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Mois : février 2017

Éléments de Macroéconomie – Partie I


Éléments de Macroéconomie

Définition macroéconomique : La fonction de production décrit la technique c’est à dire la combinaison productive utilisée dans toute l’économie. Il s’agit de l’agrégation des facteurs de toute l’économie productive.

Fonction Cobb Douglas (  à facteurs substituables, représentation graphique 3D)
Fonction de Leontief ( à facteurs complémentaires)

Définition TMS : Le taux Marginal de substitution indique le volume de capital qui doit être mobilisé pour compenser une baisse d’une unité de travail.

Dans la fonction de Cobb Douglas agrégée on a ajouté un facteur de progrès technique ( il s’agit en outre d’une série temporelle car indicée par le temps t et non par i ) :


α = représente l’élasticité de la production par rapport au capital

β = (α – 1) = représente l’élasticité de la production par rapport au travail

At est un facteur de progrès technique


g est le taux de croissance de A  définit par :

Définition : Le coût d’usage du capital (source:sénat)

Quel est le coût du capital ? A de nombreux égards, il semble assez peu légitime de l’assimiler au taux d’intérêt réel. Et comme le capital est par définition, un bien utilisable sur plusieurs périodes, il n’est pas légitime de l’assimiler non plus au coût de l’investissement.

Jorgenson (1963) a formalisé la notion de coût d’usage du capital. D’un point de vue théorique, le coût du facteur capital peut se définir comme un prix de location ou d’immobilisation. Le stock d’actifs physiques est détenu sur longue période et l’écriture d’un prix de location pour une période revient a supposer que la firme est en mesure de revendre son capital productif à chaque fin de période.

Pour simplifier on peux le noter : u = r + ɤ  ( ɤ = dépréciation du capital  , r = taux d’intérêt).


Pour que la règle d’épuisement du revenu national s’applique dans le cas d’une fonction Cobb douglas classique avec des rendements d’échelles constants,  le profit doit être nul et consacré uniquement aux parts de la rémunération du capital ainsi que du travail.


Dans le cas d’une fonction de type Cobb Douglas les conditions d’Inada sont respectés SSI α < 1 et  β < 1


Définition le taux de croissance annuel moyen ( TCAM) : Il ne s’agit pas de la moyenne des taux de croissance annualisée mais il s’agit de  faire comme si, sur une période donnée, le taux de croissance annuel (du PIB, ou de n’importe quel autre indicateur quantitatif) avait été parfaitement constant.

On fait l’hypothèse que gy est constant.

t représente le temps initial auquel on soustrait le temps final


Les  différents régimes de croissance : 

  • Malthusien : revenu par tête quasi- constant au cours du temps , une population qui reste relativement constante et pas de progrès technique , Malthus remarque que la population a une croissance de type géométrique et la production une croissance de type arithmétique. C’est une sorte d’Etat stationnaire.
  • Post malthusien : la population croit à un rythme soutenu grâce a  l’accroissement de l’espérance de vie et de la réduction de la mortalité infantileil y a du progrès technique dû au innovations de récolte agricole notamment, il y a une croissance du revenu par tête.

Histoire économique : La croissance des années d’après guerre pour la France se décomposent en quatre périodes :

  1. 1945  à 1951 : reconstruction et redémarrage de l’économie ( 10% de croissance en 1947, 13% l’année suivante )
  2. 1951 à 1957 : premier cycle de l’après guerre 
  3. 1957 à 1963 : second cycle de l’après guerre 
  4. 1963 à 1969: troisième cycle de l’après guerre 

2, 3, 4 : croissance accélérée entraînant une inflation forte

C’est la période des Trente Glorieuses

 

L’épopée de Gilgameš – 𒄑𒂆𒈦 𒄑𒂆𒈦 ( entre-1750 et -1600)


Bonjour amis voyageurs, aujourd’hui partons ensemble en Mésopotamie, berceau de l’écriture et de l’agriculture. Au IV ème millénaire avant JC les Sumériens et les Akkadiens fondent la civilisation Mésopotamienne située aujourd’hui entre Iran, Irak  et le désert Syro-Arabe , c’est en Mésopotamie que les archéologues et spécialistes de l’antiquité ont retrouvé les premières traces de l’Écriture datant de  -3000 ans . Le héros Gilgameš quant à lui aurait vécu vers -2650 il était alors roi d’Uruk, il entre dans l’histoire comme homme- divinité suite à ses voyages  et ses batailles légendaires desquels il ressort vainqueur  notamment face au Taureau-céleste, bête invoquée par Ištar, et  biensûr face à Humbaba un monstre mi-humain mi-divin qui est gardien de la Forêt des Cèdres. On estime que la version ancienne de l’Epopée de Gilgameš a été rédigée sur plusieurs tablettes d’argile aux alentours de  -1800 et – 1700 sous le règne de Hammurabi ( l’unificateur de l’Akkadie,de Sumer et de l’Assyrie et des babyloniens).

