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Perspectives historiques de la rédaction de l’oeuvre de Voltaire : Candide ou l’Optimisme

Le contexte historique

Voici un encadrement de faits historiques non exhaustifs ( + ou – 150 ans ) autour de l’an 1759 date de la première publication de Candide ou l’optimisme.

1643-1715  est la période du Règne de louis XIV

1648 : Le jour du 24 octobre 1648, deux traités de paix volumineux furent signés dans la ville de Münster en Westphalie, qui mirent fin à la guerre de trente ans dans l’Europe centrale.

Traités de Westphalie 1648

 

Die Westfälischen Friedensverträge vom 24. Oktober 1648. Texte und Übersetzungen
(Acta Pacis Westphalicae. Supplementa electronica, 1).
(http://www.pax-westphalica.de/ [13/02/2016])

1661 : Louis XIV assure seul le gouvernement après la mort du 1er ministre le cardinal Mazarin.

Louis XIV avoua sur son lit de mort avoir « trop aimé la guerre »

de 1667 à 1668, la guerre de Dévolution
de 1672 à 1678, la guerre de Hollande qui se conclut par le fameux traité de Nimègue
de 1683 à 1684, la guerre des Réunions
de 1688 à 1697, la guerre de la Ligue d’Augsbourg (également appelée guerre de Neuf Ans)   [Naissance de Voltaire en 1694]
de 1701 à 1714, la guerre de Succession d’Espagne

Mars 1685 : Promulgation du « Code Noir  » qui est un texte de loi de 60 articles qui régularise la traite des noirs et leurs conditions et qui interdit tous juifs de résider sur les îles appartenant au royaume.

Code Noir Mars 1685 – Louis XIV

 

1715-1774 est le Règne de Louis XV

Louis XV succède à son grand père Louis XIV à l’âge de 5 ans, c’est le duc Philippe d’Orléans qui régnera sur le royaume (La Régence 1715 – 1723) jusqu’à ce que Louis XV soit en âge de gouverner. Il nomme premier ministre le cardinal de Fleury en 1726 jusqu’en 1723 après avoir renvoyé le duc de Bourbon.

de 1733 à 1738  : Guerre de Succession de Pologne

de 1740 à 1748 : La guerre de Succession d’Autriche

de 1756 à 1763 : Guerre de sept ans  [publication de Candide ou l’Optimisme en 1759]

Novembre 1755 : un tremblement de terre suivi d’un raz-de-marée et d’un incendie, ravagea Lisbonne. On compta plus de 40.000 victimes

1756 : rédactions des tomes de l’Histoire du Paraguay par Pierre François Xavier de Charlevoix ( historien, jésuite, professeur et voyageur français)

Histoire du Paraguay P.F.X de Charlevoix

 

François-Marie Arouet dit Voltaire

François-Marie Arouet naît en 1694 à Paris et y meurt le 30 mai 1778, c’est l’un des philosophes des Lumières les plus connus de l’Histoire, ces écrits ont traversés les siècles et créés de vifs débats qui lui ont valu parfois l’exil, parfois des interdictions de publications.Voltaire va étudier  Newton, Leibniz, Christian von Wolff, Samuel Clarke, Bernard de Mandeville et bien d’autres et va avoir des correspondances avec de nombreuses personnes venant des quatre coins de l’Europe dont Jean Jacques Rousseau qu’il n’appréciait guère (« barbouilleur de papier « ) et Frédéric II de Prusse pour n’en citer que deux. Il a laissé une oeuvre incommensurable sur des sujets les plus divers (histoire, philosophie, religion etc … ).

Voltaire à 64 ans quand il publie Candide ou l’Optimisme

Biographie de Voltaire – Larousse

 

Ce qui se passa l’an 1759 date de la parution de Candide ou l’optimisme et comment Voltaire eu l’idée de créer ce conte

Voltaire s’installe en 1759 au château de Ferney (à la frontière franco-genevoise) qu’il a acheté après avoir voyagé à travers toute l’Europe, il va y rester jusqu’à l’année de sa mort.

Au cours de l’année il travaille énormément ; il écrit Tancrède qui est une tragédie en cinq actes et en vers, il collabore avec Diderot sur  l’Encyclopédie et rédige Candide.

Pour l’historien français Francisque Sarcey tout débute lorsque Voltaire écrit en 1756 ses poèmes sur le désastre de Lisbonne où il prend pitié des malheureux habitants de Lisbonne, il va critiquer vigoureusement le postulat selon lequel « Tout est pour le mieux « , propre à la philosophie de Leibniz (Essai sur la Theodicée sur la bonté de Dieu la liberté de l’homme et l’origine du Mal- 1710) et l’on retrouve d’ailleurs la célèbre phrase du meilleur des mondes possibles dans l’Essai de Théodicée :

 Environ l’an 1673 où je mettois déjà en fait que Dieu ayant choisi le plus parfait de tous les Mondes possibles avoit été porté par le sagesse à permettre le mal qui y étoit annexé  mais qui n’empêchoit pas que tout compté & rabbatu  ce Monde ne fût le meilleur qui pût être choisi. »  Préface XXXVI

Voltaire s’est sans doute inspiré de Leibniz lorsqu’il a créé le personnage de Pangloss « plus grand philosophe du château de Thunder-ten-Tronck et par conséquent du monde  » On retrouve quelque lignes qui connote un ego singulier que l’on retrouve aussi chez Pangloss.

