évalués par rapport au Deutsche Mark. Les spéculateurs se sont alors interrogés jusqu’à quand pouvait tenir le système en place.

Le 15 septembre 1992 George Soros décide d’entrer en action en vendant à découvert 10 milliards de livre sterling, comptant les acheter plus tard à un prix bien moindre: c’est un pari risqué à la baisse. Le lendemain la livre chute lourdement à l’ouverture, s’en suit une phase de fluctuations du taux de change qui devient incontrôlable, le pound subit « l’effet domino » et se dévalue de plus de 30% en 5 mois.

En « shortant  » la livre sterling,  Soros réalise un profit de 1 milliard £. La Bank of England perd la moitié de son stock, soit 19 milliard de dollars. Quelques jours plus tard l’Angleterre sort du SME tout comme l’Italie, l’Espagne quant-a-elle dévalue sa monnaie de 5%.

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Crisis of ERM ( 1992-1993) – Princeton University

 

Remake pour le Brexit ? 

Et bien non ! Soros n’a pas « shorté » ses positions en vue d’une dévaluation suite au référendum sur la sortie de la grande Bretagne de l’Union Européenne, en effet il n’a pas répété l’exploit de 1992 et a choisit de maintenir une stratégie « long »c’est à dire un status quo sur la paire GBP/USD et donc de ne pas parier contre une baisse de la livre sterling. Cette décision paraît surprenante au vue des déclarations que le milliardaire avait pu faire quelques jours avant le scrutin arguant que la livre pouvait chuter de plus de 20% par rapport au dollar et que les investisseurs sous-estimaient fortement l’impact de ce choc politique, Soros s’était aussi montré en faveur d’une sortie du royaume Uni de l’UE. Mais l’aversion au risque venait sans doute des bookmakers, des analystes et de leurs prévisions d’une victoire éclatante du « Oui ».

Now the catastrophic scenario that many feared has materialized, making the disintegration of the EU practically irreversible,” Soros wrote in a June 25 essay reflecting on the U.K. vote for Project Syndicate. “The consequences for the real economy will be comparable only to the financial crisis of 2007-2008. – Bloomberg 

Soros avait également mentionné que l’impact serait plus important à court et moyen terme pour les citoyens britanniques et leur économie.

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Mais d’autres investissements importants liés au Brexit 

C’est sur le German 30 index (DAX) que G.Soros a réalisé de nombreux profits qui excédent sans aucun doute une dizaine de millions d’euros en pariant sur une chute du cours de l’action de la Deutsche Bank, le pari contre le plus grand établissement allemand était toutefois osé si l’on regarde les positions des politiques qui n’affichaient aucune inquiétude et qui rejetaient l’interrogation sur les banques du Sud de l’Europe en Italie ou en Espagne. Soros Fund Management LLC a accepté une position de vente d’un montant de 0,51 % du capital-actions de la banque le 27/06 et de 0.46% le 28/06. Le fonds a emprunté environ sept millions d’actions d’une valeur de 100 millions d’euros et les a revendues pour un gain de plusieurs millions. Il faut dire que le Brexit ajoute peut être un choc de trop pour la banque allemande déjà dans la tourmente. On savait les difficultés que la banque allemande subissait depuis des années avec les affaires en tout genre libor, pénalités et sauvetage indirecte par les états membres de la zone Euro car la banque possédait beaucoup de dette grecque et irlandaise, mais c’est  plus particulièrement depuis février, que cette dernière faisait face à des replis historiques, le CDS affichait en outre un risque de 20% de faillite dans les 5 ans, le 27/06 le cours de l’action a touché encore une fois un plus bas historique à 12.07 euros. Et dire que 2 ans plus tôt seulement le cours de l’action cotait au dessus de 20 euros l’action allant jusqu’à 37 euros en janvier 2014. Du plus bas de 2015 l’action a perdu 52% de sa valeur par rapport au cours actuel de 12.58 euros l’action.

Un cours qui pourrait continuer à dégringoler en raison des incertitudes sur les futurs négociations avec la Grande Bretagne…

DBK

Cours de la Deutsche Bank 22/06 au 28/06

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Le Dax est malmené depuis 2015 va t’il faire de la résistance autour des  9100 , 8700 ou 8600 voir plus bas si cassure ? C’est la question on a tout de même un tendance baissière qui se profil sur plusieurs mois.

dax

 


http://priceonomics.com/the-trade-of-the-century-when-george-soros-broke/

http://www.latribune.fr/bourse/devises-forex/20130718trib000776400/soros-lhomme-qui-fit-sauter-la-banque-dangleterre.html

http://www.bloomberg.com/news/articles/2016-06-27/soros-was-long-the-pound-before-brexit-vote-says-spokesman

http://www.irishtimes.com/business/markets/george-soros-was-long-on-sterling-before-vote-1.2701552

http://www.sueddeutsche.de/wirtschaft/nach-brexit-referendum-george-soros-wettet-millionen-gegen-die-deutsche-bank-und-gewinnt-1.3054771

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/de-quoi-la-deutsche-bank-est-elle-le-nom-550364.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Soros

http://www.nytimes.com/1993/10/17/magazine/blaming-the-bundesbank.html?pagewanted=all

KEVV

Prix du meilleur article financier 2016

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Ce jeudi soir dans la salle de conférence de la Banque de France se déroulait  la cérémonie de remise des prix du Meilleur article financier  2016, un prix organisé par l’Ajev et Lire l’Economie en partenariat avec la Banque de France qui récompense le fruit du travail des journalistes qui œuvrent à la vulgarisation de l’économie  et qui comme le souligne le gouverneur de la banque de France Francois Villeroy de Galhau rend compréhensible à ses lecteurs des termes économiques complexes tel que Fintech, LBO ou bien « taux d’intérêts négatifs ».

Pour cette édition 2016 le choix du jury n’a pas été évident, dans la catégorie « jeunes journalistes » c’est Jérémy Perraud, ancien journaliste au Progrès et actuellement journaliste au Dauphiné Libéré qui est l’heureux lauréat. Dans la catégorie « journalistes confirmés  » c’est Philippe Escande éditorialiste au Monde Economie et Entreprise, il dirige le supplément économique du journal le Monde.

Au départ 27  journalistes chez les jeunes et 21 chez les confirmés ont proposés leurs travaux, la sélection n’a retenu que 3 candidats dans chaque catégorie dont Marie Dancer journaliste à La croix en charge des questions économiques et sociales de l’Union Européenne, à ses cotés Clément Lacombe journaliste économique au journal le Point et Jérémy Perraud. Chez les journalistes confirmés les finalistes étaient Eric Albert journaliste basé à Londres correspondant pour le Monde, Martine Orange journaliste à Médiapart et Philippe Escande.

Au Mount Washington Hotel, les fantômes de Bretton Woods – Philippe Escande

L’article fait partie d’une  grande série consacrée aux hôtels qui ont changé le monde, Philippe Escande s’est intéressé au Mount Washignton Hôtel, un lieu chargé d’histoire. Entre tourisme et histoire économique il nous raconte l’histoire de la conférence de Bretton Woods, une des conférences économiques les plus importantes  puisqu’elle a réuni pendant trois semaines plus de 700 délégués de 44 pays alliés dans le but de redessiner les contours de la finance internationale contemporaine, elle a notamment conduit à la création de la Banque Mondiale et du Fond Monétaire Internationale.

[…] Et enfin évidemment, les fameux accords de Bretton Woods qui ont consacré le roi dollar et l’hégémonie économique américaine sur le reste du monde. Trois semaines étourdissantes, dominées par la figure du plus célèbre économiste du XXe siècle, le Britannique John Maynard Keynes.

Au travers d’anecdotes passionnantes que le jury n’a pas manqué de souligner, comme par exemple l’idée de création du Bancor une monnaie internationale ;

Un dimanche de décembre 1941, Henry Morgenthau, le secrétaire au Trésor du président Roosevelt, appelle son adjoint White pour lui raconter son rêve de la nuit : après la guerre, le monde se dote d’une monnaie internationale et d’un fonds pour la gérer. Il charge White d’étudier la faisabilité d’une telle utopie. L’économiste se met au travail et croise la route de
Keynes qui, dans le même temps, invente l’idée d’une monnaie mondiale, le Bancor.