Les textes retrouvés par les archéologues ont fait l’objet de nombreux travaux de la part des assyriologues et des traducteurs de la fameuse écriture cunéiforme. En effet les restes de tablettes ont pour la plupart été mutilés, le travail des spécialistes à donc consisté à tenter de restituer une traduction intelligible et proche de l’histoire originale de Gilgameš, tout en s’autorisant parfois des écarts conjecturaux lorsque les passages étaient trop abîmés.

Tablettes d’argiles recueillies par les musées internationaux notamment Berlin, Yale babylonian museum , philadelphie , au British museum et au Badgad museum ainsi que Chicago , lors de fouilles parfois ( illégales) dans les villes de Sippar , Tell harmal , Ninive,Megiddo,Emar ,Assur, Warka (Uruk), Nippur, Ishchâli ,Ur Akkade , Kish, hattusha et Sultanteppe

L’histoire de Gilgameš

Il faut savoir que ce récit est antérieur de plusieurs siècles aux poèmes Homériques et au Mahābhārata Indien  et qu’il s’agit de la plus vieille oeuvre littéraire connue par sa puissance et son rayonnement aussi bien géographique qu’à travers les âges. Il s’agit également de la première Épopée de l’histoire de l’humanité.

Il revêt une importance colossale car on y retrouve de nombreuses références bibliques qui constituent des parallèles notoires avec l’Ancien testament ( récit du Déluge etc..)

Il existe deux versions  conséquentes de l’Epopée de Gilgames :  la version ancienne écrite en Akkadien( ou babylonienne datant du quart du II ème siècle) et la version Ninivite plus récente et plus fournie répartie sur 12 tablettes ( qui y ajoute l’histoire du Taureau céleste par exemple et un remaniement du phrasé. Le texte dans sa version originale ou ancienne est attribué à l’écrivain : Sînleqe’Unnennî.

Résumé de l’histoire :

Gilgameš est le grand roi d’Uruk c’est lui qui le premier fit édifier les murailles d’Uruk. Les habitants le considèrent comme un exceptionnel monarque, célèbre et prestigieux, puissant et vaillant guerrier, pasteur et protecteur d’Uruk , il était cependant considéré comme arrogant et tyrannique ne s’occupant que de son plaisir et abusant de son pouvoir, fils de Ninsunna la bufflesse, Dieu au deux tiers et homme au un tiers, il était inégalable de part sa force :  » buffle à la force terrible« .

La tablette I commence ainsi :

Je vais présenter au monde celui qui a tout vu , connu la terre entière pénétré toute chose Et partout exploré ce qui est caché Doué de sagesse Il a tout embrassé du regard Il a contemplé les Secrets Découvert les Mystères Il nous a appris sur avant le Déluge ! Retour de son lointain voyage, Exténué mais apaisé Il a gravé sur une stèle Tous ses labeurs

Dans une forêt non loin de la ville, un homme des montagnes fait son apparition, un chasseur d’Uruk tomba sur lui, cet homme sauvage doté d’une force sans pareil ; « sa musculature est aussi puissante qu’un bloc venu du ciel  » s’appelait Enkidu. Il se trouva que les habitants d’Uruk trouvèrent en lui l’homme providentiel car pour la première fois quelqu’un pourrait égaler Gilgameš . Sur proposition du roi , une femme (La courtisane Lajoyeuse) ira le trouver et lui faire l’amour pour l’affaiblir, le civiliser et le ramener à Uruk. Le stratagème fonctionne comme prévu. Enkidu qui durant 7 jours etait restés aux cotés de la courtisane écouta les recits de dernière sur un prétendant aussi beau et fort que lui dénommé Gilgameš, il décide alors de le mettre au défis et de l’affronter. Après être arrivé à Uruk, les deux gaillards s’empoignèrent dans une ruelle devant la foule amassée, la féroce bagarre désigna un gagnant : Enkidu et un perdant : Gilgameš .Pour la première fois Gilgameš avait trouvé une adversaire plus fort que lui ! Finalement, ils se réconcilièrent et se lièrent d’amitié.