 En effet il y a peut-être peu de personnes qui aient travaillé plus que moi. A peine avois-je appris à entendre passablement les Livres Latins que j’eus la commodité de feuilleter dans une Bibliothèque , j’y voltigeois de Livre en Livre […]  » Préface XXXV

Essais de Theodicée – Leibnitz

Voltaire rédige donc ses poèmes sur les desastres de Lisbonne qu’il adresse littéralement à Leibniz et le raille du début à la fin

« Je suis comme un Docteur, Hélas! je ne sais rien » où il critique la citation de Leibniz qui surnomme certains philosophes et notamment Bayle, Spinoza et Hobbes de Docteurs de la Religion

Poèmes sur le désastre de Lisbonne – Voltaire

Peu de temps après Rousseau décide d’écrire à Voltaire en lui envoyant la célèbre Lettre sur la Providence le 18 août 1756 à laquelle Voltaire répond sans détail. 29 mois plus tard Voltaire rédige Candide ou l’Optimisme.

Il publie deux écrits entre temps :

Essai sur les mœurs et l’esprit des Nations, 1756
Histoire des voyages de Scarmentado écrite par lui-même, 1756 :  qui est un conte philosophique (très court) de Voltaire écrit vers 1753 et paru en 1756 dans la Suite des mélanges publiée par les frères Cramer qui met en perspective le péchant des peuples d’Europe à faire la guerre, la fausse tolérance de certains hommes, et l’esclavage.

J’allai en Hollande, où j’espérais trouver plus de tranquillité chez des peuples plus flegmatiques. On coupait la tête à un vieillard vénérable lorsque j’arrivai à La Haye

Le conte débute par:

Je naquis dans la ville de Candie, en 1600

Le nom de la ville, Candie,  renvoie à la candeur (pureté d’âme et naïveté) également propre à Candide. Lorsqu’il pense à écrire Candide, Voltaire à sans doute voulu faire un conte philosophique plus long car il voulait  sûrement pouvoir faire passer plus d’idées au travers de ce nouveau format d’écriture.

Histoire des voyages de Scarmentado- Voltaire

Etude du livre Candide ou l’Optimisme

Lien vers le texte intégral :

Candide ou l’Optimisme -1ère Edition

 

Frontispice de la 1re édition du conte philosophique de Voltaire publié à Genève, 1759

Frontispice de la 1ère édition du conte philosophique de Voltaire publié à Genève, 1759

 

L’oeuvre se décompose en 30 chapitres , l’étude se portera par chapitre (pour faire une recherche rapide tapez : ctrl  f en même temps et écrivez Chapitre un espace et le numéro )

Chapitre 1

Gravure de W. Bock. 1771. Nuremberg. German. Museum.

Gravure de W. Bock. 1771. Nuremberg.
German. Museum.

Dans les premières lignes de ce premier chapitre Voltaire dessine le portrait du jeune Candide, le nom de ce dernier renvoie à la candeur qui signifie la pureté d’âme, c’est une confiance excessive venant de la naïveté et une franchise venant d’une âme pure (blanche)

L’histoire du chapitre 1 prend place en Westphalie (pays qui a réellement existé) dans le château d’un baron au nom imprononçable, Voltaire adresse ici sa première moquerie indirecte de l’aristocratie que l’on rencontre une nouvelle fois un peu plus loin et qui raille les codes du mariage aristocratique lorsqu’il dit:

Candide […] que cette Demoiselle ne voulut jamais épouser, parce qu’il n’avait pu prouver que soixante et onze quartiers, et que le reste de son arbre généalogique avait été perdu par l’injure du tems.

On rencontre au fil de la lecture les différents personnages du conte, le Baron, la Baronne, Cunégonde (leur fille) , le fils du Baron , Pangloss ( le précepteur de Candide)

Voltaire met en scène Pangloss personnage important du conte que l’on retrouvera dans de nombreux chapitres et qui est l’étendard de la pensée philosophique Leibnitzienne du « tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles », de l’harmonie du corps et de l’âme qui suppose que le monde est harmonie et le mal rend possible le bien, du principe de raison suffisante c’est à dire le principe que rien n’arrive sans raison, et le fait que tout élément a une cause et que c’est un être nécessaire qui a créé les choses contingentes.

«II est démontré, disait-il, que les choses
ne peuvent être autrement: car tout étant
fait pour une fin, tout est nécessairement
pour la meilleure fin. Remarquez bien que
les nez ont été faits pour porter des lunettes,
aussi avons-nous des lunettes. Les jambes
sont visiblement instituées pour être chaussées,
et nous avons des chausses[…]

Pangloss enseigne à Candide qui l’écoute et le croît la  » Métaphisico-théologo-cosmolo-nigologie », le dernier mot nigologie renvoie à nigaud qui signifie être sot et maladroit par un manque de jugement et d’expérience.

Leibniz et son principe de cause à effet sont illustrés par la phrase :

Maître Pangloss, le plus grand Philosophe de la
Province, et par conséquent de toute la Terre.

Candide est également fasciné par la beauté de mademoiselle Cunégonde. Mais lorsqu’il y touche et que le baron s’en aperçoit, il est chassé du château, comme Adam du paradis (« Candide chassé du Paradis terrestre » chap 2 ).

Voltaire va utiliser le ton ironique (second degré, critiques indirectes) tout au long de son oeuvre et utilise des procédés divers (juxtaposition, exagérations, antiphrases, atténuations déconcertantes…) la fin du 1er chapitre en est un exemple caractéristique :

M. le Baron […] chassa Candide du Château à grands coups de pied dans le derrière […] et tout fut consterné
dans le plus beau et le plus agréable des Châteaux possibles.

 

Chapitre 2

Dans ce deuxième chapitre Candide erre dans ce meilleur des mondes possibles et fait face au manque d’argent, à la faim et au froid , il est enrôlé de force dans le Régiment d’infanterie de l’armée Bulgare ( qui exista réellement) et est battu sévèrement, il fut gracié par le roi des Bulgares puis guérit.