Ou bien celle où le directeur de l’hôtel ne résiste pas à la pression de recevoir autant de gens et qui plus est des diplomates et délégués d’Etats ;

Le stress est si intense que le directeur de l’hôtel entre en dépression et s’enferme dans un placard avec des bouteilles d’alcool. Un fonctionnaire est appelé pour le remplacer d’urgence

De plus Philippe Escande a rendu l’article pédagogique en expliquant les tenants et aboutissants de la confrontation entre Keynes et White ,et en résumant succinctement les idées keynésiennes. Tout cela dans un style fluide et simple caractéristique des grands reporters.

 

 

Bel Maille : les dessous d’une liquidation bien préparée – Jérémy Perraud

Pour le prix du meilleur article dans la catégorie « jeunes journalistes » Jérémy Perraud avoue être surpris de la décision du jury car il considérait son travail de moins bonne qualité que ses camarades nominés mais son article est un travail quasi parfait pour un jeune journaliste qui a tout dû apprendre sur le tas, il lâche d’ailleurs qu’il ne connaissait pas le fonctionnement d’un Laverage Buy Out  et que la motivation d’en savoir plus le démangeait.

Son article  s’inscrit dans un journalisme d’enquête,  cette enquête il a eu le temps de la mûrir puisqu’il explique que ce travail a été réalisé sur 3 semaines dans le cadre d’un projet d’enquête pour sa formation à l’Ecole Supérieure de Journalisme Professionnel.

On y découvre la décente aux enfers de la société Bel Maille une entreprise de tissage  installée à Riorges, Jérémy Perraud pose la question de la stratégie du repreneur Jean Ziegler, serait-ce un parent de Gordon Gecko ? Deux reprises à son actif et deux liquidations … Affaire à suivre.

http://www.leprogres.fr/loire/2015/11/05/bel-maille-les-dessous-d-une-liquidation-bien-preparee

 

KEVV , compte rendu de la remise des prix à la Banque de France 12/05/2016

Zero Hedge Vs Bloomberg

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Vous connaissez peut être le site Zero Hedge aux millions de visiteurs par mois et son fil twitter aux 325 000 abonnés, ce site a fait beaucoup couler d’encre dans le monde entier et surtout dans le milieu financier pour leur révélations confidentielles sur Goldman Sachs et notamment l’article The Incredibly Shrinking Market Liquidity, Or The Upcoming Black Swan Of Black Swans ou plus récemment sur le High frequency trading « Project Omega » – Why HFTs Never Lose Money: The Criminal Fraud Explained, les publications qui ont débuté en janvier 2009 sont toutes signées Tyler Durden le personnage principal du film Fight Club incarné par Brad Pitt, elles traitent essentiellement d’informations sur la place de Wall Street que les médias mainstream ne diffusent pas ou peu et tout ce qui peut avoir un lien de près ou de loin aux mouvements sur les marchés financiers, le site s’intéresse aussi aux questions économiques de l’emploi, des questions plus géopolitiques autour du Moyen orient et sur des questions de politiques économiques entre autres.

Site Officiel Zero Hedge

 

Qui est (sont) Tyler Durden ?

Sans titre 9

C’est la question que tout le monde se pose, en 2009 déjà un certain Daniel Ivandjiiski fils d’un reporter d’investigation avait fait l’objet d’être le cerveau du projet Zero Hedge, il avait notamment perdu son poste qu’il occupait dans un hedge fund géré par ancien de Goldman quelques semaines après le début des publications.

« Dan Ivandjiiski, who lives on the Upper East Side, lost his job at Wexford Capital, a Connecticut-based hedge fund run by a former Goldman trader  » – The Dow Zero Insurgency , article du New York Magazine 

Dans un article du 21 août 2009 du New York Post on apprend que Ivandjiiski réfute pleinement la création du site mais accorde qu’il est un des nombreux contributeurs du site, la famille Durdens est donc une grande famille bien organisée, on s’en doutait un peu entend donné la masse considérable de publications qui ne peuvent pas être l’objet d’une seule personne.

“He denied that he was a founder. He said he was just a contributor,” Hedge Fund Alert Managing Editor Howard Kapiloff told The Post.

Ivandjiiski told Kapiloff that he’s one of several writers who contributes to the site under the pseudonym “Tyler Durden,” the charismatic, psychopathic alter-ego of the main character in the book and movie “Fight Club. »

Article de Naked Capitalism qui prend appui sur les révélations d’un éditeur faite au New York Post ( Article Blogger may have a past) 

Bloomberg sort du silence le 29 avril 2016

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Les nouvelles révélations de Bloomberg proviennent d’un ancien contributeur Colin Lokey qui a quitté Zero Hedge, on apprend que le groupe était composé de 3 personnes dont Daniel Ivandjiiski (pas une surprise) et un certain Tim Backshall (un stratégiste des crédits dérivés)

Just who is Tyler Durden, anyway?
The answer, it turns out, is three people. Following an acrimonious departure this month, in which two-thirds of the trio traded allegations of hypocrisy and mental instability, Lokey, 32, decided to unmask himself and his fellow Durdens.
Lokey said the other two men are Daniel Ivandjiiski, 37, the Bulgarian-born former analyst long reputed to be behind the site, and Tim Backshall, 45, a well-known credit derivatives strategist. (Bloomberg LP competes with Zero Hedge in providing financial news and information.)

On apprend aussi que ce Colin Lokey est un individu troublé qui a décidé de s’en prendre à Zero Hedge après l’avoir quitté.

“Ultimately we wish Colin all the best, he’s clearly a troubled individual in many ways, and we are frankly disappointed that he’s decided to take his displeasure with the company in such a public manner,” Ivandjiiski said.

Mystère toujours entier autour de Zero Hedge

Zero Hedge discrédite totalement la source de Bloomberg en mettant en évidence (preuves à l’appui) que l’ancien employé  n’est ni plus ni moins qu’un ancien dealer et a de lourds problèmes avec l’alcool, bref une source pas très fiable. et que toutes les informations de l’article sont facilement disponibles sur internet.

De plus l’article de Bloomberg fait mention d’une obsession du profit qui aurait conduit Colin Lokey à partir, et ce, à travers le fait que chaque article était méticuleusement choisit en fonction du trafic web qu’il pouvait occasionné, ce qui remet en cause la substance même de leurs informations. Ce à quoi Zero Hedge répond:

 

Regarding, the actual content of Bloomberg’s platform giving voice to a disturbed individual, former drug dealer and alcoholic, we find it particularly amusing as it « accuse » Zero Hedge of being intent on generating profits.

Coming from Bloomberg we find this not only entertaining but somewhat hypocritical.

Dans le fond Bloomberg est similaire à Zero Hedge, une maximisation des profits comme toute entreprise intégrée dans le système économique actuel, Le financement de Zero Hedge se veut issu de donateurs individuels ou privés et non affiliés à des partis politiques, gouvernements et entreprises privés et inévitablement des revenus des flux internet et de la pub ce qui a toujours été de la sorte.

Une autre attaque concernant les deux prétendus créateurs de Zero Hedge est leur richesse personnelle qui viendrait à discréditer leur ligne éditoriale qui se reconnait anticapitaliste par certains aspects. A cela on pourrait simplement ajouter qu’il est convenu aujourd’hui que les traders gagnent de larges fortunes, or les deux présumés fondateurs ont effectivement été dans le passé des traders aguerris et c’est d’ailleurs parce qu’ils l’ont été qu’ils comprennent le système financier correctement et que l’on dispose en tant que lecteur d’un contenu de qualité, il est donc normal qu’il ai eu à faire à de forts revenus, le plus important reste avant tout  la véracité des articles publiés.Concernant cette ligne éditoriale rien de nouveau  sauf la manière de la présenter par Bloomberg car le manifeste de Zero Hedge est en ligne et disponible. http://www.zerohedge.com/about

 

D’ailleurs on peut se demander si Bloomberg n’est pas après tout un peu rancunier sur la progression fulgurante de Zero Hedge;

trafic Zero Hedge

trafic Zero Hedge

 

Bref les révélations de Bloomberg sont caduques (concernant la ligne éditoriale contraignante ou encore l’obsession du profit), sauf celle où l’on apprend que Tim Backshall quelqu’un d’assez connu dans le milieu financier serait aussi contributeur du site, information non commentée par Tim Backshall, pour le fondateur on ne sait rien de plus mais on  sait que Daniel Ivandjiiski a nié en être le créateur, serait-ce Tim Blackshall ?

