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George Soros et le Soros Fund Management 

George Soros est né à Budapest le 12 août 1930, il grandit dans un famille juive hongroise puis émigre au Royaume-Uni en 1947 où il entreprend des études d’économie à la London School of Economics. Il obtient un bachelor of science en 1951 et un PhD en 1954 en philosophie et commence à travailler, la même année, dans une petite maison de courtage de la City londonienne fondée par deux associés hongrois.Il crée en 1969 son premier propre fonds offshore dans les Antilles à Curaçao le fonds Quantum Fund of Funds. Il gère son fonds depuis New York avec sa société de gestion le Soros Fund Management LLC. Il investit dans son fonds ses propres économies en plus de l’argent de ses premiers investisseurs qui sont principalement la Banque Rothschild Paris et Heldring & Pierson. Il est connu comme un des plus grands spéculateurs sur devises de la planète.

Le coup de génie de 1992 : Black Wednesday 

En 1992 Soros prédit l’effondrement du Système monétaire Européen et spécule sur l’effondrement de la livre Sterling. Le 15 août 1971, la convertibilité du dollar en or fut suspendue par le président américain Nixon ce qui marqua la fin du système de Breton Woods et la généralisation des changes flottants en 1973, les pays qui constituaient la Communauté Economique Européenne ( créée en 1957 avec le traité de Rome) ont essayé de construire un système monétaire dans lequel les devises européennes pouvaient fluctuer à l’intérieure d’une marge contrôlée de fluctuation: Le Serpent Monétaire Européen. Les banques centrales devaient maintenir leur monnaie dans un tunnel de variation de + ou -2.25% autour de leur parité bilatérale et garantir la stabilité des monnaies. Le mécanisme durera jusqu’en mars 1978, après cette date une série de négociations visent à mettre en place le SME ( Système monétaire Européen), dés 1979 les marges de fluctuations d’abord proches de celle du serpent deviennent plus flexibles et un contrôle des monnaies par rapport à l’ECU ( la monnaie fictive européenne) est mis en place, des dévaluations périodiques sont aussi accordées. A cette époque c’est la crise en Angleterre, cette dernière n’adhère pas au mécanisme de change du SME lors de sa création, mais en octobre 1990 Margareth Thatcher prend la décision d’entrer dans le mécanisme de change du SME malgré une inflation forte ( 3 fois celle de l’Allemagne) et des taux d’intérêts élevés en indexant le pound à 2.95 Deutsche Mark. De l’autre coté de la manche la réunification Allemande génère un choc monétaire sans précédent et les transferts de l’ouest vers l’est avoisine les 139 milliards de Marks en 1991, ce qui représente pratiquement la moitié de l’épargne privée de l’ouest à cette période. Ce qui a pour effet une forte augmentation de l’inflation en Allemagne ; en guise de contre attaque la bundesbank décide de resserrer drastiquement la politique monétaire et donc d’augmenter les taux d’intérêts. Le premier pays à en faire les frais est l’Italie, la lira est dévaluée de 4%. Les cambistes craignent le même scénario pour l’Angleterre car il ne voient pas la pays augmenter ses taux d’intérêts pour suivre les allemands et réduire l’écart de taux, ils vendent donc de la Livre Sterling  pour acheter du Deutsche Mark du fait des taux plus élevés en Allemagne. Ceci causa de nombreux stress sur les monnaies du SME.

Plus d’infos sur le SME et les mécanismes de changes sur : http://www.captaineconomics.fr/-le-serpent-monetaire-europeen-et-le-systeme-monetaire-europeen

Le différentiel de taux entre UK et Germany était très important et les investisseurs pressentaient un réajustement.

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Le 23 février de la même année le traité de Maastricht est signé, il prévoit plus de coopération entre les pays Européens et une monnaie unique (euro), mais quelques mois plus tard le rejet par le Danemark, par référendum, du Traité portant sur la création de l’Union Économique et Monétaire( UEM ) inquiète les marchés financiers ( il sera finalement refait puis adopté en 1993). La campagne pour le référendum français sur le même sujet aggrave les incertitudes sur le devenir du projet de monnaie unique…

Les monnaies étaient donc mises sous pressions et sur-évalués par rapport au Deutsche Mark. Les spéculateurs se sont alors interrogés jusqu’à quand pouvait tenir le système en place.

Le 15 septembre 1992 George Soros décide d’entrer en action en vendant à découvert 10 milliards de livre sterling, comptant les acheter plus tard à un prix bien moindre: c’est un pari risqué à la baisse. Le lendemain la livre chute lourdement à l’ouverture, s’en suit une phase de fluctuations du taux de change qui devient incontrôlable, le pound subit « l’effet domino » et se dévalue de plus de 30% en 5 mois.