Armée bulgare

Armée bulgare

c’était un privilège de l’espèce humaine, comme de l’espèce animale, de se servir de ses jambes à son plaisir. II n’eut
pas fait deux lieues, que voila quatre autres héros de six pieds qui l’atteignent, qui le lient, qui le mènent dans un  cachot; on lui
demanda juridiquement ce qu’il aimait le mieux, d’être fustigé trente-six fois partout le Régiment, ou de recevoir a la fois
douze balles de plomb dans la cervelle; il eut beau dire que les volontés sont libres,et qu’il ne voulait ni l’un, ni l’autre, il fallut
faire un choix ; il se détermina en vertu du don de Dieu, qu’on nomme liberté, à passer trente-six fois par les baguettes[…]

Dans cette tirade Voltaire se moque du principe de liberté de l’Homme que Leibniz explique dans son livre Essai sur la Theodicée sur la bonté de Dieu la liberté de l’homme et l’origine du Mal de 1710 et bien entendu de la théologie.

Chapitre 3

Voltaire décrit par un procédé que vous connaissez à présent les horreurs de la guerre entre Bulgares et Abares, la guerre est un thème que Voltaire (la période de l’histoire dans laquelle il vécu était rythmée par d’incessantes guerres ) reprend souvent et qu’il critique.

Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons formaient
une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en Enfer

Après s’être enfuit du champs de bataille,  il fut aidé non pas par l’Orateur qui faisait un discours sur la charité et qu’il rencontrât mais bien par l’Anabatiste Jacques (un non-baptisé) qui lui donna à manger, par la suite il rencontra un sans abris dans la rue.

Chapitre 4

Candide se rendît compte que le sans abris n’était autre que Maître Pangloss, et lui demanda ce qu’il s’était passé, choqué il s’évanouît  lorsqu’il apprît que l’amour de sa vie Mademoiselle Cunégonde était morte et que le château était détruit.

[…] quel malheur vous est-il donc arrive ? pourquoi n’êtes-vous plus dans le plus beau des Châteaux ? qu’est devenue Mademoiselle Cunegonde, la perle des filles, le chef-d’oeuvre de la nature ? — Je n’en peux plus ».

C’est alors que Pangloss en bon philosophe se met à parler de l’Amour et conclut que par le principe de cause à effet c’était bien Paquette  sa dernière conquête, qui était alors infectée de maladies en tout genre, qui elle même l’avait eue en droite ligne d’un
des compagnons de Christophe Colomb, qui l’a conduit à cet état.

et à Candide tout naïf de répondre :

n’est-ce pas le Diable qui en fut la souche ?

et à Pangloss de rétorquer

Point du tout, répliqua ce grand homme; c’était une chose indispensable
dans le meilleur des mondes, un ingrédient nécessaire […]

Une autre allusion à la pensée de Leibniz.

Pangloss fut guérit et l’Anabatiste l’engagea pour sa comptabilité, l’Anabatiste dû se rendre au Portugal pour affaires et emmena Pangloss et Candide, ils se rendirent à Lisbonne

les malheurs particuliers font le bien général

Pangloss utilise cette phrase pour tenter de convaincre l’Anabatiste que tout est au mieux, on peut faire un parallèle avec la fable des abeilles de Bernard de Mandeville

1750

1750

 

Chapitre 5

L’arrivée à Lisbonne est de tout point Dantesque, Voltaire prend appui sur les faits réels qui se sont déroulés en novembre 1755

1755 tremblement de terre à Lisbonne causant le mort de plus de 40000 hommes

1755 tremblement de terre à Lisbonne causant la mort de plus de 40000 hommes

C’est alors que le bon Anabatiste Jacques disparaît en mer engloutit par les flots, à peine arrivés sur terre qu’un tremblement terrible se produisit

Des tourbillons de flamme et de cendres couvrent les rues et les places publiques,
les maisons s’écroulent, les toits sont renversés sur les fondements, et les fondements
se dispersent ; trente mille habitants de tout âge et de tout sexe sont écrasés sous des ruines

Plus loin Voltaire fait référence à un autre tremblement de terre qui se produisit bien réellement aussi : le tremblement de terre de Lima du 28 octobre 1746 qui tua plus de 6000 hommes.

Mais le philosophe Pangloss trouva les « bons » mots pour consoler les survivants de la tragédie :

Pangloss les consola, en les assurant que les
choses ne pouvaient être autrement :  « Car,
dit-il, tout ceci est ce qu’il y a de mieux. »

Et c’est ainsi qu’il décida de prouver cette théorie à une petit homme qui était dans les parages et qui se trouvait être membre de l’Inquisition

Chapitre 6

Après cet événement les sages  du pays organisèrent un autodafé et brûlèrent quelques  personnes  pour empêcher un nouveau carnage, Pangloss fut de ceux là et Candide fut fessé, peu après la terre se remis à trembler et Candide  se demandât:

 Si c’est ici le Meilleur des Mondes possibles, que sont donc les autres ?

Pangloss pendu et les autres brûlés par l'Inquisition

Pangloss pendu et les autres brûlés par l’Inquisition

Chapitre 7

Candide fut soigné par une vieille et elle l’emmena voir mademoiselle Cunégonde qui avait survécu et il se racontèrent leurs histoires.

Chapitre 8

L’histoire de Cunégonde est narrée de manière crûe

je dormais profondément, quand il plut au Ciel d’envoyer des Bulgares dans notre beau Château de Thunder-ten-trunckh ; ils égorgèrent mon père et mon frère et coupèrent ma mère par morceaux

Le capitaine des Bulgares la viola et lui trancha le ventre puis la prit pour servante mais Cunégonde le trouvait « très bien fait » et ayant « une peau blanche et douce  » (la encore on remarque le ton ironique de Voltaire), elle fut vendue à un juif ( Don Issachar) qui la conduisit au Portugal, et qui conclut un pacte avec l’Inquisiteur de Lisbonne  pour se la partager, après avoir mangé,  Candide et Cunégonde eurent la visite Don Issachar.