KEVV


Références

http://nymag.com/guides/money/2009/59457/index1.html

http://nypost.com/2009/08/21/blogger-may-have-a-past/

http://nymag.com/guides/money/2009/59457/

http://www.bloomberg.com/news/articles/2016-04-29/unmasking-the-men-behind-zero-hedge-wall-street-s-renegade-blog

http://www.nakedcapitalism.com/2009/08/who-is-tyler-durden_21.html

Who Is Tyler Durden of ZeroHedge?

La tulipomania, chroniques de la première crise financière

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Dans les grandes plaines des Pays bas se cultive depuis plusieurs siècles une plante à bulbe dont les fleurs aux couleurs resplendissantes en ont émerveillé plus d’un, ce fut le cas de Suleiman le Magnifique, grand monarque de l’Empire Ottoman du 15 ème siècle qui en tomba amoureux. Cette « herbe » que l’on appelle tulipe (tülbend en Turc) provient des hautes plaines d’Asie Centrale où sont concentrées à l’heure actuelle la moitié des variétés mondiales. Leur introduction en Hollande remonte au 16 ème siècle. D’après le musée de la tulipe à Amsterdam il s’agirait d’un botaniste nommé Carolus Clusius qui aurai ramené au pays Bas quelques bulbes gracieusement donné par son camarade De Busbecq qui travaillait à la court de l’empereur Ottoman, c’est ainsi qu’entra la tulipe aux Pays Bas et que le commerce commença.

 

 

Vers le début du 17ème siècle une frénésie oniomanique pour la Tulipe s’empara des hollandais, elle débuta vers la fin 1635 avec une augmentation conséquente du prix des tulipes et s’acheva par un crack en 1637. A cette époque la Hollande ( provinces Unis ) était considérée comme la plaque tournante du commerce mondiale et était par conséquent très riche.

En 1631, près des cinq sixièmes des trois cents personnages les plus riches d’Amsterdam étaient dans le commerce […] les plus prospères des marchands hollandais étaient, selon les critères du temps, incroyablement riches -Mike Dash

Le commerce des tulipes était à la base un commerce de luxe dont les spécimen les plus rares étaient réservés aux riches marchands hollandais. Pour rendre plus efficient le marché qui avait prit de l’ampleur, les fleuristes et horticulteurs hollandais proposèrent de vendre les tulipes à travers de contrats à terme, c’est à dire que le commerce se réalisait bien que le bulbe était en terre et n’avait pas encore fleurit, le prix était fixé avant la livraison et l’acheteur recevait un « billet » qui correspondait au reçu. Ainsi le marché pouvait être ouvert tout au long d’une année grâce à cette nouvelle possibilité d’achat prématuré (produit dérivé de type option). Et par la suite se forma ce que les économistes appelle un marché secondaire c’est à dire un marché d’occasion où il n’était plus question de savoir qui produisait les bulbes et où,  mais à quel prix ils s’échangeaient et si il était possible de faire une plus value en revendant ses billets. La spéculation financière sur les prix de certains bulbes conduisit le marché de la tulipe en 1637 vers des sommets et on alla même jusqu’à installer des clochettes dans les jardins pour repérer les voleurs …

De 5 200 guilders en 1636, le prix d’un seul bulbe de Semper Augustus passa à 10 000 guilders en janvier 1637 au plus fort de la spéculation, soit l’équivalent de 102 000 euros aujourd’hui – Christian Chavagneux 

L’introduction de garanties dans les contrats fit reculer la date fatidique mais finalement le crack se produisit en février/ mars 1637  de manière rapide avec des décôtent de plus de 98%…

Gouda tulip bulb prices in guilders. In the background- The Viceroy- one of the most expensive specimens depicted in a Dutch catalogue from 1637. A single bulb reached 3.000-4.200 guilders. A yearly salary of a skilled craftsman equalled approximately 300 guilders.

Gouda tulip bulb prices in guilders.
In the background- The Viceroy- one of the most expensive specimens depicted in a Dutch catalogue from 1637.
A single bulb reached 3.000-4.200 guilders.
A yearly salary of a skilled craftsman equalled approximately 300 guilders.

L’effondrement des prix provoqua la faillite de nombreux fleuristes et horticulteurs, cet événement est considéré comme la première bulle spéculative de l’histoire. En janvier 1638 après de nombreuses réclamations, une commission d’arbitrage fut crée pour trouver un terrain d’entente entre offreurs et demandeurs.

Documentaire en Allemand sur la crise des tulipes

 

De nos jours 

Après cette crise majeure le commerce reprit lentement, de nouvelles législations pour réguler le marché furent mises en place. La crise des tulipes à de nombreux point communs avec les autres crises contemporaines elle a mis en perspective le comportement irrationnel des agents économiques et ses effets sur la société dans son ensemble. Presque 4 siècles plus tard,  les Pays bas sont restés le premier producteur et exportateur mondial de tulipes (80%), elles sont échangées au Bloemenveiling Aalsmeer, une grande coopérative de 250 hectares qui regroupe plus de 7500 horticulteurs, c’est le plus grand marché mondial pour les fleurs.

Quelques livres sur le sujet/références: 

Tulipmania: Money, Honor, and Knowledge in the Dutch Golden Age  par Anne Goldgar

Famous First Bubbles: The Fundamentals of Early Manias par Peter M. Garbe

Tulipomania : The Story of the World’s Most Coveted Flower & the Extraordinary Passions It Aroused par Mike Dash

Une brève histoire des crises financières par Christian Chavagneux

Samper Augustus – Olivier Bleys

http://www.amsterdamtulipmuseum.com/

https://www.vastari.com/feature_detail.aspx?id=NCfux2Vdl38=

http://www.histoire.ac-versailles.fr/old/pedagogie/holland/economie-tulipe-fleurs.htm

La Crise de la dette en Argentine

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 Introduction

L’histoire politique, économique et sociale de l’Argentine est extrêmement complexe et variée dans les événements qu’elle a connu. De Hipólito Yrigoyen et la crise des années 30 en passant par, Juan Domingo Perón chef de file du péronisme qui perdurera longtemps, mais aussi, par Videla, instigateur du coup d’État qui fera sombrer le pays dans une dictature sanglante, jusqu’à Carlos Menem, fervent défenseur néolibéral qui trahira ses promesses, ou bien par Kirshner plus récemment, l’Argentine n’a cessée d’être confrontée à des situations politiques ambiguës qui ont porté de nombreux coups d’arrêts au développement (desarollo) économique du pays. Les économistes du monde entier se sont intéressés au cas Argentin, et en particulier sur les questions de l’inflation du début des années 70 jusqu’à la fin des années 90 qui verra grimper son taux à plus de 3000% (hiperinflación de 1989 y 1990), mais aussi sur les dévaluations du peso, sur la balance des paiements, sur la dette externe (deuda externa) et sur les défauts de paiements, sur les nationalisations et privatisations, sur les surévaluations de compagnies argentines concernées par la privatisation, sur les récessions chroniques misent en lumières par l’étude du chômage et des salaires et sur d’autres problèmes économiques.

…nunca se podrá entender completamente cómo un país con tanto potencial ha tenido un pasado tan retorcido.” —DAVIDE G. ERRO
 Resolving the Argentine Paradox

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L’étude se concentrera surtout sur la crise de la dette externe. Cette dernière est directement liée aux autres crises tels que les crises bancaires (crisis bancarias) ou les crises monétaires (crisis cambiarias) et aux effets de l’inflation. Par ailleur il est fondamental de rappeler le contexte politico-social et son impact sur les politiques économiques conduites. Il s’agit donc de mettre en lumière les origines de la dette externe en Argentine de manière chronologique pour apprécier son évolution au cour du temps, il faudra donc faire une distinction entre dette externe et dette interne, et savoir quelles sont les contreparties de cette dette c’est à dire qui sont les préteurs ou créanciers. On verra ensuite quelles sont les événements qui ont mené aux défauts de paiements et comment la dette a été restructurée (changement des termes du contrat de dette soit par refinancement, soit par réduction, soit par rachat contre liquidités). Les documents de bases pour la rédaction de l’article sont les travaux de Norberto Galasso 1 et ceux de Carlos Julia2.

