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Je ne vais pas analyser en usant de toute sorte de théories pompeuses l’oeuvre d’Hermann Hesse mais juste peindre un tableau des passages marquants du chef d’oeuvre Siddhartha, avant cela comme à mon habitude je dresserai le portrait de l’auteur en utilisant la délicieuse préface de Jacques Brenner, je n’irai pas jusqu’à dire que la préface procure de semblables émotions au contenu mais elle m’a tout de même étonnée, plutôt, la vie d’Hermann Hesse est fascinante et je m’y suis confondu sur quelques aspects par moment.

Hermann Hesse : Une vie alternative

Hermann Hesse est né le 2 juillet 1877 à Calw, il grandit au sein d’une famille protestante, sa mère était né au Indes et son père d’origine Germano-balte fut pasteur. Il a une enfance difficile, il était souvent en dépression et tenta a plusieurs reprises de mettre fin à sa vie, on retrouve dans son roman l’Ornière quelques péripéties de son enfance. Son esprit rebelle se schématise par un rejet de l’autorité familiale mais aussi scolaire. Il commença des études pour devenir libraire car il avait déjà un lien étroit avec les livres, après un échec il commença a travailler comme mécanicien, métier qu’il trouva trop monotone, puis reprit ses études de libraires plus sérieusement. Quelques années plus tard il deviendra antiquaire.

Depuis l’âge de treize ans j’étais convaincu que je devais être poète ou rien du tout 

Hesse était profondément attiré par les Indes, probablement à cause du contexte familial. Après quelques succès littéraires il part aux Indes en 1911 où il découvre la culture indienne mais il est déçu car il pensait découvrir « le paradis des hommes simples » dont lui avaient si souvent parlé ses parents. Il ajoutera ;

Voilà longtemps que nous avons perdu le paradis, et le paradis nouveau dont nous rêvons , ou que nous voulons édifier, ne se trouvera pas sur l’équateur ni au bord des mers chaudes d’Orient: il est en nous et dans notre avenir d’hommes du Nord

A son retour, la première guerre mondiale débute, sa maison sera détruite et il se retira dans un petit village près de Lugano où il se fit ermite. C’est là qu’il écrira Siddhartha en 1922  dans lequel il se replonge dans l’atmosphère spirituelle Indienne et nous livre un individualisme profond, un rejet familial et une ôde à la nature.

Siddhartha

Je n’ai pas encore bien compris pourquoi les éditeurs s’étaient tous empressés de mettre Gotama en première de couverture et non Siddharta mais sans doute ont-ils plus retenu les leçons de Bouddha que de Siddhartha, je me propose donc avant toute chose de retenir quelques couvertures du livre Siddharta;

Le roman Siddhartha se traite comme un roman éducatif qui suit les pérégrinations de Siddhartha, un jeune Samana en quête de délivrance spirituelle, il quittera son meilleur ami par refus d’embrasser la doctrine de Bouddha et choisira de parcourir un chemin, son chemin, en bravant la peur de l’incertain, il rencontrera l’amour  et aura un enfant, il s’écartera de la paix intérieure et quittera sa famille pour tenter de retrouver ce chemin qu’il ne peut fuir pour enfin communier avec la nature, le Tout.

Suivre sa propre doctrine

Le vrai chercheur celui qui a vraiment le désir de trouver ne devrait embrasser aucune doctrine. Par contre celui qui avait trouvé pouvait les admettre toutes , comme il pouvait admettre toutes les voies, toutes les fins. (p.123)

La quête de la délivrance spirituelle se fait non pas en suivant une doctrine pré-établie où en suivant un maître spirituel nous dit Siddhartha, la voie de la délivrance se réalise par ses propres recherches, ses propres pensées, par la connaissance et par l’illumination c’est ce que dira Siddhartha au Bouddha ( p.50-51) :

Et voilà ma pensée ô Sublime : personne n’arrivera à cet affranchissement au moyen d’un doctrine. A personne ,ô Vénérable! tu ne pourras traduire par des mots et par une doctrine ce qui t’es arrivé au moment de ton illumination 

Le fourvoiement du moi  dans les vers sacrés, les prescriptions rituelles, la mortification, l’avait coincé dans un excès de zèle et dans une supériorité nauséabonde à l’opposé de la véritable Sagesse. C’est pour cela qu’il était allé se perdre dans le monde superficiel et matérialiste des richesses et des plaisirs; la ville. Là-bas le faux Sage, le faux Prêtre, l’usurpateur qui l’habitait s’envola définitivement. Après un écœurement et un désespoir terrifiant, ce fut au tour de l’homme avide et vaniteux de le quitter. Et la suite me direz vous, la voici ;

Du sommeil de l’ancien Siddhartha un nouveau Siddhartha était né.Celui là aussi deviendrait vieux et il lui faudrait aussi mourir un jour: Siddhartha passerait comme passerait toute chose.Mais pour l’instant il se sentait plein de jeunesse et, comme un enfant il s’abandonnait tout entier à la joie. (p.110)

La vie de Siddharta est un long voyage échelonnée de décès et de renaissances vers une destination inconnue en quête du véritable Moi et de la délivrance éternelle.

KEVV