Chapitre 9

Après un duel avec Don Issachar Candide le tue ainsi que l’Inquisiteur qui se présenta peu après

 Si ce saint homme appelle du secours, il me fera infailliblement brûler; il pourra en faire autant de Cunegonde ; il m’a fait fouetter impitoyablement; il est mon rival; je suis en train de tuer, il n’y a pas à balancer

En quelques minutes Candide bien qu’il fut doté des mœurs les plus douces tua l’Inquisiteur et Don Issachar, ils partirent tous les deux avec la Vieille à Cadiz pour tenter d’échapper aux représailles de l’Inquisition ( La sainte Hermandad)

Chapitre 10

cadiz

Cadiz

Le chapitre 10 débute par une lamentation de Dame Cunégonde sur l’argent en général et plus particulièrement sur les diamants qui lui furent dérobés. Quand ils arrivèrent à Cadiz ( très surement Cadix ville espagnole) ils embarquèrent à bord d’un des navires  militaires Espagnols qui partaient mater la révolte des Jésuites du Paraguai, cette révolte exista et eu lieu en vers 1730-1731 entre le gouverneur du Paraguai  Dom Martin de Barua et les rebelles jésuites on la retrouve dans l’Histoire du Paraguay de Pierre François Xavier de Charlevoix de 1756

Candide qui fut promu Capitaine, Dame Cunégonde et son équipage voguent vers le nouveau Monde, durant la traversée il discute de philosophie et du regretté Pangloss, Cunégonde quant-à-elle racontent ses malheurs à la vieille puis la vieille les siens.

C’est certainement le nouveau Monde qui est le meilleur des Univers possibles.  » 

Chapitre 11

La vieille racontent ses malheurs à Cunégonde qui pensait que ses malheurs ne pouvaient être égalés, mais la vieille se trouve être la fille d’un Pape et d’une Princesse, elle côtoya l’aristocratie et fut mariée à un prince qu’une maîtresse empoisonna, un jour des corsaires s’emparèrent d’un navire dont elle et sa mère était membre, elle fut violée ainsi que les autres servantes, ils accostèrent au Maroc où des ennemis les attaquèrent pour ravir le butin, la bataille tua sa mère et tous l’équipage corsaire, s’étend extirpé du tas de mort elle s’assoupis et lorsqu’elle se réveilla un homme se tenait à ses cotés, c’était un eunuque napolitain.

Chapitre 12

Ce dernier qui s’était fait castrer pour l’opéra, l’emmena chez lui, ils partagèrent leur histoires et il se trouva qu’il fut le précepteur de sa mère, puis il la vendit au Dey de la province d’Alger, où la peste s’y déclara et où presque tout le monde périt dont l’Eunuque et le Dey, elle fut alors achetée puis revendue de nombreuses fois de Tripoli en passant par Constantinople elle appartint enfin à un janissaire nommé Aga, ils partirent en guerre contre les russes et ils se retrouvèrent avec d’autres janissaires assiégés dans un fort et durent manger deux eunuques pour se nourrir et pour ne pas se rendre,  ils mangèrent alors une fesse de chaque femmes présentes, puis tous les janissaires furent tués par les russes, elle fut soigné et elle partie en Russie,enfin elle finie par être servante chez Don Issachar. L’histoire de la vieille met aussi en relief le fait que nous avons chacun maudit sa vie en supposant que l’on était plus malheureux que les autres.

Chapitre 13

Candide, Cunégonde la vieille est l’équipage longèrent la cote de l’Amérique du Sud pour rejoindre Buenos-Aires

amerique du sud

On aborda dans Buenos-Aires. Cunégonde, le Capitaine Candide
et la Vieille allèrent chez le Gouverneur Don Fernando d’Ibaraa, y Figueora, y
Mascarenes, y Lampourdos, y Souza.

Le gouverneur, personnage des plus hautains, demandât sans attendre la main de Cunégonde, un vaisseau arriva à Buenos-Aires qui transportait un Alcade et des Alguazils qui étaient en fait des hommes de main de l’Inquisition, ces derniers avaient suivis Candide, Dame Cunégonde et la Vieille. Pour Candide la fuite paraissait l’unique solution d’échapper au bûcher.

C’est ainsi que Candide quitta Dame Cunégonde.

Chapitre 14

Le chapitre quatorze met en scène Candide et Cacambo un valet provenant de Cadiz qui l’accompagna durant la traversée vers Buenos Aires, ce dernier connaissait bien le Paraguai et le gouvernement de Los Padres, un Royaume rebelle:

Le Royaume a déjà plus de trois cent lieues de diamètre ; il est divise en
trente Provinces ; Los Padres y ont tout ; et les Peuples rien ; c’est le chef-d’oeuvre de
la raison et de la justice.

Ils rencontrèrent le commandant et le révérend père Commandant,  il se trouva que ce dernier provenait du château de Thunder-ten- trunck et était le frère de Dame Cunégonde, ils parlèrent en allemand tout le long du repas.

Chapitre 15

Après de nombreuses embrassades et discutions  avec le frère de dame Cunégonde Candide évoque le souhait d’épouser sa sœur ce qui créa la discorde entre les deux hommes;

Vous insolent! répondit le Baron, vous
auriez I’impudence d’épouser ma sœur qui
a soixante et douze quartiers! je vous trouve
bien effronté d’oser me parler d’un dessein
si téméraire!

Ici on a la même référence qu’au chapitre premier sur les codes du mariage de l’Aristocratie.