 

La dette externe un grand problème qui affecte l’Argentine depuis 1823

Quelle dette et quels indicateurs ?

L’usage de l’endettement n’est pas nouveau dans l’histoire économique, les monarques et autres gouvernants s’en servaient pour financer leur guerre, mais, une dette est une contrat implicite ou explicite entre le préteur et l’emprunteur, ce dernier a le devoir de rembourser sa dette auprès de son créancier, si il ne le fait pas cela peut conduire à des événements dommageables, comme dans le pire des cas; des guerres, ou bien des ententes mutuelles comme un nouvel accord ou un rallongement des échéances, il est cependant très rare que le créancier annule sa dette car il s’agirait d’une perte ou d’un don selon le contexte (ex : Jacob Fugger 1459-1525 qui finance les guerres de Charles Quint).

De nos jours le mécanisme économique repose sur l’usage de la dette; ménages, Etats, entreprises, tous empruntent, en particulier l’Etat et les autres organismes qui y sont rattachés. Cette dette émise peut être détenue par des résidents ou des non-résidents, dans le deuxième cas on l’appelle la dette externe, elle désigne l’ensemble des dettes qui sont dues par un pays; État, entreprises et ménages compris, à des prêteurs étrangers.

La dette extérieure brute est égale au montant, à une
date donnée, de l’encours des engagements courants
effectifs, non conditionnels, qui comportent l’obligation
pour le débiteur d’effectuer un ou plusieurs paiements
pour rembourser le principal et/ou verser des intérêts,
à un ou plusieurs moments futurs, et qui sont dus à des
non-résidents par des résidents d’une économie

Ci-dessus la définition concernant la dette externe (dette extérieure) du Fond Monétaire International que l’on retrouve dans le Guide (Informations destinées aux statisticiens et aux organismes concernés par la dette extérieure) au chapitre 2.

Le Guide / cadre conceptuel – FMI

Par ailleur il est plus intéressant d’utiliser un indicateur relatif pour pouvoir apprécier la dette externe et la comparer à d’autres pays (même si cela présente quelques insuffisances théoriques). On utilise donc en général non pas la dette en terme de stock même si il est toujours important de la mentionner, mais la dette externe relativement au Produit Intérieur Brut.

El (des) endeudamiento de un país no debe medirse como stock de deuda. El stock es un indicador absoluto que nada dice, si no se compara de manera relativa. El indicador relativo más utilizado para el stock es el de Deuda/PBI aunque también se mide Deuda externa en poder de privados/PBI” Ariel Setton, economista de la Universidad de Buenos Aires (UBA) y miembro del Plan Fénix

On peut utiliser l’indicateur du solde de la balance courante et la position exterieure du pays en question pour apprécier son taux d’ouverture vers l’extérieur.

Quand la dette externe Argentine a t’elle commencée à se former ?

Au sortir des différentes guerres pour l’indépendance de l’Argentine, les finances publiques du gouvernement provincial de Buenos Aires étaient pratiquement épuisées, et pour financer les infrastructures de la province il fallait donc que le « gobierno »de Martin Rodriguez  trouve une solution, le ministre du gouvernement et de l’Extérieur de l’époque, Bernardino Ravidavia, dont la politique s’inspirera de celle des Etats Unis et de la Grande Bretagne notamment sur le plan de l’éducation, de la démocratie, et de la politique mercantile, va permettre la loi du 19 août 1822 rédigée conjointement par les représentants de Buenos Aires (Junta de Representantes de Buenos Aires ). Le conseil étaient constitués de notables et autres hommes de l’élite de la ville. Il donna la possibilité au gobierno de se financer hors des frontières au travers d’émissions de bons, ce fut alors à Londres auprès de la banque Baring Brothers & Co que fut négocié en 1824 le financement du projet de travaux publique sur la construction du port de Ensenada de barragan. Pendant l’opération deux membres du gouvernement argentin Felix Castro et John Parish ainsi que la banque  escroquèrent le gouvernement Argentin. En effet sur les 1 000 000 £ négocié, seul 552 000 £ parvinrent en Argentine. Le gobierno mettra plus de 80 ans pour rembourser cette dette (remboursement total à Baring sous la présidence de Louis Saez Pena) qui ne fit que gonfler d’année en année et, en plus de cela, le projet ne fut jamais réalisé. Les intérêts de la dette ne cessèrent d’augmenter.

Reasumiendo el movimiento de este empréstito, resulta que los $f. 5.000,000 ó sea ~ 1.000,000 prestados por el commercio inglés á la Provincia de Buenos Aires, hace 57 años costarán á la Nacion que los reconoció, la cantidad de $f. 23.734,766 y el espacio de tiempo de tres cuartos de siglo para pagarlos. 

A cette époque les banques de l’empire Britannique accordèrent de nombreux financements aux pays d’Amérique Latine ( Mexique, Chili, Pérou, Colombie,Equateur) qui désiraient briser le lien avec l’Espagne et devenir indépendants.

LA Deuda Pública – Pedro Agote

Histoire des dettes externes et internes de l’Argentine par le président du crédit publique en 1881: Pedro Agote

Cómo empezó la deuda externa – Jaime Poniachik

Comment débuta la dette extérieure est un article publié dans le journal la Nacion 

En 1848 un dénommé Rojas, gouverneur de la province, proposa aux Anglais les droits sur les îles malouines (Islas malavinas) en échange des intérêts de la dette (bonoleros), ces derniers acceptèrent son offre.

Plus tard d’autres emprunts auprès de l’Angleterre furent réalisés en 1862 avec Mitre qui voulaient financer la guerre contre le Paraguay ( 2.5 millions de livres mais le pays reçu seulement 1.9 millions de livres à cause du « risque pays et des commissions « ), c’est aussi pendant sa gouvernance que la dette de la province de Buenos Aires devient une dette Nationale. Il y eu d’autres « empréstitos » en 1868, puis 1871, etc..  Après la présidence de Domingo Faustino Sarmiento la dette externe s’éleva à 14.5 millions de livres.

En 1873 l’Argentine subit une crise économique due majoritairement au déficit de la balance des paiements (balanza de pagos) sur l’extérieur et notamment l’Angleterre.

el gobierno de Avellaneda recurrió a una política claramente deflacionista, suspendiendo la contratación de nuevos empréstitos en el exterior, decretando la inconversión de los billetes del banco de la Provincia y del Nacional, e incluso disminuyendo sueldos de empleados y reduciendo personal administrativo 

Le président Avellaneda dans son discours d’investiture face au au congrès utilisa les mots suivant pour décrire la situation économique du pays :

Grandes cantidades de dinero afluyeron en los últimos años a la plaza de Buenos Aires teniendo principalmente su origen en los empréstitos que la Nación y esta provincia contrajeron en Londres. De ahí, su acumulación en los bancos, el bajo interés y las facilidades tan seductoras como desconocidas del crédito. El país no estaba en actitud de aplicar de improviso tan considerables capitales al trabajo reproductivo y sobrevinieron las especulaciones sobre terrenos estériles, que acrecentaban artificialmente su precio de una transacción a la otra, los gastos excesivos y la acumulación de las mercaderías importadas, exagerada aún más por la competencia que se desarrolla en estos casos. Con la hora inevitable de los reembolsos, ha sobrevenido la crisis, que principia ya a encontrar su principal remedio en la disminución de los gastos privados y públicos. »

Après une période de nouvelle prospérité qui débute vers 1880 sous la présidence de Julio.A.Roca le pays s’enfonce encore une fois dans la crise en 1890. Celle-ci commence lorsque les investisseurs étrangers choisissent d’investir dans les chemins de fer Argentins ( ferrocariles) pour spéculer. L’accroissement de la dette publique et privé a conduit le gouvernement à mettre en place une politique monétaire expansionniste, l’océan monétaire provoqua la dévaluation du papier monnaie, qui elle même fit diminuer la valeur des intérêts et donc bloqua l’entrée de nouveaux investisseurs étrangers en quête de profits. Dans l’incapacité du gouvernement Argentin de répondre à leurs engagements auprès des banques et instituions européennes, on proposa à l’Argentine un grand plan d’austérité qui fut refusé. L’Argentine fit donc défaut sur sa dette.La ciris de 1890, el primer defaul argentino

La crise économique conduit le peuple et la classe moyenne à la révolte de juillet 1890 qui va renverser Juárez Celman et mettre au pouvoir Carlos Pellegrini, un des faits marquant de  sa gouvernance est qu’il passa un accord avec la banque JP Morgan pour rembourser la dette en contractant une autre dette. Cette dernière fut garantie par les rentes Argentines et les droits de douanes sur les importations.