En « shortant  » la livre sterling,  Soros réalise un profit de 1 milliard £. La Bank of England perd la moitié de son stock, soit 19 milliard de dollars. Quelques jours plus tard l’Angleterre sort du SME tout comme l’Italie, l’Espagne quant-a-elle dévalue sa monnaie de 5%.

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Crisis of ERM ( 1992-1993) – Princeton University

 

Remake pour le Brexit ? 

Et bien non ! Soros n’a pas « shorté » ses positions en vue d’une dévaluation suite au référendum sur la sortie de la grande Bretagne de l’Union Européenne, en effet il n’a pas répété l’exploit de 1992 et a choisit de maintenir une stratégie « long »c’est à dire un status quo sur la paire GBP/USD et donc de ne pas parier contre une baisse de la livre sterling. Cette décision paraît surprenante au vue des déclarations que le milliardaire avait pu faire quelques jours avant le scrutin arguant que la livre pouvait chuter de plus de 20% par rapport au dollar et que les investisseurs sous-estimaient fortement l’impact de ce choc politique, Soros s’était aussi montré en faveur d’une sortie du royaume Uni de l’UE. Mais l’aversion au risque venait sans doute des bookmakers, des analystes et de leurs prévisions d’une victoire éclatante du « Oui ».

Now the catastrophic scenario that many feared has materialized, making the disintegration of the EU practically irreversible,” Soros wrote in a June 25 essay reflecting on the U.K. vote for Project Syndicate. “The consequences for the real economy will be comparable only to the financial crisis of 2007-2008. – Bloomberg 

Soros avait également mentionné que l’impact serait plus important à court et moyen terme pour les citoyens britanniques et leur économie.

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Mais d’autres investissements importants liés au Brexit 

C’est sur le German 30 index (DAX) que G.Soros a réalisé de nombreux profits qui excédent sans aucun doute une dizaine de millions d’euros en pariant sur une chute du cours de l’action de la Deutsche Bank, le pari contre le plus grand établissement allemand était toutefois osé si l’on regarde les positions des politiques qui n’affichaient aucune inquiétude et qui rejetaient l’interrogation sur les banques du Sud de l’Europe en Italie ou en Espagne. Soros Fund Management LLC a accepté une position de vente d’un montant de 0,51 % du capital-actions de la banque le 27/06 et de 0.46% le 28/06. Le fonds a emprunté environ sept millions d’actions d’une valeur de 100 millions d’euros et les a revendues pour un gain de plusieurs millions. Il faut dire que le Brexit ajoute peut être un choc de trop pour la banque allemande déjà dans la tourmente. On savait les difficultés que la banque allemande subissait depuis des années avec les affaires en tout genre libor, pénalités et sauvetage indirecte par les états membres de la zone Euro car la banque possédait beaucoup de dette grecque et irlandaise, mais c’est  plus particulièrement depuis février, que cette dernière faisait face à des replis historiques, le CDS affichait en outre un risque de 20% de faillite dans les 5 ans, le 27/06 le cours de l’action a touché encore une fois un plus bas historique à 12.07 euros. Et dire que 2 ans plus tôt seulement le cours de l’action cotait au dessus de 20 euros l’action allant jusqu’à 37 euros en janvier 2014. Du plus bas de 2015 l’action a perdu 52% de sa valeur par rapport au cours actuel de 12.58 euros l’action.

Un cours qui pourrait continuer à dégringoler en raison des incertitudes sur les futurs négociations avec la Grande Bretagne…

DBK

Cours de la Deutsche Bank 22/06 au 28/06

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Le Dax est malmené depuis 2015 va t’il faire de la résistance autour des  9100 , 8700 ou 8600 voir plus bas si cassure ? C’est la question on a tout de même un tendance baissière qui se profil sur plusieurs mois.

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http://priceonomics.com/the-trade-of-the-century-when-george-soros-broke/

http://www.latribune.fr/bourse/devises-forex/20130718trib000776400/soros-lhomme-qui-fit-sauter-la-banque-dangleterre.html

http://www.bloomberg.com/news/articles/2016-06-27/soros-was-long-the-pound-before-brexit-vote-says-spokesman

http://www.irishtimes.com/business/markets/george-soros-was-long-on-sterling-before-vote-1.2701552

http://www.sueddeutsche.de/wirtschaft/nach-brexit-referendum-george-soros-wettet-millionen-gegen-die-deutsche-bank-und-gewinnt-1.3054771

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/de-quoi-la-deutsche-bank-est-elle-le-nom-550364.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Soros

http://www.nytimes.com/1993/10/17/magazine/blaming-the-bundesbank.html?pagewanted=all

KEVV