Peu de temps après un duel entre les deux hommes conduisit à la mort du frère de Cunégonde, il ne restait alors plus à Candide qu’a se lamenter :

je suis le meilleur homme du monde, et voila déjà trois
hommes que je tue ; et dans ces trois il y a deux Prêtres. »

Ils s’enfuirent à Los Padres pour échapper encore une fois à la mort qui les traquaient

 Chapitre 16

Cacambo et Candide fuyèrent vers une destination inconnue, ils firent une halte dans une clairière pour manger lorsqu’ils virent deux filles nues poursuivies par deux singes, Candide tua les deux singes, mais il s’avéra qu’il commis une erreur, en effet ils s’endormirent et à leur réveil ils ne pouvaient plus bouger.

les Oreillons habitants du pays, à qui les deux Dames les avaient dénoncés, les
avaient garrottés avec des cordes d’écorce d’arbre

Ce peuple sauvage eut l’idée de les manger

Tout est bien ; soit , mais j’avoue qu’il est bien cruel d’avoir perdu Mademoiselle
Cunégonde, et d’être mis à la broche par des Oreillons

Après s’être lamenté dans le chapitre précédent sur la mort du frère de Dame Cunégonde voilà qu’il se félicite de l’avoir tué car il ne fut pas mangé par les oreillons du fait que les Jésuites étaient les ennemis de ce peuple, ils survécurent donc .

Chapitre 17

Les deux acolytes voulurent se rendre à Cayenne, arrivé prés d’une rivière il se laissèrent porter par le courant, ils arrivèrent dans un pays Mystérieux où tout brillait, où les moutons étaient rouges, où l’utile était agréable et qui possédait une richesse consternante mais dont les habitants de ce pays ne semblaient pas leur accorder de la valeur.

Quel est donc ce pays, disaient-ils l’un et l’autre, inconnu à tout le reste
de la Terre, et où toute la nature est d’une espèce si différente de la nôtre ? C’est probablement
le pays ou tout va bien ; car il faut absolument qu’il y en ait un de cette espèce.

Ils étaient arrivés à Eldorado.

Chapitre 18

Les habitants de ce pays étaient en tous points bons et honnêtes, dotés des valeurs les meilleures ( modestes, sympathiques, …), ils furent menés chez l’homme le plus savant de la contrée qui leur expliqua plusieurs choses à propos de ce pays;

On a plusieurs idées principales :

  • L’avidité des peuples n’était pas arrivé à El Dorado, ce qui signifie que si un meilleur des mondes fut possible l’avidité et la convoitise comme celle des peuples Européens en seraient exclus.
  • Le rapport à la religion est différent; il existe un unique Dieu, il n’y a pas de prêtres car nous le somme tous, il n’y a pas de prières car on ne demande pas on remercie
  • Il n’y a pas de prisons, de parlement et de cour de justice
  • Tous les hommes sont libres
  • Les sciences occupent une place importante

Candide conclut qu’il fallait voyager et se mis à douter de son Maître Pangloss mais après quelques temps ils décidèrent de rentrer dans leur monde car Cunégonde lui manquait.

Si nous restons ici, nous n’y serons que comme les autres au lieu que si nous retournons dans notre Monde, seulement avec douze moutons charges de cailloux d’ Eldorado, nous serons plus riches que tous les Rois ensembles

Voltaire préfigure ici la théorie de l’avantage comparatif que développera plus tard Ricardo propre à l’enrichissement capitaliste (le conte Candide ou l’optimisme est écrit au même moment que la théorie des sentiments moraux de Adam Smith)

Ils quittèrent le pays chargés de pierres précieuses et d’or que transportaient des moutons.

Chapitre 19

Le voyage leur rappela que les richesses matérielles étaient périssables et que les seules véritables richesses étaient la vertu, le bonheur et l’Amour, ils approchèrent de Surinam et rencontrèrent sur le chemin un nègre.

C’est dans cette rencontre de que Voltaire place une attaque forte contre l’esclavage et toutes les formes d’exploitations de l’homme par l’homme. Ce nègre avait perdu sa jambe car il voulait s’enfuir et c’était la punition, il perdit sa main au travail  et il ne recevait qu’un habit pour toute l’année.

Et Voltaire montra quelle était la contrepartie du confort des Européens au travers de cette phrase de l’esclave:

C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe

Un prix qui à un nom : la Vie 

Une gravure du discours entre les trois hommes est en première de couverture de cette article. Ainsi donc ce malheureux  était moins bien traité que les animaux domestiques.

A l’écoute de ses mots Candide s’écria alors :

0 Pangloss! […] , tu n’avais pas deviné cette abomination ; c’en
est fait,  il faudra à la fin que  je renonce à ton Optimisme.

Et ainsi Candide changea sa perception de l’optimisme, ils entrèrent dans Suriname en pleurant, ils élaborèrent alors un plan pour récupérer Dame Cunegonde, c’est alors que Cacambo partit dans ce but et Candide se rendit à Venise pour les attendre, et peu de temps après il se vit dérobé de toutes ses richesses, Candide décida de choisir un compagnon de route qui était le plus malheureux et son choix se porta sur un pauvre savant du nom de Martin.

Chapitre 20

Dans ce chapitre le long voyage de retour à Bordeaux est une occasion pour Candide de philosopher sur la pensée de Pangloss  avec son nouveau compagnon Martin, ils débâtirent alors de la pensée Manichéenne.

Vous vous moquez de moi, dit  « Candide, il n’y a plus de Manichéens dans
le Monde. — II y a moi, dit Martin, je ne s’ai qu’y faire

Cette pensée est en fait une religion qui remonte au IIIème siècle après Jésus Christ et qui proviendrait de Babylone

Mani

Mani naquit en 216 après JC

Le Manichéisme -Hugo Gressman

La religion manichéenne avait plusieurs divinités comme celle de lune (le dieu Siin), elle a plusieurs caractéristiques dont la foi astrale (l’ascension de l’âme vers le ciel), le dualisme et l’ascèse ( la recherche de la perfection par l’abnégation)