Le paradoxe de la dette externe Argentine 

Dans la littérature, l’endettement est lié à un déséquilibre. Suivant les cas que l’on appelle les 3 « gaps » de déséquilibre, il s’agit

  • du déséquilibre épargne-investissement (S – I)
  • du déficit budgétaire  (G – T)
  • du déficit de la balance courante (voir plus bas Compte Courant de la balance des paiements)

( Egalité de la comptabilité nationale où l’on distingue les 3 gaps de déséquilibre possible :  (S – I) = (X – M) + (G – T)   )

Le paradoxe sur la dette externe Argentine est bien résumé par Elio Carro 3 en effet en général les dettes extérieures résultent d’un différentiel négatif entre exportations et importations or l’Argentine a souvent eu dans son histoire des excédents commerciaux provenant essentiellement du commerce agroalimentaire  (modelo agro-exportador), les économistes pensent qu’elle proviendrait en grande partie de la fuite des capitaux privés.

Normalmente un país se endeuda cuando importa más de lo que exporta y la contrapartida
de la deuda se ve en más bienes de capital, en más energía, en más materias primas, en más
bienes de consumo. Pero este no es el caso de la Argentina, porque el aumento extraordinario de
su deuda se efectuó durante un período en el que tenía excedentes comerciales. En Argentina, la
principal contraparte de la deuda externa, en la balanza de pagos, es la fuga de capitales
privados. 

Historia y evolución de la deuda externa Argentina – Elio Carro

Les causes de cette fuite des capitaux sont essentiellement de 3 types ;

  1. La différence de rendement des actifs entre les pays, compte tenu des anticipations de taux de change.
  2. Le manque de sécurité ou de confidentialité dans la conservation des actifs. Cet aspect de la question est important dans les petits pays pauvres, où le nombre de détenteurs d’actifs est faible et où le respect des droits de propriété est relativement mal assuré.
  3.  Le désir de mettre à l’abri des poursuites des sommes générées par la corruption l’évasion fiscale ou des trafics illicites

La dette externe continua d’augmenter sous les gouvernements successifs de José Evaristo Uriburu 1895 à 1898 et Julio Argentino Roca [second mandat] de 1898 à 1904 pour atteindre 78 millions de livres sterling en 1904 sous Manuel Quintana puis 121 millions £ en 1916 et 143 millions de livres en 1928.

La dette externe pendant les 2 guerres mondiales

Sous le gouvernement du radicaliste Yrigoyen (1916-1922), premier président élu par le suffrage secret et obligatoire la dette externe fut fortement réduite (20 millions de livres ou plus selon d’autres économistes) pour s’élever à 101 millions de livres en 1922, ceci s’explique en partie par la politique de Yrigoyen et en partie par la diminution des importations Européennes essentiellement due au fait que les industries européennes soutenaient l’effort de guerre donc n’exportaient plus beaucoup mais qu’elles importaient énormément de viandes et d’autres produits agricoles. De nouveaux emprunts auprès des Etats-Unis furent contractés par Alvear4 qui fit augmenter la dette externe à plus de 142 millions de livres sterling mais c’est aussi sous sa présidence que l’Argentine se plaça au premier rang des puissances mondiales avec notamment le 7ème Produit Intérieur Brut au monde et ce fut également la ruée vers l’or noir (présent en abondance en Argentine), puis la dette diminua après la seconde mandature de Yrigoyen (1928-1930) à 135 millions de livres et ré-augmenta ensuite sous les présidences de Uriburu (coup d’état), Justo et Ortiz. En 1945 un grand mouvement social venant de la rue réclama la libération de Juan Domingo Perón qui avait participé quelques années plus tôt au coup d’Etat de 1943. Peu de temps après sa libération, il fut élu (1946). En 1943 la dette externe s’établie à 80 millions de livres soit 325 millions de dollars et à la fin de la guerre elle fut réduite à 264 millions de dollars pour continuer à faiblir durant toute la période présidentielle de Juan Perón.

L’exception Péroniste de 1946 à 1955 

Juan Domingo Perón est un personnage très important de l’histoire de l’Argentine, il est connu des Argentins pour ses politiques protectionnistes, pro-étatique et proches des ouvriers. A partir de 1946 il lance un grand plan de nationalisation de l’économie ; la Banque Central (Banco Central) et les dépôts bancaires les chemins de fers qui étaient aux mains des Britanniques seront renationalisés et renommés ferrocariles Argentinos, le commerce extérieur dans son ensemble passe sous contrôle étatique, on constate un développement de la flotte marchande, les services de télécommunications furent aussi nationalisés, et on vit apparaître des tarifs plus avantageux pour l’industrie. En 1949 la constitution est révisée et incorpore de nouveaux droits sociaux et droits du travail ainsi que des lois qui lui permettront de mener à bien sa politique avec force et sur long terme (modification de la constitution pour permettre les réélections illimitées). Les médias seront massivement utilisés (la radio, la prensa) pour la propagande du gouvernement.

La politique péroniste repose sur trois piliers fondamentaux (tres banderas del peronismo) ; la souveraineté politique, la justice sociale et l’indépendance Economique. L’autre figure emblématique du Péronisme est Eva Perón, sa femme qui va mettre au premier plan les droits des femmes à travers le suffrage féminin en 1947 par exemple. A cette époque la dette externe diminua d’année en année. En 1952 elle est presque entièrement payée (réduction en 1955 à seulement 2 % du PIB). La Balance des paiements devient également positive mais ceci ne dura pas longtemps…

 

 

A la mort d’Eva Perón le gouvernement traversa une période de crise économique et la pression du peuple se fit plus marquée. Le 16 juin 1955 l’armée organise un coup d’Étatla casa rosada et la Plaza de mayo furent bombardées, 355 personnes décèdent durant l’attaque. Lonardi, Rojas et Aramburu sont les instigateurs du coup d’état.

L’Argentine et le FMI

Crédit et prêts du FMI
7.79 Un pays membre peut recourir au crédit du FMI
ou aux prêts de la facilité pour la réduction de la pauvreté
et pour la croissance (FRPC) pour acquérir des
devises supplémentaires auprès du FMI. Sur le plan
économique, l’utilisation du crédit du FMI et des prêts
de la FRPC aboutissent au même résultat — c’est-à-
dire que le pays qui contracte ces accords accède à des
devises contre l’engagement de respecter un ensemble
de conditions. Le crédit comme les prêts du FMI sont
classés comme prêts dans les autres investissements,
bien que les deux types d’accord soient exécutés de
façon différente :
• Dans un prêt FRPC, le pays membre emprunte des
devises qu’il s’engage à rembourser. Ces prêts n’ont
pas d’incidence sur le compte n° 1 du FMI.
• Lorsqu’un pays membre recourt au crédit du FMI,
il «achète» des devises au FMI en échange de
sa monnaie nationale. L’utilisation du crédit du
FMI est présentée comme l’engagement du pays
membre (en DTS) dans la balance des paiements
et la PEG, tandis que la vente de monnaie nationale
au FMI au compte n° 1 n’apparaît pas comme
une transaction de la balance des paiements ni de
la PEG. Les engagements au titre des accords de
crédit du FMI sont éteints lorsque le pays membre
«rachète» sa monnaie nationale avec des devises.