Débute alors le projet et les préparatifs du voyage dans la Forêt des Résineux (il s’agirait d’une forêt de cèdres dans l’actuel Liban) pour combattre le terrifiant Humbaba au cri d’Épouvante, à la bouche de feu et à l’haleine de Mort. Après que les artisans eurent construits épées et haches et que les grands conseillers de la ville  eurent confiés Gilgameš à Enkidu, ces derniers se mirent en route. Ils marchèrent un mois et atteignirent une montagne d’où ils firent des prièrent aux dieux, après un mois et demi et 500 kilomètres parcourus ils arrivèrent à la forêt pour y couper des cèdres.

Là surgit Humbaba, le grand protecteur de la Forêt pour les mettre en déroute , d’abord terrorisé mais encouragé par Enkidu , Gilgameš  l’atteint à la tête et le maîtrise au sol, ils le transpercèrent à coup de piques (ou à coup d’épée selon la version babylonienne), puis ils coupèrent le plus haut cèdre de la forêt et le balancèrent dans l’Euphrate pour pouvoir le transporter jusqu’à Nippur. Après s’être fabriqué un radeau ils rentrèrent à Uruk avec la tête de Humbaba.

De retour à Uruk et sans doute acclamé, Istar la Princesse proposa sa main à Gilgames qui la refusa, en colère et blessée de ce désaveux elle invoqua le Taureau Céleste auprès de son père Anu. Mais le vaillant Gilgameš sortit  encore une fois vainqueur du combat qui l’opposa au Taureau-Céleste.

Dans la 7 ème tablette on apprend la mort d’Enkidu, prit de folie très certainement, il agonise, puis dans la tablette suivante des funérailles sont organisées, Gilgameš est très affecté par la mort de son compagnon de route et ami, il entame une longue et amère lamentation puis s’enfuit dans la steppe pour y fuir la mort et rechercher Utanapistî le seul homme à avoir obtenu la vie sans fin.

Enfin après avoir vu l’ Homme-scorpion  et la Tavernière ils rencontra non pas Utanapistî mais son nocher Uršanabî, ils construisirent un bateau et voguèrent.       ( récit sur la Mort de Utanapistî à Gilgameš ; « La mort que personne n’a vue, dont nul n’a aperçu le visage, Ni entendu la voix , La mort cruelle qui brise les hommes ! Bâtissons nous des maisons pour toujours ? « ).

Utanapistî lui raconte le récit du Déluge, qui a lieu dans la ville de šurupak  au bord de l’Euphrate il fut provoqué par les grands Dieux; ENLIL , ANU, NINURTA et ENNUGI. On y trouve d’étonnante ressemblance avec l’ancien testament. Plus loin dans la tablette on retrouve la ration quotidienne de pain ( apporte nous aujourd’hui notre pain quotidien).

Enfin Gilgameš s’en retourne à Uruk accompagné de Uršanabî le Nocher. Il existe cependant une autre version de la fin de l’Epopée de Gilgameš .

Démoli ta maison pour te faire un bateau ! Renonce à tes richesses, Pour te sauver la vie! Détourne -toi de tes biens , Pour te garder sain et sauf ! Mais embarque avec toi des spécimens de tous les animaux ! […] le septième jour arrivé, tempête,  déluge et hécatombes cessèrent […]le septième jour je pris une colombe et la lâchai la colombe s’en fut […].

-récit du Déluge-

Un autre passage qui a pu influencer la pensée à travers les temps , on remarquera que ce passage a précédé de plus de 1700 ans le fameux Carpe Diem d’Horace et la pensée d’Épicure de 1400 ans .

La vie sans fin que tu cherches tu ne la trouvera jamais ! Quand les Dieux ont crées les hommes ils leur ont assigné la mort , se réservant,  l’immortalité à eux seuls ! Toi plutôt remplis toi la panse ; demeure en gaieté, jour et nuit , fais quotidiennement la fête ; danse et amuse toi , Jour et nuit ;accoutre toi d’habits bien propres; laves -toi,baigne toi Regarde tendrement ton petit qui te tient par la main et fais le bonheur de ta femme serré contre toi ! car telle est l’unique perspective des hommes .

-Lorsque la Tavernière s’adresse à Gilgameš-

 


Sources :

L’Epopée de Gilgameš – Jean Bottero  | Aube des peuples

Arte documentaire – L’épopée de gilgameš

Relief en terre cuite – Gilgameš et Enkidu tuant Humbaba – Vorderasiatissches museum berlin 

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