Le manichéisme prétend apporter la connaissance fondamentale, la gnose, le gnostique considère que la vérité est intraduisible – « inénarrable et ineffable », disait Secundinus – par les procédés de la science commune. Elle nécessite attente, contemplation extatique et mystique d’une âme disponible. C’est devant le mythe, à travers le message qu’il porte en filigrane, que la vérité est saisie et que s’opère la gnose.  […] Un texte chinois (« Fragment Pelliot », VI) présente ainsi cette doctrine, sous la rubrique « Règles pour entrer en religion » : « D’abord [il faut] discerner les deux principes. Celui qui demande à entrer en religion doit savoir que les deux principes de la lumière et de l’obscurité ont des natures absolument distinctes… Ensuite [il faut] comprendre les trois moments [qui sont] : 1° le moment antérieur ; 2° le moment médian ; 3° le moment postérieur. Dans le moment antérieur, il n’y a pas encore les cieux et les terres ; il existe seulement, à part l’une de l’autre, la lumière et l’obscurité ; la nature de la lumière est la sagesse ; la nature de l’obscurité est la stupidité… Dans le moment médian, l’obscurité a envahi la lumière ; elle se donne libre carrière pour la chasser ; la clarté vient et entre dans l’obscurité, et s’emploie tout entière pour la repousser. […] Dans le moment postérieur, l’instruction et la conversion sont achevées ; le vrai et le faux sont retournés chacun à sa racine. »

« Que la paix du Dieu invisible et la connaissance de la vérité soient avec les frères saints […] qui croient aux divins préceptes et les mettent en pratique » (Ep. Fund., 11, 13). Telles sont les paroles de Mani pour annoncer les règles morales du disciple véritable.

Regards sur le manichéisme (2003) Par François Decret – Professeur honoraire des universités Ancien professeur à l’Institut « Augustinianum », université du Latran, Rome

De ces principes de bases il faut savoir que Dieu est issu de la lumière ( le bien), il y avait plusieurs groupes de fidèles, qui correspondaient à leur niveau de recherche de la perfection ; les Élus ou Parfaits ( une ascèse très forte  [i] ) et les Auditeurs ( ascèse plus souple ) ou  les Catéchumènes

[i] La règle des « Trois Sceaux » les interdits : sceau de la bouche, des mains, du sein

  1. le sceau de la bouche : mensonge, parjure et serment ne sauraient convenir, aucun aliment impur – la force maléfique est surtout active dans la viande – ni même poisson ; pas de laitages, ni de vin ou de toute boisson fermentée
  2. le sceau de la main : du travail agricole, qu’il s’agisse de la cueillette des fruits ou de la moisson, tuer des animaux, et être militaire ou avoir des fonctions publiques compromises avec la morale du siècle
  3. le sceau du sein : chasteté totale et donc le célibat perpétuel, élever des animaux ou faire des plantations agricoles
[ii]  10 principes :  ne pas se livrer à l’idolâtrie ou à la magie ; ne pas mentir ; s’interdire l’avarice ; ne pas commettre d’adultère ; ne pas voler ; ne pas faire preuve de duplicité ; ne pas suivre les imposteurs ; ne pas négliger les exercices de piété, un jeune dominical sur une trentaine de jours par an

pour plus d’informations :

Mani est la tradition Manichéenne - François Decret

Mani et la tradition Manichéenne – François Decret

Martin va alors peindre un tableau noir du Monde en citant de nombreux exemples apparitions des êtres de l’obscurité ( Mal), c’est à ce moment que les deux compères aperçurent au loin deux gréements se livrer bataille, et Candide fut conquit par cet exemple opportun de la théorie manichéenne :

 II est vrai, dit Candide, qu’il y a quelque chose de diabolique dans cette affaire.

Il retrouva aussi un des moutons rouges d’Eldorado qu’il embarqua.

Chapitre 21

Ils longèrent les côtes de France, pays où Martin a déjà été, et où la nature des hommes est fortement différente selon les Provinces et elles sont toutes réunies à Paris

la principale occupation est l’amour, la seconde de médire, et la troisième de dire des sottises

Mais Candide ne voulu pas traverser la France, ils allèrent à Venise, durant leur chemin vers l’Italie ils abordèrent la question de l’étonnement et de la surprise qui n’avaient pas quitté Candide. Martin lui dit que lorsque on a vu tant de choses extraordinaires, on ne perçoit plus rien comme extraordinaire, puis il discutèrent de la nature de l’homme et de son évolution ; vision fixe de l’évolution (l’essence même de l’homme est immuable ? )  pour Martin, rien est immuable pour Candide qui se réfère au libre-arbitre des hommes que n’ont pas les animaux.

Eh bien, dit Martin, si les éperviers ont toujours eu le même caractère, pourquoi voulez-vous que les hommes ayent changé le leur ? — Oh! dit Candide, il y a bien de la différence, car le libre arbitre… »

Enfin ils arrivèrent à Bordeaux,

Chapitre 22

Ce chapitre débute par une raillerie des homme de sciences et en l’occurrence de l’Académie des Sciences pour montrer la témérité de ces scientifiques à vouloir porter un raisonnement mathématique à la démonstration d’un phénomène

l’Académie des Sciences de Bordeaux, laquelle proposa pour le sujet du prix de cette année, de trouver
pourquoi la laine de ce mouton était rouge; et le prix fut adjuge a un Savant du Nord, qui démontra par A : plus B moins C
divisé par Z : que le mouton devait être rouge, et mourir de la clavellée.

Puis comme les gens qu’ils rencontrèrent se rendaient tous à Paris ils y allèrent, dans la capitale rien ne pouvait être fait sans argent  mais il en avait et voulu se faire soigner d’une maladie qu’il attrapa en ses lieux, les médecins le rendirent encore plus malade; Voltaire critique la relation à l’argent  pour des médecins et même chez les hommes de foi,  après sa guérison un abbé « l’un de ses gens […]  effrontés, qui guette les gens à leur passage  » et qui se plaignait sans cesse comme d’ailleurs les gens de Paris, il les mena découvrir la ville. Voltaire dans un dialogue montre la facilité, la complaisance et la jalousie qu’ont les gens de Paris à tout critiquer lorsque une oeuvre littéraire est publiée, ils allèrent ensuite souper chez une Marquise.