Manuel de la Balance des paiements /FMI  – Sixième édition (MBP6)

A partir de 1956 la dette externe croît à un taux beaucoup plus fort comparativement à la période 1824-1955. Les politiques économiques des gouvernements Argentins et le système financier international appuyé par des institutions comme le Fond monétaire International et la Banque Mondiale, couplé à une inflation très forte sont les principales causes de l’augmentation spectaculaire de la dette externe dans la seconde moitié du 20ème siècle.

deuda externa en dollares

Sur le plan politique le gouvernement militaire de Aramburu utilise la répression, Perón et d’autres membres influents de  l’ancien gouvernements sont obligés de s’exiler.Pedro Eugenio Aramburu adhère au FMI en 1956, dénationalise les dépôts bancaires, supprime le contrôle sur le commerce extérieur, abroge les modifications faites en 1949 par Perón dans la Constitution et supprime l’article 40 qui garantie l’appartenance des ressources naturelles à l’État Argentin. Aramburu prend auprès des banques européennes un crédit de 700 000 000 $ pour financer les importations Européennes, il est supposé être remboursé en 1 an ce qui ne se produisit pas. Sous l’impulsion du ministre français des finances  le Club de Paris fut créé, il est composé des créanciers de l’Argentine et l’objectif principal du club est d’étudier la renégociation de la dette externe de l’Argentine. En 1958 la dette externe dépasse le milliard de dollars, sous Frondizi en 1962 elle passe à plus de 1.8 milliards $, et sous José María Guido elle approche les 2.1 milliards $.

En total, hubo ocho renegociaciones de distintas líneas de crédito entre el Club de París y la Argentina. La primera se selló en 1956 (año de la creación de este grupo); la segunda, en 1962; luego vinieron 1965, 1985, 1987 y 1989, que fueron canceladas. Además, hubo dos intentos de negociar la deuda contraída en 1983 (ahora en disputa), que fueron en 1991 y en julio de 1992. Casi una década después, el país declaró el default en 2002 y dejó de abonarla. En septiembre de 2008, Cristina de Kirchner anunció que se iban a cancelar los u$s 6.750 millones utilizando reservas internacionales de libre disponibilidad del Banco Central. Pero pocos días después, se profundizó la crisis internacional -cuando el banco Lehman Brothers quebró- e hizo que se postergara el pago, todavía inconcluso.  – Maria Iglesia 

De 1963 à 1966 le gouvernement de Arturo Illia ne peut pas contrôler l’inflation galopante, en marge de ce phénomène on constate une croissance du PIB, sa position national-démocrate et pro-agriculture qui favorisa la croissance des exportations (1963 : 1365 million$ -> 1966 : 1593 millions$) permit une balance des paiements positive et une réduction importante de la dette externe. Durant ces années aucun emprunt ne furent négociés avec le FMI et l’extérieur. La politique défensive nationale est aussi marquée par l’annulation de contrats avec les entreprises pétrolières et un contrôle plus stricte dans le secteur de la santée. La dette externe passe de 2100 millions de dollars à 1762 millions de $ en 1966. Le 28 juin 1966 un coup d’État mit fin à cette politique. Après le coup d’État deux lignes politiques se dessinent; une doctrine nationale-cléricale incarnée par Onganía, Borda , Senorans …  Et de l’autre une doctrine libérale et pro financière incarnée par Lanusse , K.Vasena, Alsogaray … A la fin du régime militaire la dette externe s’élève d’environ 3,8 milliards $. Krieger Vasena qui était ministre de l’économie et qui avait des liens étroits avec le monde de la finance contracta un emprunt auprès du FMI qui réclama en échange de fortes garanties, c’est pour cela qu’à cette période de nombreuses entreprises passèrent sous pavillons étrangers  (majeure partie Americains). La vague de privatisation s’accompagna par une loi de libéralisation financière, les secteurs stratégiques du pétrole et autres ressources naturelles virent affluer des capitaux étrangers. Parallèlement un plan de dépenses publiques pour de grands ouvrages fut mis en place et un accord avec les entreprises sur le contrôle des prix limita l’inflation, s’ajoute aussi une dévaluation de la monnaie.

Le retour des peronistes et de la démocratie débute en 1973 avec Héctor J. Cámpora (diminution de la dette fin 1973 à 3,559 milliards de $) puis Juan Domingo Perón qui rentre d’exil, il décède peu de temps plus tard en 1974, María Estela Martínez de Perón prit alors les rênes du gouvernement mais ce fut de courte durée car un nouveau coup d’État survint en 1976. La nouvelle dictature militaire est considérée comme la plus terrible de l’histoire du pays, des milliers de personnes furent tuées par les balles de la répression militaire, d’autres furent portées disparues (los desaparecidos). Sur le plan économique le chômage explosa,les salaires baissèrent, les importations augmentèrent, la destruction de certaines parties de l’industrie nationale causa une perte de compétitivité qui entraîna une situation économique et sociale désastreuse avec plus de 45.4 milliards de $ de dette externe. La dictature durera de 1976 à 1983 avec successivement au pouvoir Videla et son ministre de l’Économie J. Martinez de Hoz, Viola, Galtieri et Bignone. La situation à la fin de la dictature semblait tellement désespérée qu’un appel à des élections nationales fut émis.

Le FMI a accordé des prêts considérables à la dictature militaire, on lui reprochera d’avoir permis à la dictature de pouvoir trouver les financements adéquats pour ses politiques liberticides. La dictature à profité de taux d’intérêts extrêmement bas pour la simple raison qu’il y avait sur le marché financier une abondance de capitaux  provenant des pétromonarchies.

On estime que la dette engendrée par le régime militaire de 1975 (8 Mds de $ ) à 1983 (45Mds de $) que l’on appelle aussi deuda vieja  est constitué pour 44% de la fuite des capitaux, pour 33% des intérêts aux grandes banques étrangères et institutions internationales et pour 23% de matériel militaire.

Alfonsín, Menem et le Plan Brady 

Alfonsín rétablit la démocratie et les droits fondamentaux humains et promet de supprimer la pauvreté, son discours est social-démocrate avec pour slogan « Avec la démocratie on mange , on s’éduque et on se soigne »

Vamos a vivir en libertad. De eso, no quepa duda. Como tampoco debe caber duda de que esa libertad va a servir para construir, para crear, para producir, para trabajar, para reclamar justicia – toda la justicia, la de las leyes comunes y la de las leyes sociales -, para sostener ideas, para organizarse en defensa de los intereses y los derechos legítimos del pueblo todo y de cada sector en particular. En suma, para vivir mejor; porque, como dijimos muchas veces desde la tribuna política, los argentinos hemos aprendido, a la luz de las trágicas experiencias de los años recientes, que la democracia es un valor aún más alto que el de una mera forma de legitimidad del poder, porque con la democracia no sólo se vota, sino que también se come, se educa y se cura. Termina hoy el estéril tutelaje sobre los habitantes de este país. 

Mensaje presidencial del Dr. Raúl Alfonsín a la Honorable Asamblea Legislativa, Buenos Aires, Imprenta del Congreso de la Nación, 1983.

Il choisit comme ministre de l’économie Bernardo Grispún qui tenta de tenir tête aux institutions du système financier international en mettant en avant deux types de dette, la dette légitime et la dette illégitime (deuda odiosa), il ne restera pas longtemps au gouvernement (15 mois).

  • La dette légitime est la dette qui est contractée par un gouvernement élu démocratiquement par le peuple.
  • Par opposition la dette odieuse ou illégitime est la dette contractée par des gouvernements arrivés au pouvoir par la force.

Considérant cette définition la majeure partie de la dette des pays du tiers monde est concernée par la dette odieuse comme le fait remarquer Noam Chomsky dans un interview

An economist who is now U.S. Executive Director of the International Monetary Fund, Karen Lissakers, pointed out several years ago that Washington’s principles, “if applied today, would wipe out a substantial part of the Third World indebtedness” because it was imposed under unfair conditions of power and subordination. – Noam Chomsky

C’est aussi durant ces années que l’inflation atteint des records ( hyperiflación), en 1985 Sorrouille le successeur de Grispún entame une politique d’austérité, le peso disparaît faisant place à l’austral,on assiste à un contrôle des prix pour lutter contre l’inflation, un gel salarial, et une politique monétaire restrictive, ces mesures font suites aux recommandations du FMI.L’inflation va effectivement diminuer mais le climat économique est fragile, un plan de sauvetage (plan primavera) est alors initié mais n’est pas concluant, la crise monétaire de 1989 est provoquée par une forte dévaluation de la monnaie austral, elle conduit à des « bank runs » (corrida bancarias) et à un taux de pauvreté très élevé car le pouvoir d’achat ne permettait même plus de pouvoir se procurer des biens de premières nécessités. A la fin de l’année 1989 Alfonsín quitte la présidence de la nation et laisse une dette extérieure de 59 Mds de $ et un pays qui souffre.

Animation du journal La nacion

Animation – La Nacion

 

De 1989 à 1999 Carlos Menem assure la présidence avec comme ministre de l’Economie Cavallo. Il va nationaliser la dette privé, et va revenir au peso en égalisant 1 peso = 1 dollar (plan de convertibilidad) ce qui va fortement impacter une nouvelle fois l’appareil productif à travers la perte de compétitivité à l’exportation, de nombreuses entreprises n’ayant pas su s’adapter firent faillite. La balance des paiement devint négative car on importa plus que l’on exporta. L’unique moyen de maintenir le modèle de convertibilité fut de maintenir un endettement quasi-constant et 10 ans plus tard la dette externe passa de 63 Mds$ à 130 Mds$. La fuite des capitaux est engendrée par le rapatriement des bénéfices des entreprises étrangères qui possèdent des parts (actions ou obligations) importantes dans des entreprises qui ont été privatisés durant le plan de libéralisation de l’économie. On peut mentionner que les recettes de l’Etat furent diminuées à cause des privatisations nombreuses. Ainsi Menem ne tenu aucune de ses promesses durant sa présidence sauf une, la réduction de l’inflation grâce au plan de convertibilité.

Les privatisations des entreprises stratégiques (le pétrole avec YPF , la radio, la compagnie nationale aéronautique , l’eau, les chemins de fers etc…), les corruptions en séries,les affaires des envoies d’armes en Bosnie, les démantèlements d’usines, les surévaluations de compagnies argentines concernées par la privatisation, la mise en place de la politique dictée par le FMI et la banque mondiale qui engendra la baisse des salaires et la baisse des indemnités du chômage, sont autant d’éléments qui poussèrent Menem vers la sortie.

Le plan Brady

Le 10 mars 1989 Nicholas Brady présenta une proposition pour la restructuration de la dette externe des pays du tiers- monde qui se résume comme une légère diminution de la dette externe en contrepartie d’une nouvelle stratégie de flexibilisation de l’Économie ainsi qu’une redistribution des recettes fiscales vers les intérêts de la dette en dépits des conditions délétère de la population.

El plan Brady supuestamente significaría un alivio para la deuda soberana entre 1992 y 1993. Pero no fue así. Cuando Argentina entró al plan su deuda era de US$63.000 millones, y se refinanció US$33.000 milones. Pero para el año 2000 la deuda, después de costosísimos pagos, era de US$150.000 millones

Olmos Gaona -Universidad de Buenos Aires

Les gagnants de ces accords sont principalement les banques privées créancières car leur exposition sur la dette externe argentine fut transféré en partie aux institutions financières internationales comme le FMI et la banque mondiale. A contrario des prévisions de Cavallo la dette externe ne fut pas réduite.

Documentaire sur la deuda externa (« eterna ») pendant les années 80, 90 et 2000

Fernando De la Rua et la crise de 2001

De la Rua est élu président en 1999 il nomme son ministre de l’Economie, José Luiz Machinea qui poursuit la politique de son prédécesseur, le taux de pauvreté et de chômage sont à leurs paroxysme et le peuple descend dans la rue avec pour slogan « el pueblo no se va » le peuple ne part pas!

UNICEF effet de la crise 2001 Maggie Iglesias

UNICEF effet de la crise 2001 Maggie Iglesias

De semaine en semaine les manifestations redoublent d’intensités. En 2000 le vice-président Alvarez quitte son poste, l’annonce provoque une fuite de capitaux importante. Dans la même année le pays passe un accord « bouclier » extraordinaire pour 32.7 Mds$ avec le FMI, la Banque mondiale et l’Espagne (blindaje financiero) pour prévenir toute urgence  à conditions que le gobierno converge vers l’équilibre fiscal, diminue ses emprunts et applique une politique de dérégulation.Or les conditions ne furent pas remplies (nouvelle fuite de capitaux) et Machinea céda sa place à Lopez puis à Cavallo qui revient, ce dernier tenta une nouvelle fois de négocier un plan de refinancement (megacanjo) et cette fois, après le passage de la loi sur le déficit zéro (ley deficit cero) les créanciers acceptent. Le megacanje à seulement permit au gobierno de ne pas faire défaut sur les échéances de sa dette mais pas de la diminuer (+10Mds$), de plus l’impact sur la population est quasiment inexistant. Fin 2001 la confiance des acteurs économiques est au plus bas suite à des rumeurs de cessations de paiements, une deuxième fuite de capitaux de 13 Mds$ provoqua la grande crise de 2001, le gouvernement fit effectivement défaut sur sa dette. Elle s’élève à présent à 144 000 millions de $.

La solution trouvée pour empêcher la fuite des capitaux fut de bloquer les dépôts bancaires (el corralito), il était alors très difficile de faire des retraits pour cause de restriction ce qui entraîna des pillages et le décret de l’état de siège. Dans la foulée De la Rua démissionne le 20 décembre 2001.

Crise de 2001 et contestations populaires

Crise de 2001 et contestations populaires – source JDD/Reuters

Après une période d’instabilité politique où pas moins de 3 présidents se succèdent en 1 an, Duharte accède au pouvoir de 2002 à 2003, il supprime la fixité du change par rapport au dollar (ley de convertibilidad) et passe à un taux de change semi-flottant:

taux de change semi- flottants

Taux de change flottant contrôlés- El País

A la fin de son mandat la dette externe augmenta de 47 Mds$, en 2003 de nouvelles élections amènent à la présidence de la nation Nestor Kirschner, il continua de maintenir la dévaluation de la monnaie en accord avec la banque centrale. Entre 2003 et 2007 les exportations augmentèrent de 83% ce qui permit au pays d’assainir les comptes publiques et de retrouver le chemin de la croissance, de plus, les courbes du chômage et de la pauvreté s’inversèrent. En 2002 la dette représente 151% du Produit Intérieur Brut (166Mds$), à la fin de l’année 2003 le pays rembourse 9,810Mds$ au FMI et solde une part de sa dette. Vers la fin 2007 la dette ne représente plus que 56% du PIB (108Mds$). Ci-dessous l’histogramme d’évolution du ratio de la dette au PIB où l’on peut constater la crise de la dette entre 2001 et 2004.

dette publique / PIB

dette publique / PIB

Rapport d’information sur la dette – cabinet de consulting Finsoport

 

 Analyse de la Balance des paiements

La balance des paiements est un état statistique qui permet d’enregistrer l’ensemble des flux financiers dans une période entre résidents et non résidents d’une économie, parmi ces différents postes on trouve le solde du compte de transactions courantes . Le solde du compte courant ( Cuenta Corriente), appelé ici CC, il traduit la capacité ou le besoin de financement de l’économie nationale. Il est obtenu par l’addition des soldes des quatre comptes de la
balance des paiements dans sa partie haute :

CC = (X – M) + solde des revenus (revenus d’investissements)+ solde des transferts courants + autres revenus

avec X : les exportations , M les importations et la différence correspond à la balance commerciale

  • Si CC >0, le pays gagne plus qu’il ne dépense et est prêteur vis à vis du reste du monde.
  • Si CC<0, le pays dépense plus qu’il ne gagne; il est emprunteur.

Chaque année du gouvernement de Carlos Menem les comptes courants sont négatifs ainsi que pendant la crise de 2000/2001. De 2002 à 2009 les comptes courants sont tous successivement positifs, et enfin de 2010 à 2014 il redeviennent négatifs. Tout déséquilibre de balance courante doit
être exactement compensé, soit par le compte financier du secteur privé (solde de la balance des capitaux), soit par une variation des avoirs officiels extérieurs nets (∆ R.I = Variación Reservas Internacionales).

On a donc à l’équilibre de la Balance des paiements :  CC+ CKF + EO = ∆ R.I 

(CC : Cuenta Corriente , CKF : Cuenta capital y financiera , EO: Errores y Omisiones Netos )

Balance des paiements de 1992 à 2014 
Balance des paiements depuis 1992 jusqu’à 2014

Balance des paiements depuis 1992 jusqu’à 2014

Les facteurs qui influencent  le compte courant sont la politique commerciale extérieure, la politique douanière, les flux migratoires, les accords commerciaux internationaux, les prix internationaux des matières premières, l’intensité de la mondialisation (exposition aux marchés financiers etc…), la diversification du commerce de biens et services et les mouvements de capitaux liés à la mobilité de la main d’oeuvre entre autre.