Voltaire dans les lignes suivantes décrit les soupers Parisiens de l’époque :

Le souper fut comme la plupart des soupers de Paris ; d’abord du silence ; ensuite
un bruit de paroles qu’on ne distingue point; puis des plaisanteries dont la plupart sent
insipides, de fausses nouvelles, de mauvais raisonnements, un peu de politique et beaucoup
de médisance ; on parla même de livres nouveaux

Durant ce souper candide rencontra un autre savant qui lui expliqua à l’inverse de Pangloss et son tout va bien que tout va de travers

Moi, Monsieur, lui répondit
le Savant, je ne pense rien de tout cela ; je
trouve que tout va de travers chez nous, que
personne ne sait ni quel est son rang, ni
quelle est sa charge, et qu’excepte le souper
qui est assez gai, et où il parait assez d’union,
tout le reste du temps se passe en querelles
impertinentes ; Jansénistes contre Molinistes
gens du Parlement contre gens d’Eglise,
gens de lettres contre gens de lettres,
courtisans contre courtisans, financiers contre
le peuple, femmes contre maris, parents
contre parents ; c’est une guerre éternelle. »

Après le dîner Candide coucha avec la Marquise qui lui prit deux diamants par la même occasion, il reçut ensuite une lettre de Cunégonde et alla la rejoindre dans l’hôtel où elle résidait mais il s’aperçurent que ce fut un coup monté, il fut mené en prison puis libéré contre des diamants, ils partirent ensuite un peu contre la force des choses à Dieppe puis en Angleterre.

Chapitre 23

Dans ce début de chapitre nous retrouvons une autre référence historique; la guerre de Sept Ans( 1756 -1763) qui débute en fait officieusement en 1955 et qui est considérée comme la première guerre de portée mondiale, la France et l’Angleterre se disputèrent le Canada

vous savez que ces deux Nations sont en guerre pour quelques arpens de neige vers le
Canada, et qu’elles dépensent pour cette belle guerre beaucoup plus que tout le Canada ne vaut

L’histoire de cet événement est très bien reprise dans le recueil du roi de Prusse Frédéric II , un amis de Voltaire et par de nombreux autres historiens tel que Johann Wilhelm von Archenholz ou bien plus récemment l’historien Edmond Dziembowski agrégé de l’Université Sorbonne IV qui a publié en 2015 un très bon livre ( La guerre de sept Ans  1756 – 1763 ) sur cet événement.

 

 

Frédéric II de Prusse et Voltaire – Bnf

 

Ils débarquèrent à Portsmouth, mais à la vue d’une exécution d’un Amiral Anglais pour l’exemple, Candide ne voulu pas accoster, ils se dirigèrent alors vers Venise, après un long voyage ils débarquèrent à Venise, c’est sur la Place Saint Marc que Candide rencontra Paquette et son  compagnon (Frère Girolée), elle lui raconta son histoire autour d’un dîner, son histoire qui s’avéra être aussi chaotique que celle de Candide.

 

Piazza San Marco,Venezia

Piazza San Marco,Venezia

 

Par le discours de Fère Girolée, Voltaire critique la mauvaise foi des abbés et la religion toute entière:

La jalousie, la discorde, la rage habitent dans le Couvent
Il est vrai que j’ai prêché quelques mauvais sermons qui m’ont valu un peu d’argent

Chapitre 25

Candide et Martin partirent chez un noble Vénitien nommé Pococurantè car ils avaient entendu dire que ce dernier était un homme fort accueillant, ils discutèrent longuement, Candide fut émerveillé par de si beau tableaux que le Sénateur possédait.

Ils sont de Raphael, dit le Sénateur ; je les achetai fort cher par vanité il y a quelques années ;
on dit que c’est ce qu’il y a de plus beau en Italie ; mais ils ne me plaisent point du tout

Cette phrase met en lumière un sujet qui est la vanité, sujet très largement répandu chez les philosophes antiques et du siècle des lumières.

Après ce débat Pococurantè voulu leur montrer sa bibliothèque et il s’attela à faire des critiques des livres que lui montrait Candide; de Homère en passant par Virgile ainsi que Horace, Aristote, puis Cicéron auquel il adresse une critique qui ouvre une nouvelle question philosophique et que Voltaire met ici prodigieusement en avant :

je me serais mieux accommodé de ses œuvres philosophiques, mais quand
j’ai vu quil doutait de tout, j’ai conclu que j’en savais autant que lui, et que je n’avais
besoin de personne pour être ignorant.

Le débat philosophique ici est: Peut-on douter de tout ? Est-ce que le monde est réel ? suis-je bien entrain de taper sur mon clavier ?Douter de tout, tout le monde le peut, mais si une personne conçoit le doute comme manière d’aborder la vie et qu’il dit: il est vrai qu’il faut douter de tout, il affirme donc qu’il faut douter de ce qu’il affirme. Socrate, Descartes, Nietzsche, Schopenhauer et d’autres philosophes ont rédigé des écrits sur la question.

Bibliothèque de Pococurantè

Bibliothèque de Pococurantè

Et Candide l’écoutait :

Candide qui avait été élevé à ne jamais juger de rien par lui-même,
était fort étonné de ce qu’il entendait

Candide adopte ici un comportent moutonnier sans trop de réflexion, Pococurantè va mettre en avant Sénèque dont dit-il une page ne vaut pas 3000 sermons.

Chapitre 26

Un soir dans une hôtellerie ils rencontrèrent Cacambo qui était devenu esclave, et qui leur dit que Cunégonde était à Constantinople, six étrangers qui s’avéraient être des Rois déchus (dont Théodore Roi de Corse) discutèrent avec eux, ils venaient tous pour le Carnaval de Venise.

Gravure allemande représentant Théodore 1er Roi des Corses, Il est entouré à droite de Luiggi de GIAFFERI, Général de la Nation en 1735, il sera nommé Régent du Royaume au départ du Roi, à droite Sebastianu COSTA

Gravure allemande représentant Théodore 1er Roi des Corses, Il est entouré à droite de Luiggi de GIAFFERI, Général de la Nation en 1735, il sera nommé Régent du Royaume au départ du Roi, à droite Sebastianu COSTA

Chapitre 27

Ils embarquent  avec Cacambo et son maître le Sultan en direction de Constantinople, et en repensant à Cunégonde il ressassa que tout était bien, Cacambo raconta que Dame Cunegonde avait changée et était devenue esclave, après avoir racheté Cacambo ils embarquèrent sur une galère ou ils trouvèrent le Baron et Pangloss qui n’étaient pas mort !

Est-ce un songe ? dit Candide ; veillai-je ? suis-je dans cette galère ?
Est-ce la Monsieur le Baron que j’ai tué ? est-ce la Maître Pangloss que j’ai vu pendre ?
— C’est nous-mêmes; c’est nous-mêmes, répondaient-ils

Ainsi Candide, Cacambo, Martin, Pangloss et le Baron partirent délivrer Cunégonde

Chapitre 28

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C’est la seule fois du livre où Voltaire  cite explicitement Leibniz.

Chapitre 29

Durant le trajet ils philosophèrent tous ensemble :

les événements contingents ou non contingents de cet Univers, qu’ils
disputaient sur les effets et les causes, sur le mal moral et sur le mal physique, sur la
liberté et la nécessité, sur les consolations que l’on peut éprouver lorsqu’on est aux
galères en Turquie

Tout les éléments renvoient à l’Essai de Théodicée de Leibniz, les protagonistes retrouvèrent Cunégonde et la Vieille et Candide s’empressa de les racheter. Candide et Cunégonde voulurent se marier mais le Baron resta inflexible.

Chapitre 30

Le chapitre trente est le dernier chapitre du conte et c’est sa conclusion, les trois philosophes proposèrent à Candide une solution au problème, il décida de le renvoyer aux galères sans en dire mot à Cunégonde, les juifs l’avait dépouillé de toutes ses richesses durant ses aventures, tous étaient désespérés et menaient une vie dennui et par le discours de la Vieille Voltaire pousse l’ironie à son paroxysme:

Je voudrais savoir lequel est le pire, ou d’être violée
cent fois par des Pirates Nègres[…] ou bien de rester ici a ne rien faire ?

Paquette et le frère Giroflée les rejoignirent, puis ils partirent consulter un Derviche (philosophe) qui ne leur parla pas très longtemps.

Je sais aussi, dit Candide, qu’il faut cultiver notre jardin. — Vous avez raison,
dit Pangloss ; car quand l’homme fut mis dans le jardin d’Eden, il y fut mis, ut operaretur
eum, pour qu’il travaillât ; ce qui prouve que l’homme n’est pas né pour le
repos. — Travaillons sans raisonner, dit Martin, c’est le seul moyen de rendre la
vie supportable

 

En rentrant ils trouvèrent un vieillard qui leur dit :

Vous devez avoir, dit Candide au Turc, une vaste et magnifique Terre ? — Je n’ai
que vingt arpents, répondit le Turc ; je les cultive avec mes enfants ; le travail éloigne
de nous trois grands maux, l’ennui , le vice et le besoin. »

 

Puis Pangloss lança une énième fois sa fameuse assertion et Candide conclut en ajoutant :

Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin

Voltaire conclut son conte par la présente phrase  il faut cultiver nôtre jardin, et qui peut signifier plusieurs choses

Quelques possibilités pour analyser cette phrase :

  • Voltaire laisse le lecteur libre de s’approprier une conclusion
  • Voltaire cache un sens philosophique profond à l’assertion de Candide
  • Voltaire donne le sens littéral de la phrase à l’affirmation de Candide

Candide s’approprie le raisonnement du « bon »vieillard (qui a l’air heureux et riche) selon lequel il faut travailler pour éloigner de l’homme l’ennui , le vice et le besoin car l’ennui provient de l’inaction, le besoin d’argent (principalement) est comblé par les fruits du labeur le besoin de nourriture est supprimé car il a un accès gratuit à la nourriture qu’il produit, et le vice disparaît car il n’envie personne et n’est tenté de dérober des biens, ainsi le travail deviens une bonne action car il a des avantages.

Ainsi la culture du jardin dans son sens littéral renvoie au travail agricole, au travail de la terre et peux conduire au bonheur comme pour le vieillard. De plus à l’époque où Voltaire écrit son livre il a acheté le château de Ferney comme on l’a vu dans le contexte historique et il travaille de dix à quinze heures par jour, il fait des plantations, construit des maisons, fonde des manufactures de montres, de bas de soie, donne des représentations théâtrales, des repas ainsi que des bals. On peut néanmoins se demander si il n’y a pas d’autre sens dans cette affirmation que l’on peux concevoir en réalité comme une question, Martin apporte une réponse dans le fait que la culture du jardin serait le renoncement à la raison, au questionnement (la mort, pourquoi sommes nous là ? qui a créé tout çà ? la recherche de la vérité) et donc à la philosophie elle même, la culture du jardin serait un échappatoire vers un monde meilleur qui rendrait la vie plus supportable, elle serait peut être aussi une métaphore de la connaissance, il faut alors se cultiver c’est à dire cultiver notre esprit ce qui permet ainsi à Candide de détruire ses préjugés et de prendre son envol par rapport à Pangloss.

Fin du conte

PS : Si vous constatez quelconques erreurs n’hésitez pas à m’en faire part pour que je puisse corriger

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