Le compte de Capital et financier est influencé par la politique d’investissement extérieure, les politiques de changes internationales et les régimes de changes, les restrictions sur la dette externe, la stratégie d’endettement des secteurs publique et privé, le profil de maturité de la dette mais aussi les autres crises financières mondiales, les restriction d’entrée/sortie de capitaux, concernant la dette exterieure publique les facteurs d’influence sont les échanges de dettes interne /externe,les transformations de dettes courtes en dette longues, et pour le secteur privé ce sont les mêmes que pour le secteur publique en ajoutant les flux étrangers pour les privatisations. 

La position extérieure, dans toutes ses composantes, est probablement l’agrégat statistique qui fournit la meilleure indication du degré d’ouverture financière d’une économie (mais il a des insuffisances). Elle sert ainsi de base au calcul du taux d’ouverture financière, défini comme le ratio du stock cumulé des avoirs et engagements extérieurs d’un pays
par rapport à son PIB, soit formellement :

 Ai,j,t représente les avoirs du pays i détenus dans le pays j à la fin de la période t (Aj,i,t représentant donc les engagements du pays i vis-à-vis du pays j) et PIBi,t le PIB du pays i au cours de la période t.

Ai,j,t représente les avoirs du pays i détenus dans le pays j à la fin de la période t
Aj,i,t représentant donc les engagements du pays i vis-à-vis du pays j) et       PIBi,t le PIB du pays i au cours de la période t.

L’inflation et la dette externe 

L’inflation est la hausse générale des prix à la consommation, elle est causée par le grossissement de la masse monétaire en circulation (en théorie), son augmentation engendre des coûts plus élevés des facteurs de production et donc un coût global de production plus élevé répercuté sur les prix, on voit bien ici la spirale inflationniste. Pour les ménages la baisse du pouvoir d’achat (qui correspond à la dépréciation de la monnaie et donc de leur salaire réel) conduit à des négociations salariales..Pour l’État le déficit budgétaire se creuse.

Dans des circonstances extrêmes, avec des niveaux de
dette très élevés, et si la politique monétaire doit être
durcie, il n’y a aucun moyen de dégager l’excédent
primaire nécessaire. Il n’existe alors pas d’« état du
monde » dans lequel la contrainte budgétaire et
l’objectif de stabilité des prix puissent être satisfaits
simultanément. Les économies doivent alors choisir
entre le défaut souverain et l’inflation.

Revue de stabilité financière Banque de France 

L’hyperinflation de 1989-1990 à pour conséquences de réduire la taille du secteur financier et d’éroder progressivement aussi bien l’efficience du système des prix que l’utilité de la monnaie nationale comme réserve de valeur, unité de compte et moyen d’échange: l’hyperinflation ramène ainsi l’économie, à l’extrême,
quasiment au stade du troc, c’est pour cela que l’on a constaté une vente importante du peso contre des devises étrangères plus sures ( demande de dollars) ..

Inflation en Argentine ( data INDEC) réalisé par Kevv

Inflation en Argentine 1945-2015 (data INDEC) réalisé par Kevv

Les fonds Vautours spéculent sur la dette externe

Les fonds « vautours » ou « buitres » sont des fonds d’investissements (hedge funds) qui achètent des titres de dettes d’Etat à bas prix émises par des débiteurs en difficulté ou proches du défaut de paiement. Pendant la crise de 2001 ces fonds vautours ( EM Ltd  et NML Capital, Ltd ) ont racheté des titres de la dette souveraine Argentine à 20% de leur valeur initiale, le prix est bas car ce sont des dettes à très haut risque, elles ont donc un rendement très élevé, ensuite ils attendent que la valeur s’apprécient avant de poursuivre en justice la république d’Argentine. Les fonds vautours se sont systématiquement exclus des processus de restructuration de la dette dans le but de récupérer intégralement leur plus value.

Fondos Buitres

Fondos Buitres

Les fonds vautours viennent très récemment(Mars) de trouver un accord avec le gouvernement argentin du président Macri en acceptant une décote de 25% des titres de créances mais l’accord doit d’abord passer devant le parlement Argentin.

l’Argentine paiera «environ 4,65 milliards de dollars» afin de solder les différends juridiques à New York et ailleurs dans le monde, a annoncé le médiateur américain Daniel Pollack. «C’est un pas de géant, mais pas l’étape finale», a ajouté le médiateur. L’accord de principe doit en effet encore être validé par le Parlement argentin. Libération 01/03/2016

Cet accord met fin à une décennie de bras de fer entre les deux acteurs.

Conclusion ( en cours de révision)

De nombreux coups d’états combinés à des politiques budgétaires et monétaires très différentes et une inflation incontrôlable ont façonné l’histoire de l’Argentine. Il est indéniable que la dette externe a freiné le développement économique de l’Argentine et a conduit à des dérèglements sociaux profonds. Aujourd’hui la dette externe de l’Argentine est revenue sur des niveaux plus soutenable mais la croissance tend à osciller aux alentours de 1%, la pauvreté a cependant fortement diminuée, et l’inflation s’est stabilisée même si des controverses sur la véridicité des chiffres entre l’INDEC , le FMI et d’autres institutions sont apparus ces dernières années 5.


Sources / fuentes

1. [De la banca Baring al FMI: historia de la deuda externa argentina by Norberto Galasso]

2. [La memoria de la deuda: una deuda con la memoria- Carlos Julia]

3. [Historia y evolución de la deuda externa argentina Por Elio H. H. Carro]

4. [El mejor presidente argentino]

5. [Here’s the Real Legacy of the Kirchners in Argentina]

Nacimiento y reproducción de la deuda externa

Histoire des dettes externes et internes de l’Argentine par le président du crédit publique en 1881: Pedro Agote

Musée de la dette externe de l’université de Buenos Aires

Lettre d’information 2014 – Finsoport Consulting

Historia_de_la_deuda_externa_argentina

Como empezo la deuda externa–  la Nacion  

Le guide du FMI 

http://www.mecon.gov.ar/progeco/dsbb.htm

http://www.indec.gov.ar/nivel4_default.asp?id_tema_1=3&id_tema_2=35&id_tema_3=45

http://www.eumed.net/libros-gratis/2005/av/2b.htm

http://www.ambito.com/diario/noticia.asp?id=553868

https://es.wikipedia.org/wiki/Anexo:Evoluci%C3%B3n_del_%C3%8Dndice_de_Precios_al_Consumidor_en_Argentina

http://www.lanacion.com.ar/1275264-el-austral-la-moneda-que-se-contaba-en-cientos-de-miles

https://chomsky.info/19990312/

http://www.lagaeta.com.ar/nota/566116/nacional/con-democracia-se-cura-se-come-se-educa-decia-alfonsin.html

http://www.elhistoriador.com.ar/documentos/raul_alfonsin/raul_alfonsin_mensaje_presidencial_10_de_diciembre_1983.php

http://www.bbc.com/mundo/noticias/2012/10/121022_argentina_barco_ghana_bonos_brady_vh.shtml

http://jlarrosa.tripod.com/files/brady.pdf

http://www.bbc.com/mundo/noticias/2011/12/111222_argentina_default_una_decada_despues_vs.shtml

http://chequeado.com/el-explicador/ila-argentina-se-desendeudo-o-no-durante-el-kirchnerismo/

http://www.mecon.gov.ar/onp/html/#

http://www.mecon.gov.ar/onp/html/series/Serie6506.pdf

http://www.contrepoints.org/2012/10/31/102630-dette-linflation-est-elle-la-solution

http://www.liberation.fr/planete/2016/03/01/l-argentine-solde-son-contentieux-avec-les-fonds-vautours_1436698

http://www.usal.edu.ar/archivos/eco/docs/doc5.pdf

Archivo Histórico de Radio y Televisión Argentina

 

N’hésitez pas à me contacter si vous constatez des erreurs (possibilités dans les montants de dettes calculé par les économistes)

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The Wolf Hunters of Wall Street

An Adaptation From ‘Flash Boys: A Wall Street Revolt,’ by Michael Lewis

 

Article New York Times

 

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